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ASSOCIATION LE BAMBOU

Articles avec #qu'est-ce que le tai ji quan (tai chi chuan) tag

SHI SAN SHI (13 postures) sens et divers éléments historiques

4 Octobre 2017 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE TAI JI QUAN (tai chi chuan)


Shi san shi
 ; définition et  étymologie

 





 SHI  

Dix

Symbole de l’étendue (deux dimensions) et des cinq points cardinaux ; Est, Ouest, Sud, Nord, et Centre. (Wieger 24)

Dix, dizaine, complet, entier, parfait, totalement, tout. (Ricci 4350)

 

Remarquons que l’idéogramme contient dans sa graphie les cinq directions, ceci a son importance pour la suite.

 

 SAN

Trois, triple (N.B. dans la numérologie chinoise, trois est le nombre des souffles qi à partir de quoi sont formés les 10 000 êtres) plusieurs, plusieurs fois (Ricci 4196)

 

Correspond aux énergies du ciel, de l’homme et la terre

 

SHI

Puissance (Wieger 71)

Shi est traduit le plus souvent par posture, pourtant si l’on veut exprimer précisément ce sens, il faudrait plutôt utiliser les deux caractères jia shi. Shi exprime plutôt une force, une puissance voir une expression énergétique.[1] Traduire shi par « posture » ne nous satisfait donc pas, nous rejoignons les traducteurs du livre  de maître Wang Yen Nien[2] lorsqu’ils ont proposé « 13 mouvements », afin de traduire shi san shi, nous retiendrons cette dernière proposition plutôt que celle de « 13 postures ». Il n’est pourtant pas aisé d’utiliser « 13 mouvements » comme traduction de shi san shi étant donné que la proposition de « 13 postures » semble avoir fait l’unanimité auprès des auteurs. Le plus souvent, nous utiliserons donc le chinois ou sinon nous indiquerons les deux propositions ainsi ; « 13 mouvements » ou « 13 postures ».

 

Le shi san shi ; forme originelle du taiji quan ?

 

Premières traces chez la famille Chen :

 

Dès le 17ème siècle, d’après la famille Chen, on trouve le caractère peng (une des huit techniques du taiji quan) dans un chant attribué à Chen Wangting (1600-1680) Suivant  le Chenshi quan xie pu [3](recueil de la boxe et des armes de la famille Chen) daté du 18ème siècle, le toutao quan (1er enchaînement de boxe) portait alors le nom de shi san shi.

Les auteurs T.Dufresne et J.Nguyen affirment que le taiji quan aurait subi l’influence de la boxe de Shaolin, la proximité du village de la famille Chen (Chenjiagou) avec le monastère leur laisse à penser que la boxe de Shaolin a largement influencé celle de la famille  Chen.[4] Ces mêmes auteurs[5] s’appuient aussi sur le fait que les techniques : Lu, Ji, An, Cai et Zhou [6] existaient dans le Shaolin ancien, ces gestes ne sont donc pas la seule propriété du taiji quan. Ils étaient largement répandus à travers la sphère d’influence du monastère.

L’influence de Shaolin s’étendait jusqu’à des régions éloignées, un enchaînement nommé également shi san shi était répandu dans la province du Fujian, il fut à l’origine d’un kata d’Okinawa, il prit alors le nom de seisan lorsqu’il fut adopté par des  maîtres de l’Okinawa té. Les trois sources du kata seisan [7]proviennent toutes de la région du Fujian dans le sud de la Chine proche de l’île d’Okinawa. On dénombre trois sources du kata seisan par ordre chronologique ; la première provient de Matsumura Sokon (1800-1896) qui créa le shuri-té, il fut l’élève à partir de 1830 de Iwa, expert en bai he quan[8] et d’Ason. La deuxième source provient de Higaonna Kanryo (1853-1916) qui fut l’élève de Ru Ru Ko  et de son assistant Iwa à partir de 1874 et ceci pendant une quinzaine d’années. Enfin la troisième source provient de Uechi Kanbun (1877-1948) fondateur du Uechi-ryu qui resta au Fujian de 1897 à 1910 et fut l’élève de Shushiwa [9](expert en pangai-noon) et de Go Kenki (expert en bai he quan) Parmi ceux à qui on attribue la transmission de seisan, nous trouvons trois maîtres du style bai he quan, cette école prend sa source au monastère de Shaolin, un moine Fang Zhong Gong (expert des 18 poings du Luohan) quitte le monastère de Shaolin au 18ème siècle [10]et se réfugie dans la province du Fujian dans un monastère qui prendra le nom de Shaolin du Sud. Ce fut sa fille  Fang Jin Jang qui  inventa le bai he quan à partir de l’enseignement de son père et de ces propres observations sur les méthodes de défense et d’attaque de la grue. Les caractéristiques de l’école ; main en crochet, positions sur une jambe, attaques sur genou et cheville se retrouvent dans les enchaînements du taiji quan.

