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ASSOCIATION LE BAMBOU QIGONG ET TAIJI QUAN (TAI CHI CHUAN) HEROUVILLE SAINT-CLAIR PRES DE CAEN (CALVADOS, NORMANDIE)

taiji quan et symbolisme

A télécharger "Taiji quan et symbolisme"

7 Juin 2024 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #TAIJI QUAN ET SYMBOLISME

Dans le lien ci-dessous vous pouvez consulter/télécharger une étude portant sur le symbolisme animal contenu dans l'enchaînement du Yangjia michuan taiji quan à travers l'évocation de huit animaux. 

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Taiji quan et taoïsme : la fille de jade lance la navette

27 Mai 2024 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #TAIJI QUAN ET SYMBOLISME

Des 127 mouvements du grand enchaînement nous pouvons en distinguer trois catégories ;

 

  • La première est constituée des noms des mouvements décrivant les techniques, elle représente les trois-quarts des séquences de l’enchaînement, par exemple « Pas en avant, pousser au niveau du cœur avec la paume »
  • la deuxième catégorie rassemble les noms des mouvements qui évoquent un animal comme « le dragon explore avec ses griffes »
  • pour la dernière elle est constituée d’images liées à la tradition chinoise en relation ou non avec le taoïsme ici « la fille de jade lance la navette »

 

Ce mouvement « La fille de jade lance la navette » est lié à la tradition taoïste, Schipper[1] nous en livre une description :

 

« L’œil gauche (le soleil) est la demeure du Père de l’Orient, le souffle Yang du printemps ; celui de droite abrite la Mère de l’Occident[2], le souffle originel du grand Yin. Le père s’appelle Non-action, la mère ;  Nature. Elle règne sur la montagne K’ouen-Louen. On l’appelle encore Jade Couché ou Fille de Jade de l’Eclat Obscur. Habillée de vêtements de cinq couleurs, elle mesure neuf-dixième d’un pouce, ou encore trois pouces de haut. Le couple se trouve le plus souvent dans la Cour Jaune[3] et dans la Chambre Pourpre. De leur union est né un enfant, l’homme véritable Cinabre-du-Nord, c'est-à-dire feu de l’eau, Yang du Yin, Etre essentiel, il est mon vrai moi »

 

H.Maspero nous indique que ces dieux protecteurs du corps sont les mêmes que ceux du monde tel que se le représentent les taoïstes. Quelques uns sont les gardiens des champs de cinabre[4] et ne laissent passer que les représentants du divin, voici un extrait du Dongfang Neijing Zhu :

 

 

 

 

 

»Le Prétoire Vert (œil gauche est la résidence de l’adolescent Vert Qingtong), le Prétoire de Pureté Blanche (œil droit est celle de la Fille de jade de Simplesse Blanche Baisu Yunû »

           

         

 

 

          Nous pouvons au regard de ces deux extraits, facilement confondre la Dame Reine de l’Occident avec la Fille de Jade ; à ce sujet Maspero nous éclaire : 

 

« On ne saurait s’étonner de cette confusion si l’on songe que presque chaque livre taoïste se présentait comme dicté par un dieu, par un immortel et contenait les noms d’un ou plusieurs autres dieux ou immortels, les un comme les autres inconnus. La littérature taoïste ancienne est en grande partie l’œuvre de médiums…ils ne songeaient pas toujours à fournir d’eux-mêmes un état civil précis ; la mise en ordre de tous ces noms d’origine disparate était une œuvre impossible »

 

           Les premiers adeptes du taiji quan ont cherché en associant ces personnages protecteurs et dispensateurs d’immortalité à unir cet art aux recettes de longue vie.

