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ASSOCIATION LE BAMBOU

Articles avec #lexique tag

Le WU QIN XI Du Docteur Hua Tuo

26 Juillet 2017 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #LEXIQUE

« Quant au médecin Hoâ-t’ouo, qui finit centenaire vers l’an 220 de l’ère chrétienne, sa biographie est répétée deux fois dans l’Histoire. Il éclipsa l’ancien Piên-ts’iao. Il eut certainement connaissance de procédés exotiques, indiens, peut-être grecs. Il pratiquait l’acupuncture, appliquait des moxas, faisait des incisions hardies, après avoir préalablement narcotisé le patient au moyen d’une infusion de chanvre (chanvre indien, haschisch). Il tirait ainsi toutes les humeurs peccantes ; extrayait, rafistolait, rinçait les viscères ; recousait et appliquait une pommade merveilleuse, qui ressoudait les lèvres de l’incision en cinq jours de temps. L’histoire raconte en détail les plus abracadabrants de ses diagnostics. Il faisait vomir à ses malades, pour leur consolation, des couleuvres, des poissons, des insectes ; ce qui donne à penser qu’il était prestidigitateur, et suggestionnait les névrosés, tout comme nos aliénistes modernes. »

Extrait des TEXTES HISTORIQUES
Histoire politique de la Chine
TOME II
Léon WIEGER S. J.

Les annales des Hans postérieurs (25-220apJC) relatent que le docteur Hua Tuo  (111-208) aurait créé une série de mouvements imitant des animaux appelée le Wu Qin Xi (jeu des cinq animaux) Dans cet extrait de sa biographie, Hua Tuo s'adresse à son disciple Wu Pu :

 

« Le corps a besoin de mouvements modérés. En le remuant et le balançant de droite et de gauche, le souffle issu des céréales est convenablement réparti et assimilé. Le sang circule bien, et les maladies ne peuvent pas naître. Il en est du corps humain comme du gond d'une porte qui ne rouille jamais. C'est pourquoi les taoïstes pratiquaient des mouvements gymniques (dao yin) Ils imitaient les mouvements de l'ours, faisaient mouvoir toutes les articulations et les passes du corps afin d'éviter le vieillissement. J'ai moi-même une technique appelée jeu des cinq animaux (wu qin xi) c'est-à-dire le tigre, le cerf, l'ours, le singe et l'oiseau. Elle permet d'éliminer les maladies et  d'accroître le bon fonctionnement des membres inférieurs. Dès qu'un désordre est ressenti dans le corps, il convient d'exécuter le jeu d'un animal jusqu'à transpiration. Si l'on transpire beaucoup, il convient de s'enduire le corps de poudre. Après cela, le corps devient léger, vigoureux et l'appétit revient »

 

WU QIN XI  Synthèse de plusieurs écoles

BOIS

FEU

TERRE

METAL

EAU

Tigre

Léopard ou Dragon ou Serpent ou Cerf

Ours

Grue ou Cigogne ou Aigle

Singe

 

 

 

 

 

 

WU

 

Les deux principes yin et yang, produisant les cinq agents, entre le ciel et la terre

(Wieger 39)

 

 

 

 

Caractères anciens

 

Cinq ; signe numérique. Cinq agents naturels  (quatre bras et le centre)[1]

 

 

On ajouta deux traits, pour figurer le ciel et la terre

 

 

 

Remarquons l’influence des cinq agents ou cinq mouvements  au vu de l’importante liste en rapport avec les cinq éléments, excusez du peu, (voir Ricci 5559) :

 

  • Les cinq vertus
  • Les cinq dynasties
  • Les cinq préceptes bouddhistes
  • Les cinq livres classiques ; Yi Jing, livre des Odes, Canon des documents, Mémoires sur les rites, Chronique de la principauté de Lu.
  • Les cinq souillures (bouddhisme)
  • Les cinq animaux domestiques
  • Les cinq viscères
  • Les cinq points cardinaux
  • Les cinq classes de deuil
  • Les cinq bonheurs
  • Les cinq peines
  • Les cinq planètes
  • Les cinq éléments
  • Les cinq lacs et les quatre mers
  • Les cinq céréales
  • Les cinq douleurs
  • Les cinq relations sociales
  • Les cinq péchés (bouddhisme)
  • Les cinq couleurs
  • Les cinq notes
  • Les cinq pouvoirs surnaturels (bouddhisme)
  • Les cinq saveurs
  • Les cinq désirs (bouddhisme)
  • Les cinq pics