Rien ne vient pourtant attester que le shi san shi de la région du Fujian et celui de la région du Henan (la région de la famille Chen)[11] soient identiques ou puissent être de la même source. Ils portent pourtant le même nom, ce qui nous laisse à penser qu’ils aient pu avoir des éléments communs. Quels pouvaient-ils être ? Certaines techniques contenues  dans la boxe Shaolin ? Le shi san shi ou des shi san shi semblent avoir appartenu à la tradition du courant Shaolin et cette tradition se serait transmise au village Chen mais aurait fait aussi son chemin jusqu’à Okinawa.

 

 

La découverte du quanpu, premiers écrits faisant référence au shi san shi

 

En 1852, Wu Cheng Qing (1802-1884), frère de Wu Yuxiang (1812-1880)[12] trouva deux textes  dans un dépôt de sel:

  • le yinfu qiang (la lance yinfu)
  • le quanpu (recueil de la boxe)

Dans ce dernier, se trouvait des textes attribués à Wang Zhong Yue, il les aurait écrits sous le règne de Qianlong (1736-1795), ceux-ci seraient directement inspirés des textes classiques, des annales historiques, du livre de l’empereur jaune, du Lao Zi et du Sun Zi. Le quanpu se constituait de plusieurs textes :

 

  • Le taiji quan lun (traité du taiji quan)[13]
  • Le shi san shi (13 mouvements ou 13 postures)
  • Le shi san shi xing gong xin jie (explications sur l’entraînement aux treize mouvements)
  • le da shou yao yin (mots importants de tui shou)
  • le da shou ge (chant du tui shou)

 

Si les tenants de l’école Yang reconnaissent en Wang Zhong Yue une de leurs influences majeures, ce n’est pas l’avis des membres de la famille Chen qui accorde à Wang Zhong Yue une place moindre allant même jusqu’à douter de son  existence. Cette découverte effectuée par un membre de la famille Wu, proche de la famille Yang,  a été fortement contestée. Les textes ont été considérés comme apocryphes, on a affirmé qu’ils avaient été écrits de la main même de Wu Yu Xiang, celui-ci cherchant à mettre en avant l’école Yang grâce à ces traités. La famille Chen avait de son côté compilé quelques textes consacrés au taiji quan (voir Taiji quan T.Dufresnes et J.Nguyen p25). Malgré ces dissensions entre écoles, Chen Xin (1849-1929) intégrera un peu plus tard, dans son Chen shi taiji quan tushuo écrit entre 1908 et 1919 des éléments provenant des textes attribués à Wang Zhong Yue.[14]

Les textes trouvés par Wu Cheng Qing sont aujourd’hui étudiés par l’ensemble des écoles de taiji quan, que ces textes aient été écrits de la main de Wang Zhong Yue ou bien par celle de Wu Yu Xiang conserve bien peu d’importance[15]au regard de l’immense apport que ces textes constituent pour la bonne compréhension des principes de la discipline.

 

 

 


[1] à ce sujet consultez les écrits de C.Jeanmougin ; Yangjia michuan taiji quan Tome 1 et Tome 2   

[2] C15 Yangjia michuan taiji quan 1993 Wang Yen Nien

[3] P 23 Taiji quan T.Dufresne et J.Nguyen Budostore

[4] Voir p 52 à 61 Taiji quan T.Dufresne et J.Nguyen Budostore

[5] P 63 Taiji quan T.Dufresne et J.Nguyen Budostore

[6] Elles appartiennent aux huit techniques du taiji quan

[7] d’après G. et R. Habersetzer voir Encyclopédie des arts martiaux d’Extrême-Orient

[8] Littéralement boxe de la grue blanche

[10] P 51 Encyclopédie des arts martiaux de l’extrême Orient G. et R. Habersetzer

[11] Le premier manuel décrivant les techniques de l’école Chen est celui  de Chen Xin (ou Chen Pinsan), il est daté de 1919, il  décrit le premier enchaînement de l’école Chen, celui-ci est divisé en 13 parties constituant les treize mouvements ou 13 postures, voir Despeux dans taiji quan art martial technique de longue vie p 217-266

[12] Créateur d’un style de taiji quan portant son nom, élève de Yang Lu Chan (1799-1872) et de Chen Qing Ping (1795-1869)

[13] Pour les adeptes du style Yang, il s’agit de la 1er mention du terme taiji quan

[14] P 21 Le taiji quan des origines J.Carmona. Ce texte de Chen Xin reprend également tout un ensemble de notions tel que le Wu Ji, le Taiji, le He tu, le Luo shu, les trigrammes, le San Cai, etc.…Une partie de l’ouvrage est consacré aux méridiens d’énergie.