__________________________

Sources :

Chine J.Pimpaneau

Le corps taoïste Schipper

Le taoïsme H.Maspero

Taoïsme et corps humain C.Despeux

Voir sur  la Mère de l’occident : http://mythologica.fr/chine/xiwangmu.htm

 

 

[1] p 150 dans « le corps taoïste » Schipper 

[2] Reine mère de l’occident ou xi wang mu décrite dans le « classique des montagnes et des mers » comme un personnage à queue de léopard et dents de tigre, les cheveux en  désordre responsable de la peste, elle devint sous les Han une impératrice bienveillante résidant dans les monts Kunlun où elle y distribuait les pilules d’immortalité

[3] Elément central de la vision du corps suivant la tradition de la Cour Jaune (procédés d’origine taoïste)

[4] Les champs de cinabre ou champ de transformation du souffle sont au nombre de trois, au niveau abdominal, au niveau thoracique, et au niveau crânien

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Taiji quan et symbolisme ; l'eau

16 Mai 2024 , Rédigé par Thierry Lambert Publié dans #TAIJI QUAN ET SYMBOLISME

L’EAU

 «... La longue boxe est semblable aux flots du fleuve bleu ou de la mer qui se meuvent continuellement et sans fin... »

Traité sur le taiji quan, texte  attribué à Zhang San Feng

           Souvent utilisée afin de tenter de définir le taiji quan, cette phrase nous livre une image singulière de cette discipline. Cette même  idée de continuité est déjà par deux fois affichée dans le même texte, la répétition est d’usage courant dans les textes de la tradition du taiji quan, ainsi la phrase en référence au Fleuve Bleu constitue un rappel de ce principe sous forme d'image.

 

 

D'autres extraits du Traité du taiji quan livrent des indications sur la pratique :

 

«  Il faut que les mouvements ne présentent aucune imperfection, sans creux ni bosse, ils s’enchaînent sans interruption. »

 

 Et un peu plus loin

 

« Toutes les parties du corps sont reliées entre elles, articulation par articulation, sans la moindre rupture »

 

Ceci souligne la fluidité des mouvements du taiji quan

 

 

DEVIDER LE FIL DE SOIE

 

          

 

          On trouve une image similaire dans l’évocation du déroulement du fil de soie symbolisant la manière d’exécuter la forme du taiji quan ; doux afin que le fil ne casse pas,  et continu afin que cette dynamique permette le défilement du fil.

 

         

 

          Ainsi, ces extraits rappellent que ce principe de continuité caractérise de façon marquante le poing du taiji. Par ses gestes continus et harmonieux, la forme exprime la même qualité que celle conférée à la vie ; sa faculté de s’écouler sans relâche. En effet, la conduite des gestes ne comporte aucune rupture ou arrêt et s’écoule tel un flot continu, seule une pulsation seulement perceptible aux observateurs avertis se manifeste marquant les mouvements d’ouverture et de fermeture liés au yin et au yang. Le microcosme (le corps) s’unit ainsi au macrocosme (la vie ou encore le dao), en manifestant cette pulsation. Rappelons que l’image rattachée à ce principe n’est autre qu’un élément naturel, l’exemple de la nature étant très marquant.

 

Si la référence à l’eau à travers les premiers textes retraçant la théorie rattachée au taiji quan a son importance sur la compréhension de la pratique de l’enchaînement, d’autres textes, ceux de la littérature chinoise classique, constituent également une source d’enrichissement, nous aborderons quelques exemples tirés des philosophes taoïstes. Les éléments qui constituent la mythologie du taiji quan sont suffisamment marquants pour qu’ils soient aussi porteurs de messages clairs sur cette pratique, la construction du taiji quan du point de vue historique et théorique s’inspire sans conteste de la pensée chinoise, ces exemples sont nombreux de cette influence. C’est pour cette raison que l’étude de la culture chinoise est pour un pratiquant une porte fabuleuse pour sa recherche.

 

 

SUIVRE LE MOUVEMENT DE L'EAU

 

Textes sur l’adaptation aux éléments ou circonstances, notion de suivre en tui shou

 

Kong fu zi (Confucius)  est en admiration devant un nageur bravant une forte rivière, voici  ce que le  nageur explique sur la manière dont il brave les éléments :

« Je me laisse aspirer par l’entonnoir central du tourbillon, puis rejeter par le remous périphérique. Je suis le mouvement de l’eau, sans faire moi‑même aucun mouvement ».

Livre 2 chapitre 9 « La chute d’eau » Lie zi (Lie-tseu)

 

          Plus loin, une histoire similaire toujours relatée par Confucius, cette fois-ci le nageur s’y prend d’une toute autre manière :

« Avant d’entrer dans l’eau, dit l’homme, j’examine si mon cœur est absolument droit et loyal, puis je me laisse aller. Ma rectitude unit mon corps aux flots. Comme je fais un avec eux, ils ne peuvent pas me nuire ».

