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ASSOCIATION LE BAMBOU

Articles avec #qu'est-ce que le dao yin qi gong tag

Yangsheng taiji jin ; poésie pour la préparation

6 Octobre 2019 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #QU'EST-CE QUE LE DAO YIN QI GONG

Yangsheng taiji jin ; poésie pour la préparation

Debout les pieds joints, garder le corps en équilibre
Conduire l'énergie dans le dantian, le corps détendu.
Le bout de la langue touche le palais pour relier les méridiens ren et du
Concentrer l'attention à l'intérieur, l'esprit calme et vide.

Yangsheng taiji jin première forme Professeur Zhang Guangde IIDYYSG

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Le blog Xiaolong nous offre les noms des mouvements du qi gong de la rate 2

25 Juillet 2019 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #QU'EST-CE QUE LE DAO YIN QI GONG

A suivre un peu plus bas, les caractères,  noms des mouvements en français, en pinyin avec les tons (excusez du peu) de l'enchaînement du qi gong de la rate deuxième forme. Merci à Xiaolong !

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ZHAN ZHUANG GONG ; L'HOMME ENTRE TERRE ET CIEL 1

6 Mai 2019 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE DAO YIN QI GONG

 

La pratique statique est une composante majeure sinon essentielle des pratiques chinoises qu'elles soient orientées vers la santé ou vers la pratique martiale. Chaque école traditionnelle possède son propre système, ces différents exercices possèdent un certain nombre de points communs parmi ceux-ci nous trouvons dans les dénominations de ces méthodes les deux caractères ;  ZHAN et ZHUANG. Les images qu'ils révèlent sont une source d'enrichissement dans l'étude de ces méthodes, tout comme l'étude de textes classiques comme le Yi Jing. L'écriture chinoise et les trigrammes du Yi Jing  constituent de passionnants sujets d'étude et de recherche, le Yi Jing livre dans ces lignes au lecteur attentif de précieux conseils au sujet de ces pratiques.

 

Peinture de S.Girard

 

 

 

 

 

ETUDE DU CARACTERE ZHAN         

  
ZHAN (Ricci 141)  Se tenir debout, se lever, se dresser, se conserver, durer.

      

L'idéogramme se compose de deux caractères :

 

 

  LI  Ce caractère donne l'image d'un être debout, dressé. Un homme debout sur le sol (Wieger 1 F)

   Le caractère ancien  est encore plus explicite ! Notons que le trait horizontal représente le sol.

   Dans cet idéogramme, les trois « puissances » sont représentées :

Le Ciel par la divination mais aussi par l'arc de cercle formé par les bras. 
L'homme par le pictogramme. 
La Terre par le trait horizontal 

       

 et ZHAN  Ce caractère possède le sens de : demander ce qui en sera d'une entreprise en flambant une écaille de tortue, divination (Wieger 56 B)

 

ZHAN contient donc l'image d'un homme debout cherchant les germes des actions futures. Pour cela, il interroge le Ciel par la divination afin de connaître les actions à entreprendre ou à ne pas entreprendre ; on peut parler de méditation debout.

 

 

 

 

 

ETUDE DU CARACTERE ZHUANG  

    

 

 

ZHUANG  (Ricci 1224) pieu, poteau, pilotis, colonne enfoncée en terre     

  

Composé de MU  figure d'un arbre, en haut les branches, en bas les racines, au milieu le tronc. Sens étendu bois. (Wieger 119) 

 

Et de  CHONG  Décortiquer le grain en le pilant, deux mains qui soulèvent le pilon au-dessus du mortier (Wieger 47)

  

ZHUANG contient  les images du bois, de l'arbre, du pilon et du mortier.


Les différentes images contenues dans les deux caractères vont nous aider à constituer une proposition de définitions variées susceptibles de recouvrir les diverses pratiques contenues dans l'exercice ZHAN ZHUANG.