[15] Nous avons pu remarqué que suivant les auteurs des livres que nous avons consultés que le traité du taiji quan pouvait être attribué aussi bien à Zhang Sanfeng qu’à Wang Zhong Yue, ou même à Wu Yuxiang.

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Historique et symbolique du shi san shi (13 postures)

7 Février 2015 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #QU'EST-CE QUE LE TAI JI QUAN (tai chi chuan)

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Quelle est la différence entre le tai ji quan et le qi gong ? 1

7 Septembre 2009 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE TAI JI QUAN (tai chi chuan), #QU'EST-CE QUE LE DAO YIN QI GONG

Il s'agit de la sempiternelle question posée par les personnes s'essayant pour la première fois aux techniques internes chinoises. Ces disciplines ne sont guère connues et  appellent beaucoup de questions de la part des nouveaux venus. Nous sommes donc souvent questionnés sur ce sujet, il n'est pas toujours facile d'y répondre en quelques mots ni même en quelques phrases, les techniques chinoises sont difficiles à étiqueter et c'est tant mieux, ceci prouve leur richesse. La question parait simple au premier abord, en fait elle devient redoutable si l'on veut y apporter une réponse viable, nous allons tenter d'y répondre le plus précisément possible.

 

 

  

QU'EST-CE QUE  LE QI GONG ?

 

 

Qi gong se compose de deux idéogrammes, le premier idéogramme  QI   se   traduit par :

  • Vapeur; exhalaison; fluide (phys., chim) Gaz

     

  • Air (atmosphérique)
  • Haleine; souffle
  • L'esprit, la vie qui anime le corps humain  
  • (Med. chin.) Esprits vitaux; fluides; humeurs  
  • (Philos).  De ZHU XI L'élément le plus subtil qui entre dans la composition de toutes choses.    (Ricci 485)

Suivant Wieger, il prend le sens de : air, gaz, vapeurs, esprits animaux, passions,  les deux principes, le destin (Wieger p849),

 

 Du point de vue étymologie, QI se compose de deux idéogrammes :

Le premier :

QI  Prend le sens de air, vapeur (Wieger p 849)

Ce sont des vapeurs qui montent de la terre et qui vont former dans le haut les couches de nuages.  (Wieger p241)

 

Le deuxième :

MI  signifie : Graines de céréales.

 

 

 

 

Le caractère figure quatre grains

 

 

 

dont   exprime la séparation par le battage

 

 

 Nous avons donc pour QI :

   

Vapeurs qui s'élèvent du

 

    grain cuit chaud  ((Wieger p 241)

 

 

  Nous trouvons pêle-mêle dans cette évocation du QI :

  • Des vapeurs qui s'élèvent jusqu'au ciel formant les nuages, ceci nous fait irrémédiablement penser au cycle de l'eau
  • La graine contient tous les potentiels, de l'unité (le grain)  vers la multitude (l'épi).

 

Le deuxième idéogramme GONG  se traduit par :

  • Oeuvre. Effet. Résultat. Mérite    (Ricci 2873)     
  • Oeuvre méritoire (Wieger p795)

 

 Il se décompose en deux idéogrammes, le premier :

 GONG  : c'est l'image de l'équerre antique. Par extension travail, oeuvre, agencement, objet en général. Car dit la glose l'équerre donne leurs figures à toutes choses : elle forme l'angle droit qui forme des carrés lesquels forment les cercles. (étymologie  Wieger 82)

  

Le deuxième :

LI  : le sens donne : force musculaire, vigueur, énergie physique, force, pouvoir, capacité puissance (Ricci 3006)

Etymologiquement nous trouvons : tendon ; par extension forces. Les deux lignes latérales et le trait transversal figurent la gaine. (Wieger p143)

 

 Nous trouvons donc associé à l'idéogramme GONG :

  • L'équerre, à l'origine de toutes les formes, carré ou cercle, yin ou yang
  • Le tendon, qui en se contractant met en mouvement.
  • force, énergie physique émanant de la fonction musculaire
  • La gaine du tendon, donc les fascias.