 

 

 

 

 

 

QIN

 

Animaux sauvages

 Oiseaux ; volatiles

 

(Wieger 23) 

Arrêter ; saisir, capturer

(Ricci 954)

QIN

SHOU

 

oiseaux et quadrupèdes (animaux)

(Wieger 23)

 

 

 

 

Xi  

 

jouer

 

(Ricci 1791

 

 

 

 

 

 

[1] On peut le voir également comme une figure représentant  un observateur placé au centre, regardant devant soi, derrière, sur sa gauche et sur sa  droite.

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Yang Sheng ; nourrir la vie

10 Mars 2016 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #LEXIQUE

LES ORIGINES

 

Bien avant notre ère, en Chine, les phénomènes énergétiques furent mis à jour et étudiés. Des sages et des médecins [1] emprunt de taoïsme cherchèrent à optimiser ces échanges grâce à des exercices combinant postures, mobilisations, massages, techniques respiratoires et induction mentale. S’appuyant sur ces méthodes, on peut distinguer deux grands courants[2] se définissant ainsi :

 

 

  • Le premier relevant de yang sheng (se maintenir en bonne santé, nourrir en soi le principe vital, Ricci 5652)
  • Le second de chang cheng (longue vie, longévité, immortalité, vie éternelle, Ricci 213)

Il semble difficile de savoir laquelle de ces sources a pu être prédominante, elles ont quelquefois emprunté le même chemin. Nous nous attacherons plus particulièrement ici à définir l’expression yang sheng.

YANG SHENG ; IMAGES ET SENS

L’étude de l’idéogramme yang fait apparaître la notion de nutrition.

Yang 

Ricci (5652) nourrir, élever, engendrer, enfanter, éduquer, former, cultiver.

La partie inférieure du caractère est l’abréviation classique du caractère Xiang qui signifie grain cuit, ce caractère contient plusieurs images ; un récipient, son contenu et une cuillère (voir Wieger 26 M)

Sheng 

Ricci (4331) Se produire, naître, se former, croître, mettre au monde, engendrer, enfanter, produire, susciter mais aussi naturel, non éduqué, brut…

Wieger (79 F) plante qui s’élève de plus en plus.

Le pictogramme sheng symbolise le végétal, vecteur de croissance et de vie, son tracé représente une plante sortant de terre ; ces petites pousses d’un vert vif que l’on voit apparaître dès que le temps s’adoucit. C’est dans le même temps l’émerveillement d’une naissance et la surprise d’une renaissance. Cette pousse contient tout un potentiel ; développement, épanouissement, et décrépitude ; vie, mort, et renaissance. Ce cycle vital s’exprime en énergétique chinoise à travers le cycle sheng dans lequel les cinq mouvements encore appelés « éléments » s’engendrent suivant cet ordre ; le bois nourrit ou engendre le feu, le feu nourrit la terre, la terre engendre ou contient le métal, le métal engendre l’eau, l’eau engendre le bois. Le tableau qui suit résume les âges de la vie et leurs rapports avec ces mouvements énergétiques [3]

 AGES DE LA VIE ET MOUVEMENTS ENERGETIQUES

 

 

MOUVEMENTS

ENERGETIQUES

 

 

PERIODES DE LA VIE

 

CARACTERISTIQUES

BOIS

ENFANCE/ADOLESCENCE

NAISSANCE/CROISSANCE

FEU

ADULTE

CULMINATION DES FORCES

TERRE

MATURITE

EPANOUISSEMENT HARMONIEUX DE TOUS LES POTENTIELS

METAL

VIELLESSE

RECOLTE DES ACTES PASSES DECROISSANCE DES FORCES PERTE DES DYNAMISMES RETOUR SUR SOI

EAU

MORT

CONSERVATION STAGNATION DECREPITUDE EXTINCTION

 

Pour un individu, yang sheng signifie, nourrir son potentiel vital tout au long des étapes de sa vie. Les pratiques qui se rapportent à yang sheng pourront prendre des formes et des intensités différentes suivant les personnes, selon leur âge, leur condition physique, leur goût, l’environnement social etc. Il peut donc être bon d’avoir recours à un bilan énergétique personnalisé.