    

 

 

 

 

ZHAN ZHUANG ; LA POSTURE DU PIEU

 

          Le gnomon planté en terre renseignait par l'ombre qu'il projetait au sol sur les directions de l'espace et les saisons de l'année. Son positionnement entre terre et ciel le prédisposait aussi à  servir de mât de cocagne dans un jeu antique où l'on désignait le nouveau roi. Celui qui pouvait atteindre le ciel en montant en haut du mât se désignait « fils du ciel » Le pieu planté dans le sol relie le ciel et la terre permettant au prétendant « fils du ciel » de « téter le ciel »  Le fait que le pieu soit profondément enraciné dans le sol  a certainement exercé une influence sur le fait que ces techniques aient été qualifiées de « techniques d'enracinement ».  

  

 

 

 

 

LA DIVINATION L 'HOMME INTERROGE LE CIEL

         

        

            Le sens de l'idéogramme ZHAN est demander et chauffer d'où divination. Des carapaces de tortues, des omoplates de cervidés étaient mises au feu afin que le devin examine les craquelures occasionnées par la chaleur et les interprète.

 

 

 

 

 

L'ARBRE       

 

         

         

Source : pixabay

 

 

Il est tentant de relier les deux idéogrammes LI  et MU dont les graphies sont très proches bien qu'ils ne soient pour chacun d'eux qu'une composante des idéogrammes ZHAN et ZHUANG. Les définitions « se tenir comme un arbre » ou bien même « enlacer l'arbre » trouve dans la comparaison des deux graphies tout leur sens. Plonger ses racines vers le sol, étaler ses branches vers la lumière, enlacer l'arbre nous amène à une relation toute particulière avec celui-ci. N'est-ce pas le le règne végétal qui a précédé l'homme dans l'évolution ? L'arbre est donc un peu notre ancêtre !

 

 

 

 

 

Comme le montrent les graphies, on peut aisément mettre en relation les bras de l'homme avec les branches de l'arbre, le tronc de l'homme avec celui de l'arbre, et les pieds de l'homme avec les racines de l'arbre. Nous trouvons bien d'autres similitudes entre l'homme et l'arbre au niveau corporel ;

  • l'arbre bronchique, formé par les bronches et les bronchioles
  • les vaisseaux du foie forment aussi une arborescence ; en énergétique chinoise le foie est aussi lié à l'élément bois
  • la colonne vertébrale qui forme l'arbre de vie  

 

 

 

 

 

LE PILON ET LE MORTIER ; L'ALCHIMIE INTERNE

 

  

 

          

         

Source Pixabay

Le fait de joindre les mains afin de tenir un pilon amène une position corporelle proche de celles adoptée pendant les pratiques de ZHAN ZHUANG, symboliquement joindre les mains c'est joindre les contraires et favoriser ainsi l'union des énergies. Des écoles traditionnelles comme le Ling Bao Ming et le Jin Dan appartiennent au courant d'alchimie interne, le pilon et le mortier représentent le creuset alchimique où sont formés pour l'un le Jin Dan (la pilule d'or), pour l'autre le joyau magique (Lingbao)

 

 

 

 

 

          Regroupons nos propositions concernant le sens à donner aux pratiques ZHAN ZHUANG :

  • Posture du pieu 
  • L'homme debout  entre terre et ciel
  • Enracinement
  • Se tenir comme un arbre ou la posture de l'arbre
  • Enlacer l'arbre ou embrasser l'arbre
  • L'homme interroge le Ciel
  • Cultiver et transformer le Qi

  

     Venons à la pratique avec les similitudes de deux écoles d'arts martiaux internes ; l'école San Yiquan et l'école Yangjia michuan taiji quan. La pratique statique porte des noms différents suivant les écoles, voici quelques appellations de ces exercices statiques :

  •  Zhan Zhuang
  •  Zhan Zhuang Gong
  •  Ji Ben Zhan Zhuang Shi  
  •  Zuo You Dan Tui  Zhan Zhuang   
  •  Zhan Chan (1)