 

Voici quelques propositions de traduction pour QI GONG :

 

  • travail en relation avec l'énergie
  • travail du souffle ou  technique de souffle (en relation avec la vie, le mystère de la vie)
  • mise en mouvement des souffles
  • entretien des souffles ou des énergies

    

Le souffle ou les souffles se nuancent entre force et douceur, ciel et terre, yin et yang, espace et temps, inspiration et expiration. Si la traduction de gong en travail semble convenir, gardons à l'idée le temps passé à cette oeuvre ainsi que le mérite obtenu par ce travail. Seule la persévérance apporte des fruits, c'est valable aussi en qi gong. La proposition de travail du souffle pour qi gong pourrait convenir à un bon nombre de disciplines puisqu'à partir du moment où on développe une activité, on agit sur l'énergie, le souffle. Des précisions s'imposent, nous allons voir que le qi gong se conjugue au pluriel.

 

  

LES QI GONG

 

  

Plutôt que de parler du qi gong, parlons plutôt des qi gong, ils forment des courants, auxquels sont rattachées des écoles ; l'ensemble de ces courants constitue un foisonnement de pratiques quelquefois dissemblables. Le tableau ci-dessous nous procure une vue d'ensemble de ces pratiques.

  

 

 

 Le souci de classification peut nous amener à différencier les formes :

 de nei gong  

 

 

 

(littéralement travail interne) appelés aussi  nei jia ou   styles souples

 

 

et les formes de wai gong

 

 

 

 

  (littéralement travail externe) appelés également wai jia ou aussi styles durs.

 

 

Les formes de  nei gong se pratiquent avec peu de dépense énergétique, alors que les formes de wai gong sollicitent plus fortement le corps. Qualifier des formes de nei gong  revient à les associer au fait que dans le passé les moines taoïstes ne quittaient pas leur famille et pouvaient rester à l'intérieur de celle-ci, de plus la pensée taoïste est d'origine chinoise, donc interne à la Chine. Qualifier des formes de wai gong revient à les associer à la pensée du Bouddha, forme de pensée dont l'origine est extérieure à la Chine et dont les adeptes quittaient leur famille et vivaient donc en dehors de celle-ci. Les nei gong se pratiquent sans utilisation de force musculaire, la force dite « interne »  (le qi)  est développée à partir de l'abdomen, elle circule ensuite dans le reste du corps, ceci à travers des exercices de méditation et des formes en mouvement. Dans les formes de wai gong, l'accent est mis sur la structure corporelle (muscles/tendons/os) à travers des exercices sollicitant fortement le corps. Dans les écoles martiales, certains exercices vont jusqu'à chercher à renforcer le corps afin de le rendre insensible aux coups portés.

 

Associer le nei gong aux techniques issues du courant taoïste  et le wai gong aux techniques d'origine bouddhiste n'est pourtant pas tout à fait juste étant donné que l'on peut trouver des formes de nei gong et des formes de wai gong dans une même école. Dans le style Yangjia michuan

l'enchaînement du taiji quan est associé à une technique respiratoire appelée Tu Na issue des techniques de nei gong. Ceci permet ici d'unir l'interne (la respiration) et l'externe (les mouvements du taiji quan) Dans la tradition de l'école CHEN, style de taiji quan considéré comme fondateur des styles de taiji quan, nous trouvons pourtant des dénominations de mouvements faisant référence au bouddhisme. Voici ces noms de mouvements appartenant aux enchaînements de cette école ; « Jingang martèle » et « tourner le corps et balayer le lotus » Ce fait n'est pas réservé à l'école CHEN puisque nous trouvons également des noms de mouvements faisant référence au bouddhisme dans les enchaînements du style yangjia michuan. Paradoxalement c'est dans deux enchaînements d'épée inspirés par le mont Wudang, haut lieu du taoïsme et les monts Kunlun que l'on peut trouver le mouvement « l'enfant vénère le Bouddha » Ces deux exemples concernant le style yangjia michuan et l'école CHEN nous montre qu'il n'est pas possible d'enfermer les techniques chinoises dans des catégories rigides. Plus de détails sur les différentes appellations ou dénominations du qi gong, cliquez ci-dessous.

http://corps-souffle-dao.over-blog.com/2013/10/glossaire-des-termes-désignant-les-exercices-de-santé-chinois-aujourd’hui-sous-l’appellation-qi-gong.html

 

 

 QI GONG MARTIAL/ QI GONG DE SANTE

 

