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ASSOCIATION LE BAMBOU

historique du tai ji quan (tai chi chuan)

Historique du Yangjia michuan tai ji quan ; Wang Yen Nien

5 Janvier 2022 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #HISTORIQUE DU TAI JI QUAN (tai chi chuan)

 

 WANG YEN NIEN (1914- 2008)

 

Né à Taiyuan dans la Shanxi , tout jeune il apprend la boxe Shaolin, le xing yi quan, le tantui mais des problèmes de santé l'obligent à rechercher une autre discipline. Il est présenté à ZHANG QINLIN, qui l'accepte comme élève et lui enseigne le Yangjia michuan taiji quan, ainsi que le nei gong (travail interne) et le tu na (technique respiratoire, littéralement rejeter/prendre) Ses problèmes de santé finissent par disparaître progressivement. Il reste son élève de 1945 à 1949.

 

 

L'EXIL A TAIWAN

 

 

En 1949, il suit les nationalistes et rejoint Taipei (Taiwan, anciennement Formose). A partir de 1950, maître WANG entreprend une carrière de professeur de taiji quan, son vœux le plus cher a été de propager le taiji quan afin que chacun puisse y trouver la santé. Ce style de taiji quan a failli disparaître étant donné que WANG YEN NIEN était le seul détenteur de l'enseignement complet de cette méthode, il a donc redoublé d'efforts afin de le transmettre. Le souci de diffusion à un plus grand nombre ne va pas à l'encontre des valeurs traditionnelles, WANG YEN NIEN a toujours tenu à transmettre ce que lui avait légué son maître sans y faire de transformations. Il était un ardent défenseur de toute tentative de simplification de cette forme.

 

 

L'EXPRIT DE PARTAGE ET D'ECHANGE

 

 

Son enseignement a depuis dépassé la Chine Nationaliste et s'étend à travers le monde, le mode de transmission de ce style de taiji quan ne fonctionne pas sous une forme pyramidale mais sous une forme collégiale dans un esprit de partage et d'échange . Trois associations d'enseignants diffusent le style Yangjia michuan.

 

 à Taipei : le Yangjia michuan taiji quan teacher's association international

en Europe : le collège européen des enseignants du Yangjia michuan taijiquan

aux Etats-Unis : l'American Yangjia michuan taiji quan Association.

 

 

 

DEVENIR UN HOMME ACCOMPLI

 

 

Ses précieux conseils sur la pratique contribueront encore à nous aider à comprendre et vivre cette discipline, écoutons donc l'un de ceux-ci : « La pratique du taiji quan ne doit pas avoir pour finalité le combat ou le self-défense, ni ce désir de dominer ou de commander les autres. Elle doit conduire le pratiquant à entretenir des capacités physiques et mentales pour qu'il devienne un homme accompli »

 

 

 

LA LONGUE VIE

 

 

 Jusque dans le choix des idéogrammes formant son nom ; WANG YEN NIEN, nous trouvons ce souci d'être utile et ce profond respect envers les autres.

 

L'idéogramme WANG comprend un trait vertical (ce trait représente l'homme), ce trait traverse trois autres traits horizontaux et parallèles, ces trois traits représentent respectivement le ciel, la terre et l'humanité.[1]

 

 WANG  (le roi)

 

est l'homme 

 

 

qui relie entre eux

 le ciel, la terre et l'humanité   

 

 

         Les idéogrammes YEN et NIEN signifient longue vie. Les trois idéogrammes WANG YEN NIEN pourraient se traduire par roi de la longue vie,  ceci nous en dit long sur le sens qu'il a pu donné à sa vie.

 

[1] Wieger 83c Caractères chinois

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Historique de l'école Yang du tai ji quan (tai chi chuan) : Zhang Qin Lin

29 Décembre 2021 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #HISTORIQUE DU TAI JI QUAN (tai chi chuan)

 

 

ZHANG QIN LIN (1888-1967 ?)

