Historique du Yangjia michuan tai ji quan ; Wang Yen Nien
Né à Taiyuan dans la Shanxi , tout jeune il apprend la boxe Shaolin, le xing yi quan, le tantui mais des problèmes de santé l'obligent à rechercher une autre discipline. Il est présenté à ZHANG QINLIN, qui l'accepte comme élève et lui enseigne le Yangjia michuan taiji quan, ainsi que le nei gong (travail interne) et le tu na (technique respiratoire, littéralement rejeter/prendre) Ses problèmes de santé finissent par disparaître progressivement. Il reste son élève de 1945 à 1949.
En 1949, il suit les nationalistes et rejoint Taipei (Taiwan, anciennement Formose). A partir de 1950, maître WANG entreprend une carrière de professeur de taiji quan, son vœux le plus cher a été de propager le taiji quan afin que chacun puisse y trouver la santé. Ce style de taiji quan a failli disparaître étant donné que WANG YEN NIEN était le seul détenteur de l'enseignement complet de cette méthode, il a donc redoublé d'efforts afin de le transmettre. Le souci de diffusion à un plus grand nombre ne va pas à l'encontre des valeurs traditionnelles, WANG YEN NIEN a toujours tenu à transmettre ce que lui avait légué son maître sans y faire de transformations. Il était un ardent défenseur de toute tentative de simplification de cette forme.
Son enseignement a depuis dépassé la Chine Nationaliste et s'étend à travers le monde, le mode de transmission de ce style de taiji quan ne fonctionne pas sous une forme pyramidale mais sous une forme collégiale dans un esprit de partage et d'échange . Trois associations d'enseignants diffusent le style Yangjia michuan.
à Taipei : le Yangjia michuan taiji quan teacher's association international
en Europe : le collège européen des enseignants du Yangjia michuan taijiquan
aux Etats-Unis : l'American Yangjia michuan taiji quan Association.
Ses précieux conseils sur la pratique contribueront encore à nous aider à comprendre et vivre cette discipline, écoutons donc l'un de ceux-ci : « La pratique du taiji quan ne doit pas avoir pour finalité le combat ou le self-défense, ni ce désir de dominer ou de commander les autres. Elle doit conduire le pratiquant à entretenir des capacités physiques et mentales pour qu'il devienne un homme accompli »
Jusque dans le choix des idéogrammes formant son nom ; WANG YEN NIEN, nous trouvons ce souci d'être utile et ce profond respect envers les autres.
L'idéogramme WANG comprend un trait vertical (ce trait représente l'homme), ce trait traverse trois autres traits horizontaux et parallèles, ces trois traits représentent respectivement le ciel, la terre et l'humanité.[1]
WANG (le roi) 
est l'homme 
qui relie entre eux
le ciel, la terre et l'humanité
Les idéogrammes YEN et NIEN signifient longue vie. Les trois idéogrammes WANG YEN NIEN pourraient se traduire par roi de la longue vie, ceci nous en dit long sur le sens qu'il a pu donné à sa vie.
[1] Wieger 83c Caractères chinois
Source photo : Michel Timochenkov
Historique de l'école Yang du tai ji quan (tai chi chuan) : Zhang Qin Lin

Il est né en 1887 dans la province du Hebei, d’origine modeste, orphelin très tôt, à l’âge de quatorze ans, il se fait engager comme jardinier par la famille Yang. Il devient ainsi l’élève de YANG CHEN FU (0). D’autre part, il reçoit l’enseignement du maître taoïste ZUO YIFENG du jin dan pai. Il étudia le Nei Gong et la technique de rejet et d’absorption, le Tu Na.
En 1914, il obtient le privilège de recevoir l’enseignement du père de YANG CHEN FU, YANG Jian Hou. Zhang Qin Lin aurait relevé le défi lancé à Yang Chen Fu par un maître de boxe Wan Laisheng (2). Zhang Qin Lin ayant triomphé et donc ainsi sauvé l’honneur de la famille, Yang Jian Hou le récompense en lui enseignant la « longue forme » ; pourtant jusque là réservée uniquement aux membres de la famille Yang . On peut être étonné que YANG JIAN HOU ait choisi un étranger à la famille afin de lui transmettre la forme secrète.
D’après WANG YEN NIEN, YANG CHEN FU n’avait pas la fibre martiale lorsqu’il était jeune, il pratiquait sans conviction, son attitude envers la pratique changea à la suite de la mort de son père. YANG JIAN HOU considéra que ZHANG QIN LIN possédait les qualités martiales et humaines pour recevoir la transmission secrète.