L'enseignement des arts martiaux chinois prend en compte ces deux composantes ; l'aspect martial et l'aspect santé, nous trouvons dans ces écoles des exercices codifiés appelés dao ou duan constitués de gestes précis dont les applications peuvent servir au combat. Ces écoles traditionnelles de gong fu wu shu dont fait partie le taiji quan utilisent des exercices préparatoires spécifiques à leurs écoles respectives, ceci  afin de préparer le corps et l'esprit à la pratique des enchaînements. Ces exercices portent des noms différents suivants les écoles : ji ben dong zuo, ou bien dao yin qi gong, ou même zhan zhuang gong ; La tendance moderne est d'abandonner ces exercices traditionnels au profit de pratiques influencées par les méthodes occidentales (stretching, musculation, etc.). Pourtant certaines de ces formes traditionnelles possèdent encore un grand renom auprès des pratiquants, elles sont souvent qualifiées de « classiques », ce sont les Ba Duan Jin, Yi Jin Jing, Zhan Zhuang Gong comme la posture de l'arbre, ou Wu Qing Xi, etc... Chacune de ces formes est rattachée à une personnalité majeure des arts et techniques chinoises ; au général YUE FEI pour le Ba Duan Jin, à BODDHIDHARMA pour le Yi Jin Jing, à WANG ZHANG ZAI pour le Zhan Zhuang, et enfin au docteur HUA TUO pour le Wu Qin Xi, ce dernier étant considéré comme l'origine des arts martiaux chinois du courant Shaolin. Ces pratiques sont également appelées exercices de santé chinois, gymnastiques traditionnelles chinoises, yogas chinois, gymnastiques taoïstes, yogas taoïste, maîtrise de l'énergie, techniques psychosomatique, maîtrise du souffle et le plus souvent tout simplement qi gong ! Ils forment maintenant une discipline à part entière, même s'ils continuent à servir de formes préparatoires dans les écoles martiales.

 

 QI GONG ET PHILOSOPHIE

 

          Les qi gong s'inspirent des règles fondamentales provenant de la théorie de l'énergétique chinoise exposée dans le Nei Jing Su Wen,  texte daté de 4000 ans avant J.C. Ce texte continue encore à notre époque à guider les acupuncteurs et médecins traditionnels. La théorie de l'énergétique chinoise a été fondée suite à l'observation de la nature, de l'étude du macrocosme et du microcosme. Elle est le résultat d'études empiriques qui ont prouvé par les résultats obtenus leur bon sens et leur efficacité. Le monde asiatique se soigne pour en grande partie avec ces méthodes traditionnelles (massages, pharmacopée, acupuncture, pratiques de santé) tout en faisant aussi confiance aux méthodes occidentales. Les qi gong ne sont pourtant pas la panacée La grande partie de ces exercices sont avant tout des pratiques d'entretien de la santé et pour certains aussi des méthodes d'auto défense. Le Nei jing su wen n'est pas le seul texte qui a pu inspirer la discipline ; les classiques comme le Dao De Jing de Lao Zi, le Zhuang Zi, le Lie Zi, le Yi Jing pour ne citer que les plus importants décrivent des pratiques permettant de conserver son énergie vitale. Voici quelques exemples de ce que l'on peut trouver au hasard de ces lectures.  

Zhuang Zi (369-286 avJ-C) s'exprime ainsi dans son chapitre XV : »...qui expire et aspire en soufflant fort et en soufflant faible, qui crache l'air vicié et absorbe l'air frais, qui se suspend comme un ours et s'étire comme l'oiseau, celui-là ne recherche que la longévité. Tel est l'idéal de ceux qui veulent nourrir leur corps en l'étendant et en le contractant. Peng-tsou en fournit le meilleur exemple. » Les annales des Hans postérieurs (25-220apJC) relatent que le docteur Hua Tuo  (111-208) aurait créé une série de mouvements imitant des animaux appelée le Wu Qin Xi (le jeu des cinq animaux) Dans cet extrait de sa biographie, Hua Tuo s'adresse à son disciple Wu Pu : « Le corps a besoin de mouvements modérés. En le remuant et le balançant de droite et de gauche, le souffle issu des céréales est convenablement réparti et assimilé. Le sang circule bien, et les maladies ne peuvent pas naître. Il en est du corps humain comme du gond d'une porte qui ne rouille jamais. C'est pourquoi les taoïstes pratiquaient des mouvements gymniques (dao yin) Ils imitaient les mouvements de l'ours, faisaient mouvoir toutes les articulations et les passes du corps afin d'éviter le vieillissement. J'ai moi-même une technique appelée jeu des cinq animaux (wu qin xi) c'est-à-dire le tigre, le cerf, l'ours, le singe et l'oiseau. Elle permet d'éliminer les maladies de d'accroître le bon fonctionnement des membres inférieurs. Dès qu'un désordre est ressenti dans le corps, il convient d'exécuter le jeu d'un animal jusqu'à transpiration. Si l'on transpire beaucoup, il convient de s'enduire le corps de poudre. Après cela, le corps devient léger, vigoureux et l'appétit revient »

 

 

QI GONG ET MEDECINE

 