 

 

 

L'APPRENTISSAGE DU TAIJI QUAN AU CLAN YANG

 

             Il est né en 1887 dans la province du Hebei, d’origine modeste, orphelin très tôt, à l’âge de quatorze ans, il se fait engager comme jardinier par la famille Yang. Il devient ainsi l’élève de YANG CHEN FU. D’autre part, il reçoit l’enseignement du maître taoïste ZUO YIFENG du jin dan pai. Il étudia le Nei Gong et la technique de rejet et d’absorption, le Tu Na.

En 1914, il obtient le privilège de recevoir l’enseignement du père de YANG CHEN FU, YANG Jian Hou. Zhang Qin Lin aurait relevé le défi lancé à Yang Chen Fu par un maître de boxe Wan Laisheng. Zhang Qin Lin ayant triomphé et donc ainsi sauvé l’honneur de la famille, Yang Jian Hou le récompense en lui enseignant la « longue forme » ; pourtant jusque là réservée uniquement aux membres de la famille Yang . On peut être étonné que YANG JIAN HOU  ait choisi un étranger à la famille afin de lui transmettre la forme secrète.

 

D’après WANG YEN NIEN, YANG CHEN FU n’avait pas la fibre martiale lorsqu’il était jeune, il pratiquait sans conviction, son attitude envers la pratique changea à la suite de la mort de son père. YANG JIAN HOU  considéra que ZHANG QIN LIN possédait les qualités martiales et humaines pour recevoir la transmission secrète.

           

 

 

LES APPORTS DE ZHANG A LA FORME

 

 

          Zhang Qin Lin ajouta à la pratique de la forme du taiji quan les techniques respiratoires taoïstes. On peut remarquer que dans le Yangjia michuan taiji quan, la respiration préconisée est une technique issue de la méthode Tu Na, elle correspond à la respiration dite « printanière » ; l’inspiration s’effectuant par le nez, l’expiration par la bouche.

 

          C’est également lui qui a instauré la méthode qui permet de scander la respiration afin d’indiquer aux pratiquants les temps respiratoires durant l'exécution de la forme.

 

 

 

 

LES ELEVES DE ZHANG QINLIN

 

 

 

Zhang Qinlin rejoint le Shanxi en 1927 où il est ensuite sollicité par de nombreux élèves ;

 

Zheng Man Qing

Hu Yaozhen

Wang Shanzhi[1]

Li Yunlong

LiU Zhiliang

pu yu

LI FUYUAN

ZHANG ZIROU

Su Qigeng

et Wang Yen Nien

 

Seuls ces deux derniers eurent accès à l’intégralité de l’enseignement de Zhang Qin Lin.   

 

 

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 Sources

Yangjia michuan taiji quan tome 1 et 2 Wang Yen Nien

bulletin amicale du Yangjia michuan

Source photo :

Livre de poche des bases essentielles du Yangjia michuan taiji quan

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1] élève avec Hu Yaozhen du fameux Kuo Yun Shen  

 

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Historique de l'école Yang du tai ji quan (tai chi chuan) : Yang Jian Hou et Yang Chen Fu

26 Décembre 2021 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #HISTORIQUE DU TAI JI QUAN (tai chi chuan)

 

YANG JIAN HOU

(1839-1917) 

  

NE LEGUER QU'A

UN SEUL ! 

 

!          Il est l’un des trois fils de YANG LUCHAN. C’est lui qui initia aux « secrets » de la famille Yang ZHANG QINLIN poutant étranger à la famille.

 

 

 

          YANG JIAN HOU enseignait la forme simplifiée de 81 mouvements que son père YANG LUCHAN lui avait appris ; la « grande forme » restait tenue secrète, pourtant ce fut ZHANG QINLIN  qui fut choisi afin de recevoir l’enseignement secret de la famille Yang ; ici encore YANG JIAN HOU respecta la tradition en ne léguant qu’à un seul…

 

 

SAISIR LA QUEUE DU MOINEAU !  L'ANECDOTE

 

 

On raconte de nombreuses anecdotes sur ses capacités martiales, en voici une sur sa capacité d’écoute et de décontraction. Il pouvait empêcher un oiseau posé sur son bras de s’envoler simplement en relâchant son bras à chaque fois que l’oiseau cherchait un point d’appui pour s’élever. Cette anecdote est certainement à l’origine de la dénomination du geste « saisir la queue du moineau » de l'enchaînement de l'école Yang. Ce geste n’apparaît que dans les enchaînements de l’école Yang, dans les enchaînements de l’école Chen, il n'est pas fait mention d'un mouvement nommé « saisir la queue du moineau »