       Le but recherché est  de renforcer la posture afin que le mouvement, qui peut se voir comme une succession de postures s'enchaînant les unes aux autres,  soit en même temps fluide et ferme ; la pratique dynamique se nourrit de la  pratique statique. L'école San Yiquan et le style Yangjia michuan taiji quan possèdent des exercices propres à leurs écoles respectives. (2)

 

 

 

 

 L'ECOLE SAN YIQUAN          

 

        L'école San Yiquan propose l'exercice « Travail énergétique de la prise de conscience des cinq palais »  cet exercice appartient à un ensemble d'exercices appelé Yi Yin Fa (techniques de pré nutrition) sollicitant l'ensemble de la structure corporelle.

 Cette méthode comprend six postures, chacune d'entre elles étant reliée à une zone corporelle et à un point d'acupuncture :

  • Zone périnéale et point Hui Yin
  • Zone abdominale et point Qi Hai
  • Zone thoracique et point Zhong Ting
  • Zone scapulaire et point Tian Tu
  • Zone crânienne et point Yin Tang
  • Unité corporelle et point Bai Hui

 

Niveau abdominal ; point Qi Hai

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           L'exercice a la particularité de se terminer par un exercice dynamique reliant les six postures afin de libérer le corps et l'esprit. Après avoir focaliser l'intention sur une zone précise ou un point précis, l'exercice final favorise le retour à l'unité corporelle. Cette particularité est une particularité d'école, un grand nombre d'exercices sont composés de cette façon (concentration puis libération) Ceci permet d'éviter l'accumulation ou  stase d'énergie. Il est souhaitable de se référer tout  d'abord aux zones corporelles, pour ensuite au fur et à mesure des progrès, se référer aux points d'acupuncture. Aller du plus grossier au plus subtil, du structurel à l'énergétique semble la démarche la plus sure. Pour la description de cet exercice,  voir le Traité d'énergie vitale p 245-256  et daoyin fa qigong  livre 1 p 54-57 .

 

Au sujet du maintien prolongé de ces exercices présenté par diverses écoles comme la panacée, G.Charles opère une mise en garde auprès des pratiquants et surtout des débutants. Selon lui, la pratique statique doit être associée à des exercices dynamiques comme les enchainements de gong fu wu shu ou de taiji quan ; ceux-ci permettent l'apprentissage de la posture et du mouvement associés à la respiration et à l'intention.. Le maintien prolongé n'est pas à la portée du débutant, il ne peut être que l'aboutissement d'une pratique soucieuse du respect du corps et de son intégrité. (Voir. p73-75 Traité d'énergie vitale)

 

  

 

 

 

JI BEN ZHAN ZHUANG SHI (STYLE YANGJIA MICHUAN TAIJII QUAN)

 

 

Le style yangjia michuan taiji quan possède son propre système ;  il s'agit de la posture de base du style Yangjia michuan ;

  • pieds écartés de la largeur des épaules
  • corps légèrement fléchi
  • bras à hauteur d'épaules
  • épaules basses
  • coudes pendants

 Cette posture favorise la respiration embryonnaire (respiration abdominale) et la petite circulation céleste ; technique permettant de relier les méridiens curieux dont les trajets passent au milieu du corps sur l'avant et sur l'arrière ; les trajets  Ren Mai et Du Mai.

 

 

Ji Ben Zhan Zhuang Shi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout comme dans l'école San Yiquan, le maintien de la posture se termine par un exercice dynamique « prendre le tigre dans ses bras et le ramener à la montagne » Il a la particularité de mobiliser le corps et l'énergie vers le haut, vers l'intérieur,  vers le bas, vers l'extérieur et au centre permettant de mettre en circulation l'énergie (le qi).