 Les recherches des médecins comme Hua Tuo,  Ge Hong ou Sun Si Mao et bien d'autres ont ouvré pour la reconnaissance des qi gong pour leur utilisation médicale afin de guérir troubles ou maladies. A l'époque des Tang (618-907) Sun Si Miao fit inclure certaines pratiques taoïstes dans l'enseignement des facultés de médecine. Certains qi gong font partie de l'arsenal thérapeutique du médecin chinois au même titre que la diététique, les massages, l'acupuncture, la pharmacopée. A notre époque la situation perdure et certains exercices servent dans les hôpitaux ou cliniques chinoises à soutenir les malades dans leur processus de guérison. Par contre depuis l'instauration du régime communiste, ils ont été débarrassés de leur gangue culturelle ou philosophique. Le taoïsme, le bouddhisme ou le confucianisme ne font pas bon ménage avec l'idéologie communiste.

Sur le sujet de l'utilisation du qi gong comme moyen thérapeutique, écoutons C.Despeux « L'emploi thérapeutique du terme date seulement de 1936, un certain Dong Hao publie à Hangshou un ouvrage intitulé Thérapeutique spécifique pour la tuberculose ; le qi gong. En décembre 1955, le ministère chinois de la santé reconnaît officiellement l'intérêt thérapeutique du qi gong et encourage sa pratique » 

 

 

 LE DAO YIN QI GONG : DEFINITION

 

DAO  (Ricci 4767)  Route, voie, chemin, voie à suivre, principe, règle, droite raison, règle des actions humaines, doctrine, moyen, méthode, procédé, conduire, diriger, gouverner.

Le Ricci propose aussi une définition philosophique du terme :

 « La réalité et le mouvement spontané de ce qui existe (la voie qui ne peut être appréhendée par l'esprit discursif, est manifeste dans le devenir naturel et s'impose à l'homme en le rendant à lui-même) »

C'est peu dire du « chemin » à parcourir pour un esprit cartésien afin d'approcher cet aspect philosophique.

 

Etymologiquement, le caractère se compose

marcher pas à pas (Wieger 112 E)

Le caractère ancien représente trois pas.

 

 La tête ornée d'une chevelure (Wieger 160 A)

  

     Selon Anne Cheng, chaque courant de pensée chinois possède son Dao, le monopole du concept n'appartient donc pas au courant taoïste. La voie pour les confucéens consiste à faire régner le Ren (caractère signifiant homme composé du caractère homme et de celui signifiant deux, l'homme devient humain que dans sa relation avec autrui) Les moïstes cherchent l'intérêt du plus grand monde tandis que les légistes veulent imposer la même loi à tous. Pour les taoïstes dont Lao Zi et Zhuang Zi, ils appellent à être à l'écoute du Dao en pratiquant le wu wei (le non agir) Le non agir c'est ce que Lao Zi appelle l'agir sans traces car celui qui sait marcher ne laisse pas de traces.

 

  YIN  (Ricci 5778)

  

  • Tirer
  • Entraîner
  • Attirer
  • Allécher
  • induire à
  • guider
  • conduire
  • introduire

 

A YIN DAO nous trouvons :

  • Mener
  • Guider
  • Diriger
  • gymnastique pour parvenir à l'immortalité.

 

     Il s'agit sans conteste d'un programme beaucoup plus ambitieux que celui de se maintenir simplement en bonne santé. L'immortalité ou la recherche de la longévité a été une des grandes préoccupations des taoïstes.

 

 

YIN étymologiquement se décompose en deux images :

tirer à soi

 la corde   d'un arc  (Wieger 87)

 

  

ceci prenant le sens de :

  • attirer à soi
  • conduire
  • induire
  • séduire

      Les dao yin demeurent comme l'ensemble des arts martiaux traditionnels chinois des applications de la philosophie.

 

 

« Au début est l'action » affirme

WANG YANG MING

 

Xing Yi se traduit par « agir est facile »

 

 

     Ces  méthodes privilégient l'action, on serait tenter de leur donner l'appellation de philosophie d'action, l'esprit et le corps agissant de concert (la tête ornée d''une chevelure marche pas à pas) Cette action s'exprime pourtant à travers un paradoxe ; le wu wei, le non agir,  l'agir sans l'agir ;  ce wu wei à l'origine est né d'une réponse à la force, à la violence des périodes troublée de la Chine antique. Ce même  idéal se retrouve dans les termes gong fu (habileté dans le travail) et wu shu (s'opposer à la violence) Les pratiques visent à l'obtention du Zi Ran ; la spontanéité ou le naturel. L'idéogramme Zi représente le nez humain, il prend le  sens de point de départ, origine, commencement, évolution, succession puisque le nez est d'après l'embryologie chinoise le commencement de l'homme, le pivot de sa genèse. (Wieger 159) Pour parvenir au Zi Ran, il s'agit de retourner à l'origine, à l'origine de soi, à l'origine du monde. Le retour est le mouvement du Dao.