Zhang Qin Lin ajouta à la pratique de la forme du taiji quan les techniques respiratoires taoïstes. On peut remarquer que dans le Yangjia michuan taiji quan, la respiration préconisée est une technique issue de la méthode Tu Na, elle correspond à la respiration dite « printanière » ; l’inspiration s’effectuant par le nez, l’expiration par la bouche.
C’est également lui qui a instauré la méthode qui permet de scander la respiration afin d’indiquer aux pratiquants les temps respiratoires durant l'exécution de la forme.
Zhang Qinlin rejoint le Shanxi en 1927 où il est ensuite sollicité par de nombreux élèves ;
Zheng Man Qing
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Hu Yaozhen
Wang Shanzhi (2)
Li Yunlong
LiU Zhiliang
pu yu
LI FUYUAN
ZHANG ZIROU
Su Qigeng
et Wang Yen Nien
Seuls ces deux derniers eurent accès à l’intégralité de l’enseignement de Zhang Qin Lin.
Zheng Man Qing
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Sources
Yangjia michuan taiji quan tome 1 et 2 Wang Yen Nien
bulletin amicale du Yangjia michuan
Source photo :
Livre de poche des bases essentielles du Yangjia michuan taiji quan
Les secrets du véritable tai chi chuan Devondel/Werner
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(0) voir MÉTHODES D'APPLICATION DE LA BOXE TAIJI par Yang Chengfu
[publié par la Société pour la gloire nationale chinoise, janvier 1931]
(1) Chef de file du style Ziran men
(2) élève avec Hu Yaozhen du fameux Kuo Yun Shen
Remarques
Au sujet de la transmission de la forme familiale à Zhang Qinlin par Yang Jianhou, la famille Yang et ses disciples ne font pas mention de l'événement.
Nous trouvons néanmoins le nom de Zhang Qinlin cité parmi les étudiants de Yang Chenfu au début de son ouvrage de 1931 "Méthodes d'application de la boxe taiji". Ci-dessous le lien vers le livre de Yang Chenfu afin de consulter l'ouvrage
A propos du défi de Wan Laisheng envers Yang Jianhou qui aurait eu lieu en 1914, la date de naissance de Wan en 1903 vient contredire l'épisode. Erreur de date ou erreur de personne, difficle de trancher sur ce fait...
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METHODS OF APPLYING TAIJI BOXING (TAIJI QUAN SHIYONG FA)
太極拳使用法 METHODS OF APPLYING TAIJI BOXING 楊澄甫 by Yang Chengfu [published by the 神州國光社 Society for Chinese National Glory, Jan, 1931] [translation by Paul Brennan, Nov, 201...
Historique de l'école Yang du tai ji quan (tai chi chuan) : Yang Jian Hou et Yang Chen Fu

Il est l’un des trois fils de YANG LUCHAN. C’est lui qui initia aux « secrets » de la famille Yang ZHANG QINLIN poutant étranger à la famille.
YANG JIAN HOU enseignait la forme simplifiée de 81 mouvements que son père YANG LUCHAN lui avait appris ; la « grande forme » restait tenue secrète, pourtant ce fut ZHANG QINLIN qui fut choisi afin de recevoir l’enseignement secret de la famille Yang ; ici encore YANG JIAN HOU respecta la tradition en ne léguant qu’à un seul…
On raconte de nombreuses anecdotes sur ses capacités martiales, en voici une sur sa capacité d’écoute et de décontraction. Il pouvait empêcher un oiseau posé sur son bras de s’envoler simplement en relâchant son bras à chaque fois que l’oiseau cherchait un point d’appui pour s’élever. [1Cette anecdote est certainement à l’origine de la dénomination du geste « saisir la queue du moineau » de l'enchaînement de l'école Yang. Ce geste n’apparaît que dans les enchaînements de l’école Yang, dans les enchaînements de l’école Chen, il n'est pas fait mention d'un mouvement nommé « saisir la queue du moineau »
D’après son fils YANG CHEN FU[2] , il aimait utiliser les « classiques » du taiji quan lors de ses explications sur la pratique. Il citait souvent ces principes :
« Les pieds, les jambes, et la taille bougent toujours de concert »
« Il faut avoir les pieds enracinés, les jambes décontractées, la taille comme un gouvernail, et les doigts vivants »

YANG CHEN FU fut l’initiateur de la diffusion du taiji quan à grande échelle et de son développement en tant que technique de santé, son enseignement résonne encore à travers le monde. Fils de YANG JIAN HOU, il est le créateur de l’enchaînement en 108 mouvements. YANG CHEN FU simplifia ou améliorera (selon certains) le taiji quan qu’il apprit de son père[3], cette forme d’ailleurs est certainement aujourd’hui la forme de taiji quan la plus pratiquée dans le monde.