 

 D’après son fils YANG CHEN FU[1] , il aimait utiliser les « classiques » du taiji quan lors de ses explications sur la pratique. Il citait souvent ces principes :

 

« Les pieds, les jambes, et la taille bougent toujours de concert »

 

« Il faut avoir les pieds enracinés, les jambes décontractées, la taille comme un gouvernail, et les doigts vivants » 

 

  

YANG CHEN FU (1883-1936)  

  LA DIFFUSION LARGE DU TAIJI QUAN

 

          YANG CHEN FU fut l’initiateur de la diffusion du taiji quan à grande échelle et de son développement en tant que technique de santé, son enseignement résonne encore à travers le monde.           

 

          Fils de YANG JIAN HOU, il est le créateur de l’enchaînement en 108 mouvements.  YANG CHEN FU simplifia ou améliorera (selon certains) le taiji quan  qu’il apprit de son père[2], cette forme d’ailleurs est certainement aujourd’hui la forme de taiji quan la plus pratiquée dans le monde. 

  

   

 

LE TAIJI QUAN ; DE L'ART MARTIAL A LA TECHNIQUE DE SANTE  

              

          Selon WU YING HUA, maître de l’école Wu, YANG CHEN FU, YANG SHAO YOU et WU JIAN QUAN enseignèrent à partir de 1911 à « l’institut de recherche athlétique » à Bejing (anciennement Pékin) Pour cela les formes ont été modifiées pour être accessibles au plus grand nombre.

 

          N’oublions pas que l’enseignement prodigué à l’intérieur des clans était à l’origine destiné à des experts dont certains étaient des professionnels qui louaient leurs services. YANG CHEN FU a voulu contribuer à rétablir la santé au peuple chinois ravagé par l’opium et épuisé par les conflits internes et externes de la Chine. 


 

Sources
Yangjia michuan taiji quan vol 1 et 2
bulletin amicale du Yangjia michuan
Sources photos
Tai-chi chuan illustrated Yearning K.Chen
Livre de poche des bases essentielles du Yangjia michuan taiji quan
  
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[1] Voir p 97 les treize traités de Maître Cheng sur le T’ai chi ch’uan
[2] la forme simplifiée de 81 mouvements

 

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Historique de l'école Yang du tai ji quan (tai chi chuan) ; Yang Luchan

22 Décembre 2021 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #HISTORIQUE DU TAI JI QUAN (tai chi chuan)

 

 

YANG LUCHAN (1799-1872)

 

L'ETUDE DU TAIJI QUAN AU CLAN CHEN

 

            A la mort de son père, il s’engage dans une milice de village, puis sur les conseils de son maître, il se présente chez  CHEN CHANG XING (1771-1853) à Chenjiagou où il se fait engager comme serviteur. Il étudie la nuit en cachette en épiant le maître des lieux lorsque celui-ci enseigne à sa famille. Il est évidemment surpris par CHEN CHANG XING qui lui demande une démonstration. Etonné par sa maîtrise, il le prend comme élève et lui apprend même « les secrets de la famille »

 

 

 

LA LEGENDE

 

         A propos de ces « secrets », on raconte qu’un soir en rentrant chez lui YANG LUCHAN fût encerclé par une bande de malfrats. Contrairement à ce que l’on pouvait imaginer, il se laisse dépouiller de sa bourse. Enroulé dans son manteau, il laisse les coups tomber sans broncher ; ses agresseurs lassés l’abandonnent ainsi. Le lendemain, YANG LUCHAN vaque tranquillement à ses occupations, tandis que ses adversaires restent cloués au lit. Que serait-il arrivé s’il avait résisté à ses agresseurs ? …

         Laissons WANG YEN NIEN nous conter une autre histoire ; « Un jour, la maison de la famille CHEN prend feu et le grand-père CHEN reste prisonnier des flammes. YANG LUCHAN  bondît avec une extrême rapidité dans le brasier et ressort avec celui-ci, indemne. La famille CHEN, sous le choc, s’exclame : quel gongfu (habileté) il possède celui-là ! Ils voulurent tous se mesurer à lui, il les bâtit tous »