  

Remarquons que les deux exercices «Travail énergétique de la prise de conscience des cinq palais » de l'école San Yiquan et  «Ji Ben Zhan Zhuang Shi » du style Yangjia michuan  ont ces mêmes particularités ; Concentration ou accumulation de l'énergie pendant la pratique statique puis libération et mise en circulation de l'énergie pendant le mouvement final. Nous retrouverons ces mêmes phases à travers la pratique dynamique du Yangjia michuan taiji quan ou du Xing Yi Quan de l'école San Yiquan ; fermeture du corps et accumulation de l'énergie, ouverture du corps et expression ou libération de l'énergie.

 
 
 

[1] D'après les articles de G.Charles sur la question,  le Zhan Chan aurait donne le Ritsu zen japonais version debout, le Za Zen étant la version assise. Voir ces articles sur le site http://www.tao-yin.com

(2) Ces deux formes sont à rapprocher de celles du Da Cheng Quan et Yi Quan qui proposent également un ensemble d'exercices similaires

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Répondre à la question pourquoi commencer par le côté gauche n'est certes pas une chose aisée, nous avons pourtant tenté de la faire !

26 Avril 2018 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE DAO YIN QI GONG

Question :

Pourquoi commence t’on généralement les exercices et les enchaînements par le côté gauche ?

 

En voici une réponse :

C’est certainement un peu court de répondre que cela vient du fait que le côté gauche est considéré comme yang, donc propice au mouvement. Cette réponse suscite automatiquement une autre question ; pourquoi le yang est à gauche ? Des précisions s’imposent, commençons par un tableau représentant la vision chinoise antique de l’homme et de l’espace.

 

          Tout d’abord je soumets à votre réflexion cette définition de l’idéogramme Chi et cet extrait de "l’histoire de taoïsme" d’I. Robinet au sujet du Yi Jing.

  

 Faire un pas en avant du pied gauche Sens étendu, marcher

(Wieger 63 A)

 

« En tant qu’unité, le Yang commence toute identité, tout individu commence par l’Un, par un principe de continuité, d’identité à soi même en s’opposant à l’autre, le différent, qui le délimite ? C’est pourquoi le Yin parachève »

             L’homme occupe une position centrale face à la lumière du soleil, le dos vers l’obscurité. Cette représentation spatiale a donné naissance par association (voir tableau ci-dessous) à d’autres représentations, cette fois-ci de l’espace-temps. Ce fut l’utilisation du gnomon (bâton planté verticalement dans le sol) permettant l’observation de l’ombre projetée sur le sol qui a mis en évidence la course du soleil. position-observateur.JPGL’ombre du gnomon était différente suivant les saisons et suivant les périodes de la journée. Prenons connaissance du tableau ci-dessous pour les associations entre directions, saisons et périodes de la journée. 

DIRECTIONS

EST

SUD

CENTRE

OUEST

NORD

SAISONS

PRINTEMPS

ETE

5ème SAISON

AUTOMNE

HIVER

PERIODES

DE LA JOURNEE

MATIN

MIDI

APRES-MIDI

SOIREE

NUIT

  

  representation-des-saisons-chinoises-copie-1.JPG representation chinoise des périodes de la journee

  Les saisons, le jour et la nuit s’enchaînent selon un mouvement continu, ceci a pu être une des influences du diagramme du Yin-Yang

  « Les deux principes ou aspects contrastés et opposés de l’unique réalité cosmique dont l’alternance et l’union dans la nature et dans chacun des êtres constituent la réalité comme le devenir de tout ce qui existe » (1)le-yin-yang-copie-1.JPG

 

  

L’idéogramme Yang ideogramme yangreprésente le versant  ensoleillé (versant sud) d’une montagne située au nord d’une rivière 

L’idéogramme Yin ideogramme-yin.JPGadret-et-ubac.JPGreprésente l’ubac abrité du soleil (versant nord) d’une montagne située au sud d’une rivière

 

          Le symbole du Yin-Yang peut s’associer aux représentations de l’espace et du temps. En ajoutant au Yin-Yang les directions cardinales est, sud, ouest, nord, notre observateur se retrouve placé au milieu du yin-yang. Cela nous donne ceci   

representation-spatiale-et-yin-yang.JPGNous remarquons que le côté gauche du personnage est du côté yang du diagramme ; le blanc symbolisant le yang, le noir symbolisant le yin. L’homme placé ainsi voit donc le soleil se lever sur sa gauche, pour ensuite face à lui s’élever jusqu’au zénith. Sur le côté droit le soleil décline jusqu’à son coucher.