  

 Il a pris le sens de :  travail, labeur, temps mis à une oeuvre (Wieger p815)

 

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Quelle est la différence entre le tai ji quan et le qi gong ? 2

7 Septembre 2009 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE TAI JI QUAN (tai chi chuan)

 LES TAIJI QUAN ou TAI CHI CHUAN

 

Pour le taiji quan aussi, il semble difficile de parler de taiji quan au singulier sans simplification abusive, ils se présentent sous des formes assez différentes les unes des autres regroupées en styles ou écoles. Quelques précisions sur l’école et le style s’imposent, on peut faire du tai chi, pendant que d’autres  pratiquent le taiji quan ou le tai chi chuan, certains étudient le style YANG du taiji quan, alors que d’autres s’intéressent au yangjia michuan taiji quan (école secrète de la famille YANG) pendant qu’un certain nombre s’initie au style CHEN.  Tout ceci n’est qu’une affaire de mots, nous dira t’on, pourtant cela recouvre des pratiques assez dissemblables bien qu’elles possèdent en commun des principes théoriques écrits par les grandes figures de la discipline. Pour le candide, toutes ces formes semblent se ressembler, pour un regard averti ce ne sont pourtant pas la même chose.

Paradoxalement on peut trouver des ressemblances entre les formes enseignées dans le style yangjia michuan, école de taiji quan et les formes issues du Ling Bao Ming et du xing yi quan de l’école San Yiquan. Le tableau ci-dessous montre les similitudes entre quelques exercices des formes préparatoires des deux écoles, on peut noter aussi une posture essentielle identique, la posture appelée « San Ti » de l’école San Yiquan et le premier geste du grand enchaînement du style yangjia michuan appelé « dévier la main vers le bas »

 

 

TABLEAU COMPARATIF

  

YANGJIA MICHUAN

YI YIN FA du  LING BAO MING  

FRAPPER AVEC LE TALON PUIS ETIRER LA JAMBE

OUVRIR LE CORPS

FLEXION AVANT DU CORPS

ENROULER ET DEROULER LE RACHIS

PRENDRE LE TIGRE DANS SES BRAS ET LE RAMENER DANS LA MONTAGNE

REMPLIR LA FACE VIDER LE DOS

POSITION D’ENRACINEMENT

TRAVAIL ENERGETIQUE SUR LES CINQ PALAIS

 

 

 ECHANGE ENTRE ZHANG QINLIN

ET WANG ZHANG ZAI ?

 

Il est difficile de mesurer ces échanges qui ont pu s’effectués entre ces deux écoles. Rappelons que WANG ZHANG ZAI a été l’élève de ZHANG QINLIN et cela uniquement en technique de tui shou. Il possédait à l’époque une grande valeur martiale et visitait les maîtres renommés de l’époque.

 

Ces deux écoles ont également ceci en commun, c’est la bascule antéropostérieure du bassin à travers les mouvements des formes préparatoires (ji ben dong zuo pour le style yangjia michuan et yi yin fa et dao yin qi gong pour l’école San Yiquan) et aussi  à travers les mouvements des formes martiales (style yangjia michuan taiji quan et xing yi quan du style spontané de l’école San Yiquan). Le style yangjia michuan se distingue des autres styles de taiji quan par cette particularité.

 

 

LE QI GONG ET LA TAIJI QUAN AUJOURD'HUI

 

 

     Les qi gong et arts martiaux chinois sont maintenant implantés dans la majorité des pays, les bouleversements politiques anciens et récents ont provoqués l’expansion de ces techniques à travers l’Asie, l’Amérique et enfin L’Europe. De pratiques confidentielles réservées à la famille, elles sont devenues pour certaines de véritables organisations regroupant de nombreux pratiquants, elles favorisent des échanges entre les pratiquants de tous horizons, de toutes origines, et de toutes nationalités. On peut regretter la volonté actuelle de vouloir transformer ces techniques en pratiques sportives compétitives. Elles sont pour encore de nombreux pratiquants un espace de liberté favorisant comme l’indique la tradition

 

«respect et prospérité mutuelle»

 

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Sources :

Caractères chinois WIEGER

Chi kung la maîtrise de l’énergie interne   R.HABERSETZER

Dictionnaire français de la langue chinoise Institut Ricci

Ji ben dong zuo exercices de base Yangjia michuan C.JEANMOUGIN

Histoire de la pensée chinoise A.CHENG

Histoire 1 à 10 Fascicules de l’ Ecole Française de Taiji quan G.CHARLES

Huit exercices simples de qigong pour votre santé  Dr YANG JWING-MING

Traité d’énergie vitale G.CHARLES

Hsing I chuan G.CHARLES

Yangjia michuan taiji quan volume 1 WANG YEN NIEN

 