Maître WANG veut certainement démontrer grâce à cette anecdote que avant même de venir chez les CHEN, YANG LUCHAN possédait déjà des capacités martiales hors du commun. D’après celui-ci, YANG LUCHAN maîtrisait à l’époque une forme de boxe appelée  « hong quan » ce qu’il espionna chez les CHEN était  le Pao quan (forme de poing explosif), YANG LUCHAN en combinant ces deux formes de boxe fit que les CHEN ne purent le battre.

 

           

LA CREATION DE YANG LUCHAN ;

LA GRANDE FORME

 

         YANG LUCHAN retourne ensuite au  Heibei et crée « la grande forme » à partir du « hong quan » et du « pao quan » Devenu célèbre, on le surnomme « Yang l’invincible », il est prié d’enseigner à la cour. Il enseigne la petite forme (une forme simplifiée de 81 mouvements ) aux Mandchous (les non-chinois) et la grande forme en secret. Il eut trois fils : YANG BAN HOU, YANG FENG HOU, YANG JIAN HOU.

 

         Afin de ne pas risquer de dévoiler les secrets, YANG  LUCHAN enseigne la grande forme qu’à un seul des ses fils, YANG JIANHOU

 

« Transmet à un seulement, pas à deux »

 

         Ainsi la tradition reste secrète et est donc préservée...

 

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Sources :

Yangjia michuan taiji quan tome 1 et 2

Bulletins de l'amicale du Yangjia michaun taiji quan

Les contes des arts martiaux réunis par Pascal Fauliot

Source photo :

Livre de poche des bases essentielles du Yangjia michuan taiji quan

 

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LES GRANDES FIGURES DE L'ORIGINE DU TAIJI QUAN (TAI CHI CHUAN)

19 Décembre 2021 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #HISTORIQUE DU TAI JI QUAN (tai chi chuan)

 

 XU XUANPING ET LI DAOZI

  

Peu de choses nous sont parvenues sur la vie des  prédécesseurs de ZHANG SANFENG. Sous les Tang, deux personnages auraient vécu pourtant une vie bien singulière. XU XUANPING aurait mené une érémitique dans les monts Chengyang. Un poème lui est pourtant attribué :

 

" Dès l'aube, je porte des fagots pour les vendre.
 Au crépuscule, ivre je m'en retourne,
 Si on me demande où je demeure, 
  je traverse les nuages et me cache dans la verdure "

   ( dans Despeux taijiquan art martial technique de longue vie p 21)

  

XU XUANPING rejoint ici la tradition des poètes chinois, amoureux de la montagne, des cieux, de la nature, et du vin...tel LI BAI (LI PO 701-762) On entend comme en écho au poème de XU XUANPING celui de LI BAI ;

 

"Vaine visite au moine taoïste du Tai-T'ien Chan"

 

" Un aboi de chien dans le bruit de l'eau.

Après la pluie, la fleur de pêcher est plus rouge.
 Au plus profond de la forêt, on voit parfois un cerf ;
 Près du torrent, à midi, pas de cloche. 

Les bambous sauvages percent l'épais brouillard ;
La cascade s'accroche au sommet d'émeraude
Nul n'a pu me dire où l'ermite s'en est allé :
  Je me suis appuyé, triste, à deux ou trois pins."

      

     LI BAI aurait eu connaissance du poème de XU XUANPING et aurait cherché à le rencontrer mais sans succès, c'est peut-être à cette occasion qu'il écrivit ce poème ?