 Livre 8 chapitre 10 « de la parfaite adaptation aux circonstances » Lie zi (Lie tseu)

 

LA BONTE

 

Textes sur l’action bienfaisante de l’eau, aspect santé et  harmonie du taiji quan

 

"La bonté transcendante est comme l’eau.

L’eau aime faire du bien à tous les êtres ; elle ne lutte pour aucune forme ou position définie, mais se met dans les lieux bas dont personne ne veut.

En ce faisant, elle est l’image du Principe.

A son exemple, ceux qui imitent le Principe, s’abaissent, se creusent ; sont bienfaisants, sincères, réglés, efficaces, et se conforment aux temps. Ils ne luttent pas pour leur intérêt propre, mais cèdent. Aussi n’éprouvent‑ils aucune contradiction."

Chapitre 8 Dao De Jing Lao Zi (lao tseu)

 

Voici le commentaire associé à ce texte :

"Ce chapitre continue le précédent. Après l’al­truisme du ciel et de la terre, l’altruisme de l’eau est proposé en exemple. Ko-tchangkeng résume ainsi :  Fuyant les hauteurs, l’eau recherche les profondeurs. Elle n’est oisive, ni le jour, ni la nuit. En haut elle forme la pluie et la rosée, en bas les fleuves et les rivières. Partout elle arrose, elle purifie. Elle fait du bien et est utile à tous. Elle obéit toujours et ne résiste jamais. Si on lui oppose un barrage, elle s’arrête ; si on lui ouvre une écluse, elle s’écoule. Elle s’adapte également à tout récipient, rond, carré, ou autre. — La pente des hommes est toute contraire. Ils aiment naturellement leur profit. Il leur faudrait imiter l’eau. Quiconque s’abaissant servira les autres, sera aimé de tous et n’aura pas de contradicteurs."

 

 

SOUPLESSE

 

Texte sur l’association souplesse et faiblesse/efficacité, aspect efficacité du taiji quan

 

"En ce monde, rien de plus souple et de plus faible que l’eau ; cependant aucun être, quelque fort et puissant qu’il soit ; ne résiste à son action (cor­rosion, usure, choc des vagues) ; et aucun être ne peut se passer d’elle (pour boire, croître, etc.)."

 

 

 

 

"Est‑il assez clair que la faiblesse vaut mieux que la force, que la souplesse prime la raideur ? Tout le monde en convient ; personne ne fait ainsi.

Les Sages ont dit : Celui‑là est capable d’être le chef du territoire et le souverain de l’empire, que ne rebutent, ni l’ordure morale, ni le malheur politi­que. (Celui qui est assez souple pour s’accommoder à tout cela ; et non lhomme raide et systématique.)

C’est là une parole bien vraie, quoiqu’elle offense les oreilles d’un grand nombre."

Dao De Jing Lao Zi (lao tseu) chapitre 78

 

 

EFFICACITE

 

          Textes sur l’efficacité de l’eau, taiji quan expression du non-agir. Action non-action exemple de l’eau et du silence.

 

"Partout et toujours, c’est le mou qui use le dur (l’eau use la pierre). Le non‑être pénètre même là où il n’y a pas de fissure (les corps les plus homo­gènes, comme le métal et la pierre). Je conclus de là, à l’efficacité suprême du non‑agir.

Le silence et l’inaction ! Peu d’hommes arrivent à comprendre leur efficacité".

Chapitre 43 Dao De Jing Lao Zi (lao tseu)

 

"Le prince héritier Kien, fils du roi P’ing‑wang de Tch’ou, ayant été calomnié par Fei‑ouki, avait fui à Tcheng, où il avait été assassiné. Son fils Pai-koung méditait de le venger. Il demanda à Confucius :

— Y a‑t‑il des chances pour qu’un complot ne soit pas découvert ?

Confucius perça son intention et ne répondit pas. Pai-koung reprit :

— Une pierre jetée au fond de l’eau, peut‑elle être découverte ?

