CHENGYU DU JOUR ; LOCUTIONS CHINOISES : YU GONG YI SHAN
L'expression Yu Gong Yi Shan (愚公移山)
Littéralement « Le vieil homme stupide déplace les montagnes », est une célèbre fable chinoise qui illustre la vertu de la persévérance et de la volonté inébranlable. Elle sert de métaphore à la persévérance dans la transformation de la nature et à la conduite d'une lutte acharnée.
Voici son histoire relatée dans le Lie zi au chapitre 5 D (1)
Le massif des monts T’ai-hing (Taihang) et Wang-ou (Wangwu) avait sept cent stades carrés d’étendue, et quatre-vingt mille pieds de haut .Un nonagénaire de Pei-chan lui en voulait, de ce qu’il interceptait les communications entre le Sud et le Nord. Ayant convoqué les gens de sa maison, il leur dit :
— Mettons-nous-y ! Aplanissons cette hauteur ! Mettons le Nord en communication avec la vallée de la Han !..
— À l’œuvre, fit le chœur...
Mais la vieille femme du nonagénaire objecta : où mettrez-vous les terres et les pierres de ces montagnes ?..
— Nous les jetterons à la mer, fit le chœur...
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L’ouvrage commença donc. Sous la direction du vieillard, son fils et ses petits-fils capables de porter quelque chose, attaquèrent les rochers, creusèrent la terre, portèrent les débris panier par panier jusqu’à la mer. Leur enthousiasme se communiqua à tout leur voisinage. Il n’y eut pas jusqu’au fils de la veuve d’un fonctionnaire, un bambin en train de faire ses secondes dents, qui ne courût avec les travailleurs, quand il ne faisait ni trop chaud ni trop froid.
« Cependant un homme de Ho-k'iu qui se croyait sage, essaya d’arrêter le nonagénaire en lui disant :
— Ce que tu fais là, n’est pas raisonnable. Avec ce qui te reste de forces, tu ne viendras pas à bout de ces montagnes...
Le nonagénaire dit :
— C’est toi qui n’es pas raisonnable ; moins que le bambin de la veuve. Moi je mourrai bientôt, c’est vrai ; mais mon fils continuera, puis viendront mes petits-fils, puis les enfants de mes petits-fils, et ainsi de suite. Eux se multiplieront sans fin, tandis que rien ne s’ajoutera jamais plus à la masse finie de cette montagne. Donc ils finiront par l’aplanir.
La constance du nonagénaire épouvanta le génie des serpents, qui supplia le Souverain d’empêcher que ses protégés ne fussent expropriés par ce vieillard obstiné. Celui-ci ordonna aux deux géants fils de K’oa-no, de séparer les deux montagnes T’ai-hing (Taihang) et Wang-ou (Wangwu). Ainsi fut produite la trouée, qui fait communiquer les plaines du Nord avec le bassin de la Han.
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(1) Les pères du système taoïste par Léon WIEGER (1856-1933)
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