 

Un autre taoïste de la fin de la dynastie de Tang ;  SONG YUANQIAO attribue également un texte à XU XUANPING, le « Chant des huit caractères » Ce même texte est plus souvent attribué à un autre personnage SONG SHUMING, celui-ci a prétendu que sa famille détenait et transmettait depuis XU XUANPING une méthode de taiji quan. Voici ce texte qui appartient à ce que l'on appelle les « classiques du taiji quan », ces textes décrivent les principes du taiji quan :

   

 "Parer, tirer vers l'arrière, faire pression en avant et repousser, peu de gens au monde (connaissent ces techniques).
  Sur dix experts, dix ne le connaissent pas.
 Si l'on peut être léger, agile, dur et ferme,
 On peut sans problème adhérer, lier, coller et suivre.
 Les (mouvements) tordre, tordre vers le bas, donner un coup de coude, donner un coup d'épaule, sont encore plus merveilleux.
 Pour les exécuter, nul besoin de fatiguer son esprit.
 Celui qui peut adhérer, lier, coller et suivre,
 A acquis le centre véritable et ne le quitte jamais."

    On ne sait que peu de choses sur LI DAOZI (618-905). Il vécut sous les Tang et résida sur le mont Wudang, Rien ne vient appuyer que XU XUANPING et LI DAOZI  auraient pu être des maîtres de boxe.

 

 

ZHANG SAN FENG ; CREATEUR DU TAIJI QUAN ?   

Comme la création des arts martiaux dits « externes » a été attribuée à BODHIDARMA, moine bouddhiste, celle du taiji quan a été allouée à un ermite taoïste appelé : ZHANG SAN FENG.  La légende raconte que cet ermite résidait sur le mont Wudang au nord-ouest de la province du Hubei pendant la dynastie des Song (960-1279) Dans l'histoire officielle des Ming, nous trouvons une description de ZHANG SAN FENG : « Il était grand, d'imposante stature, il portait les signes classiques de la longévité, c'est-à-dire ceux de la tortue et de la grue, il avait de grandes oreilles et des yeux ronds. Sa barbe se hérissait furieusement comme la lance d'une hallebarde, été comme hiver il portait un simple vêtement »

 

 

La langue chinoise possède de nombreux homophones, ceci explique que les caractères employés pour ZHANG SANFENG différent d'un auteur à l'autre. Dans une première proposition [1]

 le caractère ZHANG (Ricci 174) a le sens de : étendre, tendre, ouvrir, disposer, grand. La partie droite de l'idéogramme représente un arc chinois avec sa poignée médiane (Wieger 87) L'ensemble de l'idéogramme prend le sens de bander un arc.

 Le caractère SAN  (Ricci 4196) possède le sens du chiffre trois.

 

 

Le caractère FENG (Ricci 1592) veut dire abondance, fertile, plein.

 

   

 

Dans la deuxième proposition [2],

 

Le caractère FENG  (Ricci 1579) différe de celui de la première. Pour Wieger (97 A) étymologiquement, il  figure un rameau feuillu, il prend le sens étendu de buisson, de broussaille, de  haie, de forme. Dans le Ricci, à ce même caractère (1579) nous trouvons visage plein ; qui a bonne mine ; beau ; gracieux.  Air distingué ; belle prestance ; manières élégantes. Le caractère FENG de la première proposition et le caractère FENG de la deuxième proposition ont ceci en commun de posséder l'image d'un rameau, symbole de plénitude. Ce rameau portant des grains prend l'image de grandeur de multitude. On peut traduire pour l'une ou l'autre des propositions ZHANG SAN FENG  par "triple grande abondance". Gardons à l'esprit que cette abondance provient du végétal, du grain, ferment des grandes civilisations. L'image de l'arc apporte force, souplesse et respect dédiés au personnage.

 

Une troisième proposition» [3]  tranche sur les propositions précédentes, dans celle-ci les caractères ZHANG et FENG possédent des sens différents que ceux des propositions précédentes.

 

 ZHANG (Ricci 169) a le sens de  personne âgée, homme respectable, homme fait,  tandis que

 

 FENG (Ricci 1584) veut dire  sommet d'une montagne ; cime crête montagne abrupte ; pic. Les trois caractères se traduiraient par "l' ancien (le maître) des trois pics". Trois montagnes sont réputées en Chine pour ses arts martiaux ; le mont Song dans la province du Henan, qui est le berceau de l'école Shaolin et du bouddhisme Zen, le mont Wudang dans la province du Hubei, réputé pour ses styles internes et le mont E-mei  [4], où les méthodes développées ont pris le nom générique de E-Mei Quan, elles alliaient les principes "externes" et "internes", ainsi que les conceptions taoïste du mont Wudang et bouddhiste du monastère de Shaolin.  Cette appellation « maître des trois pics » viendrait appuyer la légende que  ZHANG SANFENG aurait acquis sa maîtrise en visitant  ces trois lieux connus pour leurs techniques martiales.