— Oui, dit Confucius ; par un plongeur du pays de Ou.

— Et de l’eau mêlée à de l’eau, peut‑elle être découverte ?

— Oui, dit Confucius. I‑ya discerna qu’il y avait, dans un mélange, de l’eau de la rivière Tzeu, et de l’eau de la rivière Cheng.

— Alors, dit Pai-koung, à votre avis, une conjuration ne peut pas ne pas être découverte ?

— Elle ne le sera pas, dit Confucius, si l’on n’en a pas parlé. Pour réussir, et à la pêche, et à la chasse, il faut le silence. La parole la plus efficace, est celle qui ne s’entend pas ; l’action la plus intense, est celle qui ne paraît pas. L’imprudence et l’agitation ne produisent rien de bon. Vous trahissez vos projets, par vos discours et votre attitude."

Chapitre 8 Lie Zi (lie tseu)

 

 

Quelques remarques 

 

          L’origine de la vie provient du bouillon originel d’où sont apparus les premiers éléments de la vie. Il n’est donc pas étonnant que cet élément soit présenté comme primordial,  le rattachement du taiji quan à cet élément  tient de ce fait. La première posture du début de l’enchaînement représente cette notion d’origine.

 

            Du point de vue de l’énergétique chinoise, les trajets d’écoulements et de manifestations de l’énergie se présentent comme des rivières, des océans ou des  mers, l’énergie et le sang circule de concert

 

 

"be water my friend"

           L'icone des arts martiaux ; le célèbre Bruce Lee a fait référence de nombreux fois au pouvoir de l'eau au cours des ces interviews et écrits.

Source photos : Pixabay

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CHERCHER L’AIGUILLE AU FOND DE LA MER ; REFERENCE A LA PERIGRENATION VERS L’OUEST DE WU CHENG’EN

16 Mai 2024 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #LEXIQUE, #TAIJI QUAN ET SYMBOLISME

 

 

LE TEXTE

          

Mission difficile si l’on prend cette expression au pied de la lettre, moins aisée que de la chercher au milieu d’une botte de foin. Plus sérieusement  ce mouvement fait référence à un passage du livre Xiyou ji (la pérégrination vers l’ouest)  de   Wu Cheng'en (1505-1580).

           Ce texte appartient aux « quatre livres extraordinaires » qualité qu’il partage donc avec « L’histoire des trois royaumes », « Au bord de l’eau », et « Le rêve dans le pavillon rouge ». Il décrit l'expédition en Inde, au VIIe siècle, du bonze Xuanzang (602-664) accompagné par le singe Sun Wukong, le cochon Zhu Bajie, et le bonze Shaseng

 

 

 

LA RECHERCHE D'UNE ARME A SA CONVENANCE

         

Parmi les innombrables aventures et péripéties contées dans cet ouvrage, celle qui nous occupe conte la recherche par Sun Wukong d’une arme à sa convenance. Sur les conseils des quatre vieux singes qui sont ses vénérables conseillers, il part rencontrer le roi-dragon de la mer orientale, selon ceux-ci ce roi détiendrait une arme en rapport avec sa force, Sun Wukong déclina successivement sabre, fourche à neufs dents, hallebarde, armes regardées comme trop légères pour cet immortel. Le roi-dragon restait sans voix et sans solutions face aux exigences de Sun Wukong. La situation se débloqua enfin lorsque la mère du roi-dragon se souvint qu’une masse de fer magique était entreposée parmi leur trésor, celle-ci avait servi à niveler la voie lactée, et Yu le grand ([1]) lui-même l’aurait utilisée afin de fixer le niveau des mers et des rivières, cette arme magique semblait destinée à régler les affaires du ciel et de la terre.

 

          Ce pilier de fer nommé « bâton magique à pommeaux d’or » avait la particularité de répondre aux requêtes de Sun Wukong, il obtenait à l’appel de sa voix une arme selon sa convenance adaptée au besoin du moment. Il pouvait ainsi la transformer en aiguille qu’il dissimulait derrière son oreille, ni vu ni connu, une arme terrible réduite à une simple aiguille inoffensive, quelle arme redoutable ! Quelle malice de notre roi-singe !