Les appellations des mouvements sont tirés de Yangjia michuan taiji quan vol 1 WangYen Nien

Les appellations des mouvements sont tirés de  daoyin fa qigong Jean-Luc Saby  livre1 et 2

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Interview C.Jeanmougin 29/01/06

29 Décembre 2006 , Rédigé par C.Jeanmougin Publié dans #Questions sur la pratique, #QU'EST-CE QUE LE TAI JI QUAN (tai chi chuan)

 

  

 

1er question :

Par rapport à ce principe :   

Qi yi zhi yang er wu tai   

Le qi doit nourrit directement et ne pas nuire 

Peux-tu nous éclairer sur ce sujet ?  

  

Réponse : 

Le Qi ne doit pas être une nuisance, on ne doit pas se disperser, il faut que le Yi, la pensée orientée soit la plus entière possible. Le Yi est une pensée chargée d’intention .

Exemple : L’exemple d’une nuisance pourrait être le fait de pratiquer un exercice qui tonifie un organe, alors que celui-ci est en plénitude, dans ce cas le qi peut nuire.

 

   

2ème question :

Trois étapes semblent s’échelonner par rapport au relâchement (song jing)  

1 les deux bras sont relâchés 

2 la taille est relâchée 

3 le corps entier est relâché  

Faut-il forcement suivre cet ordre afin d’appliquer le principe de relâchement ? 

 

Réponse :

 Non il n’y a pas de hiérarchie. Il ne faut pas dissocier Song jing du Ziran (la spontanéité) Le relâchement est un relâchement naturel spontané, il ne faut pas se transformer en une chiffe molle mais garder une certaine tonicité.

Dans l’émission de l’énergie, on relâche la taille, les épaules, les coudes, les poignets. Sachant que les bras et les jambes se relient ainsi : hanches/épaules, coudes/genoux, poignets/chevilles.

 

Le relâchement est centrifuge : mental, taille, colonne, épaule, coude, main. Et il a une action centripète : tu prends le chemin inverse pour revenir au mental qui se calme petit à petit. Comme tu le vois la pensée est fondamentale.

 

 L’entraînement c’est le travail des gammes, lorsque ce travail est fait, la pensée peut se libérer… Je dirais que la pensée est alors libérée et peut être orientée à d’autres fins. 

Fait à Blainville /orne le 29/01/06 

 

 

 

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le style Yangjia michuan taiji quan

24 Septembre 2006 , Rédigé par T.lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE TAI JI QUAN (tai chi chuan)

  

 

     Yangjia michuan taiji quan  se traduit par : taiji quan de la transmission secrète de la famille Yang. A notre époque, on ne peut plus parler de transmission secrète étant donné le nombre grandissant de pratiquants de ce style. Dans le passé, les secrets d'écoles étaient gardés précieusement, beaucoup de maîtres d'arts martiaux faisaient métier de leur art en garantissant la sécurité de marchandises ou de personnes. Aujourd'hui, selon Wang Yen Nien, le seul secret réside dans la pratique et uniquement dans  la pratique.

 

      Le style du yangjia michuan se caractérise par des postures peu écartées qui permettent une grande mobilité (Zhang Qinlin était un petit gabarit,  Wang Yen Nien l'était également)

      La forme se compose d'une alternance de mouvements ouverts et fermés associés à la technique respiratoire Tu Na (littéralement rejeter, prendre) Les mouvements fermés sont associés à la phase inspiratoire Xi (l'inspiration s'effectue par le nez), les mouvements ouverts sont associés à la phase expiratoire Hu (l'expiration s'effectue par la bouche) Ce type de respiration fait effet de nettoyage, c'est la respiration dîte de printemps.

 

     Dans les mouvements fermés la forme corporelle est ramassée, le corps se remplit d'énergie. Dans les mouvements ouverts, la forme corporelle s'étend, l'énergie est libérée.

  

 
L'enchaînement des gestes s'effectue  sans rupture ni  accélération comme "si l'on dévidait un fil de soie" (ni trop lentement, ni trop rapidement) . L'éxécution du grand enchaînement (Chang quan)  dans sa totalité nécessite  un peu plus d'une heure.  Ce style a la praticularité de proposer une systême complet comprenant des exercices de base, un enchaînement de base (13 mouvements ou 13 postures), une longue forme, des enchaînements d'armes (éventail, épée, perche) du tui shou (poussée des mains) et des Yong Fa (étude des applications martiales)

 

 

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