 

          Pour revenir à la question initiale, résumons le rapport du Yin-Yang et du corps humain 

YIN

YANG

DROITE

GAUCHE

BAS

HAUT

INTERIEUR

EXTERIEUR

FACE

DOS

 

          Il faut bien avoir à l’esprit qu’une chose est yin ou yang suivant la position qu’elle occupe par rapport  à son élément de comparaison. Par exemple, la tête est plus yang que le tronc qui est lui-même plus yang que l’abdomen.

              Si le mouvement est plutôt associé au yang, ceci explique que ce soit la jambe gauche qui se met en mouvement au début de l’enchaînement du tai ji quan (par exemple dans le style yangjia michuan) ou dans certaines formes de qi gong.

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(1) Ricci p 1096

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Sources : 

Histoire de la pensée chinoise A.Cheng

Histoire du taoïsme I.Robinet

La chronobiologie chinoise Faubert et Crépon

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BODHIDHARMA

12 Novembre 2017 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE DAO YIN QI GONG

BODHIDHARMA OU PU TI DA MO
 
 

Son nom en chinois est PU TI DA MO pu--FIGUIER.JPGTI.JPGDA--r--aliser.jpgMO-frotter.JPG
 

PU TI vient du sanscrit Bodhi signifiant l’éveil, illumination ou sagesse parfaite (Ricci 4179)
DA MO c’est la transcription phonétique du sanscrit : dharma qui signifie la loi ; normes qui régissent l’univers et l’existence et aussi vertu, droit, devoir, fonction, tâche propre à chacun suivant sa naissance, loi morale juste, principe fondamental de l’activité. Bodhidharma est un Bodhisattva ; ce sont ceux qui ont renoncé à devenir un Bouddha par compassion envers les êtres.

poussah-3.jpg

PU SA ou Poussah ; contraction de PU TI SA TO ou BODDHISATTVA
 
 
  
 
 

L’ARBRE DE LA BODHI

L’idéogramme PU       pu--FIGUIER.JPG          désigne le figuier des pagodes (Ricci 4179)

ficus-religiosa.jpg

Ficus religiosa ou Pipal
 
C’est l’arbre sous lequel le Bouddha a atteint l’éveil.


28-11-2006-012.jpg

          Cet arbre possède un lien très fort avec la doctrine bouddhiste, il est vénéré depuis plus de 2500 ans à Bodh-Gayâ lieu où le Bouddha s’est assis en méditation. Il appartient aux arbres sacrés de l’Inde relié aussi à de nombreuses autres divinités hindous (Krisna, Ganesha, Hanuman

 

BODHI c’est donc  l’arbre de l’éveil


feuille-ficus-religiosa.jpg

 

Feuille du ficus religiosa en forme de cœur

 




LA LEGENDE DE BODHIDHARMA
            

          Une grande partie des historiens s’accordent sur le caractère légendaire du personnage. Son arrivée en Chine difficile à dater précisément, son origine indienne ou perse, son entrevue avec le roi Wu de la dynastie des Liang, son départ pour Shaolin Shi, monastère bouddhique près de Luoyang la capitale, sa méditation de neuf années devant le mur, sont autant d’éléments qu’aucune source historique sûre n’a jamais attestés. Tout ce que la tradition relate de Bodhidharma est à prendre avec prudence, que ce soit le fait qu’il soit considéré comme le créateur du bouddhisme Chan (1) voir du Gong fu wu shu,  et aussi qu’il ait pu être à l’origine de deux séries d’exercices ; les Yi Jin Jing et Xi Sui Jing. Sur son origine, les avis des historiens divergent à tel point que certains nient même son existence tandis que d’autres avancent qu’il y aurait donc eu plusieurs moines à des différentes périodes.(2) 