 

 

L'INVENTION DU TAIJI QUAN ; LES HISTOIRES

 

Le mont Wudang est considéré comme le berceau des arts internes chinois, deux histoires différentes sont racontées au sujet de l'invention du taiji quan. La première avance que cette méthode lui aurait été transmise en rêve par l'empereur noir XUANDI. La seconde (la plus répandue) raconte le combat entre un oiseau (une pie) et un serpent. Il aurait remporté le combat grâce à ces mouvements curvilignes. Ceci démontra à ZHANG SAN FENG la suprématie de la souplesse sur la rigidité et l'importance de l'alternance du Yin et du Yang.

 

 Le rêve de ZHANG SAN FENG reprend la représentation symbolique du Nord, de l'élément eau et de la couleur noire en référence à XUANDI, l'observation du combat entre l'oiseau et le serpent relie également le taiji quan au Nord,  à l'élément eau, à la couleur sombre, à la longévité par la référence à la tortue habituellement associée au serpent. Si le taiji quan est né sur le mont Wudang, il prend sa source dans la mythologie chinoise antique, associé aux symboles suivants : tortue noire et serpent,  nord, eau, couleur noire, et par extension, longévité.

 

 On attribue un texte à ZHANG SAN FENG, il s'agit du « Traité sur le taiji quan » Il contient de nombreuses explications sur les principes de la discipline ; le vide et le plein, l'utilisation du Yi (la pensée orientée), les huit gestes en liaison avec les huit directions et les huit trigrammes du Yi Jing, les cinq déplacements reliés aux cinq éléments de l'énergétiques chinoise. Ce texte appartient aux « classiques » du taijiquan, il demeure une référence pour tout pratiquant. La seule référence à l'élément eau est cet extrait : «... La longue boxe est semblable aux flots du fleuve bleu ou de la mer qui se meuvent continuellement et sans fin... » Déjà, la discipline était marqué par la recherche de la santé, dans une note à ce texte, nous trouvons : « Son désir (celui de ZHANG SANFENG) fut celui de voir les héros du monde entier accéder à la longévité, et que son art n'eût pas pour unique réalité la pratique des techniques martiales »

 

  

WANG ZONG YUE

 

     WANG ZONG YUE aurait reçu l'enseignement de ZHANG SAN FENG, il écrivit plusieurs traités : le « traité de la lance Yinfu », le « Propos sur le taiji » et « Eclaircissements pour la pratique des treize mouvements ».

 

      

Dans ce dernier texte nous y trouvons la même référence à l'eau que dans le texte de ZHANG SAN FENG, « mouvez-vous comme l'eau du fleuve bleu » et aussi une phrase où il est question d'un arc (le caractère ZHANG) « Emmagasiner l'énergie c'est comme tendre un arc, la libérer c'est décocher la flèche. La courbe contient la droite. Avant de libérer l'énergie, il faut d'abord l'accumuler. La force est libérée à partir de la colonne vertébrale » Cette phrase décrit point par point comme exécuter l'enchaînement du taiji quan, le corps ploie, l'énergie se rassemble, le corps se déploie, l'énergie est libérée.

 

   

WANG ZHENGNAN

    

« Shaolin est célèbre dans tout l'empire pour la bravoure de ses gens grâce à leur technique de combat qui consiste principalement à lutter avec l'adversaire ; c'est pourquoi ce dernier peut parfois l'emporter. Mais il existe aussi une école dite école ésotérique, qui a pour principe de neutraliser la force dynamique par le pouvoir de la tranquillité. Dans la lutte, ils jettent immédiatement à terre leur adversaire. En opposition à cette école, qui commence probablement à partir de ZHANG SANFENG de la dynastie des Song, l'école Shaolin a été appelée école ésotérique » 

 

      Le fils de HUANG LIZHOU ; HUANG BAIJIA (1634- ?) écrivit le Neijia Quan Fa (techniques de boxe du Neijia)