           

Cette aiguille au fond de la mer évoque donc l’arme fétiche de Sun Wukong. Il pouvait aussi  la transformer en redoutable masse atteignant en haut le trente-troisième ciel en en bas le  dix-huitième creux de l’enfer, il s’en servit à l’occasion d’argument de « poids » afin de se retirer lui-même du registre du roi des morts afin de pouvoir jouir sans limite de son immortalité, encore une de pitreries..

         Ces deux épisodes, l’entretien avec le roi-dragon et celui du registre, lui couta une convocation par l’empereur de jade, mais pour tout savoir sur la suite,  il vous faudra lire ces aventures dans le Xiyou ji !

 

 

LE MOUVEMENT "CHERCHER L'AIGUILLE AU FOND DE LA MER" (style Yangjia michuan taiji quan)

 

           La pique des doigts index et majeur réunis fait penser à une aiguille, le fait de lier deux doigts et de les diriger dans une direction précise exprime une concentration de l’énergie, on trouve cette position de doigts dans la plupart des techniques d’armes du taiji quan, dans la forme de l’épée cette position est considérée comme une deuxième épée, destinée à viser les points vitaux du corps.

          Dans le geste « chercher une aiguille au fond de la mer » cette pique des doigts vient appliquer une pression vers le coup de pied de l’adversaire. Le fait de baisser la main permet quant à elle une libération de saisie de la main ou du poignet.

        Le mouvement descendant symbolise la descente au fond  de la mer afin d’y ramener cette aiguille magique.

 

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A LIRE

Le singe pèlerin ou le pèlerinage d’Occident Wou Tch’eng-En

En BD Le voyage en Occident T1 la naissance du roi singe Chen Weidong et Peng Chao

et Le dieu singe volume 1 Morvan et Jian Yi

A VOIR

En DVD le royaume interdit de Rob Minkof 

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Sources photos

www.istockphoto.com

 

[1] Ancêtre de la culture chinoise, Da Yu fonda la dynastie Xia 2207-1766

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Animal symbolique de la saison de l'automne ; la grue blanche

4 Octobre 2022 , Rédigé par Thierry LAMBERT Publié dans #TAIJI QUAN ET SYMBOLISME

La grue blanche déploie ses ailes

      Le mouvement ; "La grue blanche déploie ses ailes" apparait à plusieurs reprises dans l'enchaînement du yangjia michuan tai ji quan. Celui-ci contient deux autres mouvements faisant référence aux oiseaux ; les mouvements,  "saisir la queue du moineau" et "le faisan doré se tient sur une patte".

          Voici l'explication symbolique que nous donne J.C. Cooper au sujet de la grue blanche [1] : « Par son plumage d'une immaculée blancheur, elle figure l'état paradisiaque d'innocence et de pureté et l'oiseau tout entier symbolise la transcendance, les pouvoirs célestes et la liberté de l'âme. Elle est notamment l'emblème de l'un des huit génies,  ou hommes immortels qui illustrent les divers aspects de la philosophie taoïste »  Elle sert de monture aux immortels dans leur ascension, en particulier à Lan Caihe (l'un des huit immortels taoïstes) qui disparut en prenant une grue comme monture. La couleur rouge sur sa tête est mis en relation avec le cinabre qui rentrait dans la composition des pilules d'immortalité de l' alchimie taoïste externe.

     D'autre part, la grue a inspiré une méthode de combat à une nonne bouddhiste ; Fang Chi Nian. Le volatile aurait tué d'un coup de bec un serpent qui menaçait la jeune femme. Force de constater qu’il s’agit exactement de l’histoire inverse  que celle de la création du tai ji quan où cette fois ce fut un serpent  qui gagna le combat contre une pie. Autre élément de comparaison avec la légende de la création du tai ji quan, c'est à travers les rêves que fit Fang Chi Nian suite à cet épisode qu'une grue lui transmit une partie de sa science du combat. C'est aussi dans un rêve que Xuandi (le guerrier sombre une divinité) aurait transmis la méthode interne du tai ji quan à Zhang San Feng créateur présumé du taiji quan.