 
 



Shaolin Shi (le monastère de la petite forêt)
 
 
          B. Faure avance qu’il aurait eu un amalgame entre Bodhidharma et Huike d’un part et Fotuo (un maître de dhyâna (méthode de méditation) occidental pour qui Shaolin si a été fondé) et son disciple Sengchou (480-560). Sengchou était un adepte du Ninayânâ (branche du bouddhisme) . Les adeptes du Dongshan voulaient consacrer le Songshan (mont Song lieu d'implantation de Shaolin) qui était en train de prospérer.  
 
 


9 ans en méditation :
 

          Le chiffre 9 a une portée hautement symbolique, il représente le principe yang à son apogée. Ces 9 années passées en méditation veulent attester que DA MO a atteint un sommet dans la connaissance. On peut relever la contradiction du personnage considéré comme l’importateur en Chine de  l’école Lanka, école indienne dont la doctrine est décrite dans le Lankâvatâra-sutra (texte traitant de l’illumination intérieure) et comme un adepte du Bi Guan (traduction littérale contemplation murale) condamnant tout recours à la lettre écrite.
 



troisi--me-oeil.JPGGuan
L’hexagramme n°20 du Yi Jing, signifie perception de l’invisible, moment où l’on saisit l’influx des énergies cachée. 

          Bodhidharma se fait donc le propagateur d’une voie « pratique » loin des études de textes, il passe pour un réformateur, un révolutionnaire du bouddhisme qui se faisait jour à cette époque
en Chine.
 
 


 
 
Bodhidharma : créateur du Yi Jin Jing ? 
 
 
 
            L’histoire « officielle »
 
            Il est communément admis dans le monde des arts martiaux que Bodhidharma ait pu être à l’origine de plusieurs techniques corporelles :
 
  •  Le Yi Jin Jing
  •  Le Xi Sui Jing
  • Et aussi les 18 mains de Lohan (certaines sources avancent que cette forme aurait été inspirée par le Yi Jin Jing)

deva-3.JPG

Au sujet des deux premières, DA MO les aurait crées suite à son constat de la faible constitution des moines du monastère de la petite forêt. Ceci peut sous-entendre que les pratiques corporelles n’avaient à ce moment pas ou peu de place dans la vie monacale, ou bien si elles existaient qu’elles n’étaient pas adaptées à leurs besoins.
 
BODHIDHARMA se présentant comme un rénovateur du bouddhisme chinois,  cherchait-il ainsi à faire comprendre aux moines que la lecture et l’étude des textes ne pouvaient suffire à leur vie monacale. Il tenait à rappeler l’importance de la pratique physique. D’ailleurs, n’aurait-il pas eu besoin lui-même de ces exercices afin de pouvoir supporter ces neufs années de méditation ! Sur l'attribution de la création de ces exercices à Bodhidharma de nombreuses questions se posent.
 
            D’après les articles de William C.C. Hu, publiés en dans le BLACKBELT Magasine en 1965, il n’a pas été trouvé de références antérieures à 1858 pour le Yi Jin Jing. Pain Wei a fait une compilation sous le titre Wei sheng yao shu puis en 1881 le Yi Jin Jing est inséré dans le nei kung tuo shuo (autre texte sur les pratiques chinoises). Il n’y avait aucune mention de Bodhidharma ou même d’influence indienne mais plutôt une compilation de connaissances de la médecine traditionnelle chinoise, de pratique de dao yin et de taoïsme. De son côté Yang Jwing ming affirme qu’en 1875 un ouvrage attribut la paternité du Yi Jin Jing à Bodhidharma, il s’agit du weisheng i chin ching de juning kuang-so .
 