Selon WU YING HUA, maître de l’école Wu, YANG CHEN FU, YANG SHAO YOU et WU JIAN QUAN enseignèrent à partir de 1911 à « l’institut de recherche athlétique » à Bejing (anciennement Pékin) Pour cela les formes ont été modifiées pour être accessibles au plus grand nombre.
N’oublions pas que l’enseignement prodigué à l’intérieur des clans était à l’origine destiné à des experts dont certains étaient des professionnels qui louaient leurs services. YANG CHEN FU a voulu contribuer à rétablir la santé au peuple chinois ravagé par l’opium et épuisé par les conflits internes et externes de la Chine.
En 2009 YANG JUN petit-fils de YANG ZHENDUO lui même fils de YANG CHENFU devient le cinquième détenteur de la lignée du taiji quan traditionnel de style Yang.
DAO YIN : SENS ET IMAGES
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DAO 道 Route, voie, chemin, voie à suivre, principe, règle, droite raison, règle des actions humaines, doctrine, moyen, méthode, procédé, conduire, diriger, gouverner. Ricci 4767 Le Ricci en propose aussi une définition plus philosophique La réalité et le mouvement spontané de ce qui existe (la voie qui ne peut être appréhendée par l'esprit discursif, est manifeste dans le devenir na
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Historique de l'école Yang du tai ji quan (tai chi chuan) ; Yang Luchan

A la mort de son père, il s’engage dans une milice de village, puis sur les conseils de son maître, il se présente chez CHEN CHANG XING (1771-1853) à Chenjiagou où il se fait engager comme serviteur. Il étudie la nuit en cachette en épiant le maître des lieux lorsque celui-ci enseigne à sa famille. Il est évidemment surpris par CHEN CHANG XING qui lui demande une démonstration. Etonné par sa maîtrise, il le prend comme élève et lui apprend même « les secrets de la famille »
A propos de ces « secrets », on raconte qu’un soir en rentrant chez lui YANG LUCHAN fût encerclé par une bande de malfrats. Contrairement à ce que l’on pouvait imaginer, il se laisse dépouiller de sa bourse. Enroulé dans son manteau, il laisse les coups tomber sans broncher ; ses agresseurs lassés l’abandonnent ainsi. Le lendemain, YANG LUCHAN vaque tranquillement à ses occupations, tandis que ses adversaires restent cloués au lit. Que serait-il arrivé s’il avait résisté à ses agresseurs ? …
Laissons WANG YEN NIEN nous conter une autre histoire ; « Un jour, la maison de la famille CHEN prend feu et le grand-père CHEN reste prisonnier des flammes. YANG LUCHAN bondît avec une extrême rapidité dans le brasier et ressort avec celui-ci, indemne. La famille CHEN, sous le choc, s’exclame : quel gongfu (habileté) il possède celui-là ! Ils voulurent tous se mesurer à lui, il les bâtit tous »
Maître WANG veut certainement démontrer grâce à cette anecdote que avant même de venir chez les CHEN, YANG LUCHAN possédait déjà des capacités martiales hors du commun. D’après celui-ci, YANG maîtrisait à l’époque une forme de boxe appelée « hong quan » ce qu’il espionna chez les CHEN était le Pao quan (forme de poing explosif), YANG en combinant ces deux formes de boxe fit que les CHEN ne purent le battre.
YANG LUCHAN retourne ensuite au Heibei et crée « la grande forme » à partir du « hong quan » et du « pao quan » Devenu célèbre, on le surnomme « Yang l’invincible », il est prié d’enseigner à la cour. Il enseigne la petite forme (une forme simplifiée de 81 mouvements ) aux Mandchous (les non-chinois) et la grande forme en secret. Il eut trois fils : YANG BAN HOU, YANG FENG HOU, YANG JIAN HOU.
Afin de ne pas risquer de dévoiler les secrets, YANG LUCHAN enseigne la grande forme qu’à un seul des ses fils, YANG JIANHOU
« Transmet à un seulement, pas à deux »
Ainsi la tradition reste secrète et est donc préservée...Nous verrons que dans le taiji quan moderne ceci sera remis en cause.
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Sources :
Yangjia michuan taiji quan tome 1 et 2
Bulletins de l'amicale du Yangjia michaun taiji quan
Les contes des arts martiaux réunis par Pascal Fauliot
Source photo :
Livre de poche des bases essentielles du Yangjia michuan taiji quan
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