      Le nom du mouvement "la grue blanche déploie ces ailes" fait certainement référence à l' école de la grue blanche. Si on admet la paternité du tai ji quan au clan Chen,  on ne peut oublier que le village du clan Chen (Chenjiagou) ne se trouve qu'à 50 km du monastère de Shaolin. On peut raisonnablement penser que le monastère ait eu une influence dans la région. Le fait de trouver trace d' une école dont la filiation se rattache au monastère de Shaolin dans l'enchaînement du tai ji quan ne nous étonne donc pas. Sur le rapprochement Shaolin et clan Chen, Wang Yen Nien a été catégorique sur ce sujet dans une conférence en 1999 à Chalonnes, il considère le tai ji quan du clan Chen comme appartenant au courant Shaolin. Pour lui le taiji quan ne serait né réellement que par l'influence de Yang Lu Chan (patriarche de l'école Yang du taiji quan)  suite aux transformations qu'il apporta aux techniques qu'il apprit auprès du clan Chen.

 

  Le wu qin xi ; les formes animales

 

          Certains auteurs considèrent le Wu Qin Xi (le jeu des cinq animaux du docteur Hua Tuo) comme à l'origine des styles zoomorphes issues du monastère de Shaolin, le Wu Qin Xi est composé de cinq exercices qui imitent les mouvements des animaux. Chaque animal est mis en relation avec  un élément ou mouvement de l'énergétique chinoise. La grue est associée à l'élément métal.

 

              WU QIN XI Synthèse de plusieurs écoles   

Elément bois

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Tigre  

 

 

 

Elément feu

 

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Léopard ou Dragon ou Serpent ou Cerf 

Elément terre

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Ours   

Elément métal

 

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Grue ou Cigogne ou Aigle 

 

Elément eau

 

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Singe 

 

   

La symbolique de la grue blanche

 

      Par extension, la grue est donc associée à la couleur blanche, à l'ouest, à l'automne, aux poumons, au gros intestin et au piquant. Cette théorie (les cinq éléments) sur laquelle se basent non seulement les arts martiaux mais aussi l'acupuncture, la cuisine, l'astrologie, etc.. ;  est apparue dans un traité le Hong Fan[2] communément appelé  "l'écriture ou  livre de Luo" que Yu le Grand  (2205 avJ.C) mit en forme suite à l'apparition d'une tortue sortant du fleuve Luo, celle-ci portait sur son dos un diagramme que Yu le Grand  interpréta.  M.Granet date le Hong Fan des premiers débuts de la littérature écrite[3]  Voici sous forme de tableau, ce premier écrit sur les cinq éléments, premier article de l'ensemble de neuf articles composant le Hong Fan destinés à expliquer les grandes lois de la société et les devoirs mutuels.

   

Eléments

Propriétés

Saveur

EAU

Mouille et descend

et devient salée

BOIS

Se laisse courber et redresser

Prend une saveur acide

FEU

Brûle et s'élève

Prend une saveur amère

TERRE

Reçoit la semence et donne les récoltes

Prend une saveur douce

METAL

Obéit à la main de l'ouvrier et prend différentes formes

Prend une saveur âcre

 

Une grue de métal à Penlan Morbihan

    
 
 
 
La grue blanche appartient également aux animaux de longévité, elle partage cette qualité avec la tortue, le cerf, et la chauve-souris... De nombreuses écoles de boxe chinoise se sont inspirées de l'observation des animaux afin de s'approprier les qualités de ceux-ci. Ce procédé provient de l'époque où l'homme vivait auprès des animaux ; par le biais de pratiques chamaniques, le sorcier (homme-médecine ou chaman) cherchait à rentrer en contact avec l'esprit de l'animal afin d'apporter protection au clan. Chaque clan avait son animal-totem.
 
 
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[1] P119 "La philosophie du Tao" J.C. Cooper

[2] p 196 "Chou King"  par S.Couvreur éd You Feng

[3] p494 "La pensée chinoise" M.Granet

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sources :

"Le magot de Chine" Situ Shuang éditions You-Feng

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Extrait d'une étude sur les animaux présents dans le grand enchaînement du style Yangjia michuan taiji quan. Les dragon, tigre, grue, moineau, serpent, cheval, coq d'or, singe vous sont présentés sous leur aspect symbolique. 

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