Nous savons qu'il est courant d’associer une technique corporelle à une grande figure de l’histoire chinoise ; Zhang San Feng pour le taiji quan, Bodhidharma pour le Yi Jin Jing, Sun Simao pour le Liu Zi Jue (les six sons), Ceci d’autant plus si le personnage a vécu il y longtemps, ceci apporte beaucoup de crédit à l’exercice qu'il lui est associé. 



Essai sur les origines et les influences du Yi Jin Jing
  
          Cet exercice appartient  aux classiques " des exercices de santé chinois", il plonge ses racines dans les grands courants de la tradition chinoise.
  

ORIGINES-ET-INFLUENCES-DU-YI-JIN-JING-copie-1.JPG

 

Les chiffres font référence à ceux du tableau ci dessus.
 
(1) 18 arhats ou arhans (16 indiens, 2 chinois) ou 18 animaux de l’iconographie indienne et chinoise
le chiffre 18 se rapporte aux 18 conditions du Bouddha, et aussi aux 18 écoles du Hinayâna 
(2) De nombreuses écoles se rattachant au monastère de Shaolin avancent que le YI JIN JING est à l’origine des 18 LO HAN 
(3) SHI  ER  DUAN JIN (12 pièces de brocart) Yang Jwing-Ming avance que le général Yue Fei créa le SHI ER DUAN JIN à partir du YI JIN JING, il le simplifiera en BA DUAN JIN, ceci afin de servir d’entraînement à ses soldats. Pour lui le XING YI QUAN et le LIU HO BA FA (boxe des six coordinations et des 8 méthodes) découlent tous deux de SHI ER DUAN JIN  
(4) G.Charles fait remarquer que la branche du Xing Yi Quan du Hunan a conservé dans sa méthode originelle douze formes animales.   
(5) D’après G .Charles les 18 mouvements de LO HAN servirent de base au LIAN GONG SHI BA FA (dix huit traitements) 
(6) d’après SUN LU TANG
 
 
Cet enchaînement se place donc à la croisée d’influences majeures ; l’Inde et le yoga, le bouddhisme,  le taoïsme,  le chamanisme.

 


         Quand bien même ce personnage n’ait jamais existé, il a incontestablement influencé les esprits en Chine et au Japon,(4) l’image de l’ascète méditant devant un mur a inspiré de nombreux artistes. Même s’il a partagé avec d’autres la paternité de la réforme du bouddhisme chinois, il apparaît  le plus souvent comme le premier patriarche du bouddhisme Chan, et si le rattachement de Bodhidharma au monastère de Shaolin n’a été qu’une manière d’apporter du crédit au monastère, il est en pourtant devenu la principale icône.  

 


 

(1)Chan est une abréviation du terme Chan na qui vient lui-même du sanskrit Dhyâna. A.Cheng nous dit sur ce mot : « le terme difficilement traduisible de dhyâna désigne dans le bouddhisme canonique de l’inde un ensemble d’exercices dûment définis et gradués qui visent à l’obtention de divers états de concentration et de purifications mentales relevant du yoga »

(2) Voir Despeux les entretiens de Mazu p 12

(3) Selon Despeux p 14 les entretiens de Mazu Bodhidharma est considéré par la tradition comme le 28ème patriarche de l’école Lanka en Inde

(4) le bouddhisme Chan est devenu le bouddhisme Zen au Japon

(5) Voir Les entretiens de Mazu

 



 

Sources :
 
Chi Kung Dr Yang Jwing Ming

Dictionnaire français de la langue chinoise Institut Ricci-Kuangchi Press

Histoire n° 7 G.Charles Ecole Française de taiji quan

Le bouddhisme Ch’an en mal d’histoire Bernard Faure Ecole française d’Extrême-Orient

Les entretiens de Mazu introduction, traduction et notes C.Despeux Les Deux océans
Le traité de Bodhidharma traduit et commenté par Bernard Faure LE MAIL

Mythologie des arbres J.Brosse Payot

Traité d’énergie Vitale G.Charles

 


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