 

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SOURCES :

Yangjia michuan taiji quan tome 1 Wang Yen Nien

Les huit portes et treize postures C.Bernapel G.Charles

Taiji quan art martial technique de longue vie  C.Despeux

Taiji quan T.Dufresnes et J.Nguyen

Anthologie de la poésie chinoise classique Gallimard

 


[1] WANG YEN NIEN Yangjia michuan taiji quan volume 2

[2] DESPEUX taiji quan art martial technique de longue vie

[3] p 27 Les huit portes et treize postures C.Bernapel G.Charles  

[4]Il est également l'une des quatre principales montagnes "bouddhistes" avec le Wutaishan, le Putuoshan, et le Jiuhuashan. Situé dans la province du Sichuan, Sur le  mont Emei fut édifié au Ier siècle le premier temple bouddhiste chinois, L'Emei Shan fut associé a Puxian (Samantabhadra), un bodhisattva symbole de l'altruisme, souvent représenté monté sur un éléphant blanc à 6 défenses  

[5] voir Despeux taijiquan art martial technique de longue vie p 19, p 20

        HUANG LIZHOU (HUANG ZHONGZI) consacra une épitaphe à WANG ZHENGNAN(1616-1699). [5] :        

  

  

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Les origines profondes du tai ji quan (tai chi chuan)

16 Décembre 2021 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #HISTORIQUE DU TAI JI QUAN (tai chi chuan)

  

 WANG  YEN NIEN attribue l’origine du taiji quan aux principes de Laozi exprimés dans le Dao De Jing (le classique de la voie et de la vertu) ; « Pour atteindre le plus haut degré de souplesse, concentrez votre souffle » Il nous a semblé important de livrer à votre réflexion quelques autres  pensées attribuées au vieux maître  (Laozi)

   

Chapitre X

 

 «  L’âme spirituelle doit commander l’âme sensitive.

 

 Si l’homme conserve l’unité, elles pourront rester indissolubles

 

 S’il dompte sa force vitale et la rend extrêmement souple, il pourra être comme un nouveau-né… »

     

Chapitre XXVI

 

 «  Le grave est la racine du léger ; le calme est le maître du mouvement »

 

   Chapitre XLV

 

  « Le mouvement triomphe du froid ; le repos triomphe de la chaleur »

   

Chapitre LXXVI

 

 « Quand l’homme vient au monde, il est souple et faible ; quand il meurt, il est roide et fort . Quand les arbres et les plantes naissent, ils sont souples et tendres ; quand ils meurent, ils sont secs et arides.
La roideur et la force sont les compagnes de la mort ; la souplesse et la faiblesse sont les compagnes de la vie ».

   

Chapitre LXXVIII

  « Parmi toutes les choses du monde, il n’en est point de plus molle et plus faible que l’eau, et cependant, pour briser ce qui est dur et fort, rien ne peut l’emporter sur elle.
Pour cela rien ne peut remplacer l’eau.
Ce qui est faible triomphe de ce qui est fort ; ce qui est mou triomphe de ce qui est dur . Dans le monde, il n’a personne qui ne connaisse (cette vérité), mais personne ne peut la mettre en pratique… » 

 

                 A partir de cette influence majeure, l’art martial du taiji quan a pris forme, modelé par de nombreux personnages pour enfin parvenir jusqu’à nous, le tableau ci-dessous présente les grandes figures à l’origine du taiji quan de l'école Yang.

       

 

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 Sources :

LAO-TSEU TAO TE KING  Mille et une nuits traduction Stanislas Julien

Yangjia michuan taiji quan Wang Yen Nien tome 2  

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A lire sur le Web : articles sur l'histoire du taiji quan sur le site Wen Wu

7 Avril 2019 , Rédigé par lebambou Publié dans #HISTORIQUE DU TAI JI QUAN (tai chi chuan)

Sur le site WENWU, une page consacrée à l'histoire du taiji quan, pour la consulter, c'est un peu plus bas !...

Sur ce même site vous trouverez également de nombreux textes relatifs à la tradition de l'école CHEN de taiji quan, c'est juste en dessous...

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