Daruma (en japonais) Guanyin (en chinois) Musée G.Labit Toulouse

IMMORTALITE ET SANTE

 

Chang sheng était en relation avec l’alchimie corporelle taoïste qui se composait de techniques respiratoires et de techniques sexuelles destinées à créer un « être » immortel. Celle longue vie ou cette vie éternelle désirée était le but des adeptes de la doctrine taoïste. yang sheng semblait constituer une première étape pour celui qui était tenté par l’immortalité, cette voie nécessitait tout d’abord d’être en bonne santé. Les formes modernes de qi gong auraient été directement inspirées de ces antiques méthodes. Pour C.Despeux, le qi gong serait l’appellation moderne de yang sheng, il est probable que l’entrée dans le monde moderne a participé à ce processus de mise en oubli, notons qu’on peut pourtant trouver actuellement cette expression associée à un exercice ou à une école de qi gong[4]

 

L’UNITE CORPS/ESPRIT

 

Yang sheng ne se résume pourtant pas à quelques exercices gymniques, les textes du taoïsme et de la tradition médicale chinoise décrivent principes et méthodes de bien-être et de longévité. Le plus connu des écrits en matière médicale, le nei jing su wen comprend dans son premier chapitre intitulé « Vérité sur les anciens »[5] la description par Qi Bo (conseiller de l’empereur Huang Di) des règles de vie des anciens. Ceux-ci vivaient jusqu’à plus de cent ans[6], mais déjà à l’époque de Huang Di [7], la plus part des hommes ne respectaient plus ces préceptes et se contentaient par voie de conséquence d’une vie plus courte. Voici un extrait de ce premier chapitre :

 

« Les hommes de jadis

Etaient des sages qui obéissaient au Tao,                                                        

La loi universelle du Yin-Yang

Seule règle de vie possible.

Ils buvaient et mangeaient modérément,

Se couchaient et se levaient à des heures régulières,

Vivaient sans désordre et sans perturbations,

Ils avaient la notion des relations

Entre le corps et l’esprit

Et remplissaient parfaitement la durée de vie »

 

 

La totalité du chapitre 1 et en partie les suivants s’étendent sur ces sages et sur leurs usages en matière de règles de vie. Celles-ci inspirent toujours actuellement des auteurs tel que Liu Zhengcai qui dans un ouvrage consacré[8] aux secrets de la longévité délivre ses conseils avisés ;

 

L’obéissance à la loi du yin –yang (suivre le rythme des saisons)

Pratiquer en douceur le shu shu (gymnastique psychosomatique)

S’alimenter avec retenue

Mener une vie régulière

Ménager les énergies vitales

Vivre en joyeuse compagnie

Pratiquer la vertu

Pratiquer la sagesse.

 

Ces deux textes se ressemblent en tous points, ils démontrent l’énorme impact du nei jing sur la chine actuelle. Les conseils qui en émanent, expriment un certain « bon sens » certainement assez proche de nos anciens (ceux de nos campagnes). Si ceux-ci ne connaissaient pas le yin-yang, ils vivaient pourtant bien en fonction des saisons et de la nature. Soulignons la sagacité des chinois d’avoir su conserver ces recettes de santé malgré l’influence du progrès et de la science[9]. Celles-ci dépassent les simples notions d’entretien et d’hygiène corporelle, si nous avons pu au début de ce texte parler de l’influence du taoïsme, ici celle du confucianisme est présente, savoir entretenir des bonnes relations avec sa famille et son entourage appartient aux règles de maître Kong (Confucius), voici un extrait de la pensée du maître[10]

« Un jeune homme dans la maison, doit aimer et respecter ses parents. Hors de la maison, il doit respecter ceux qui sont plus âgés et d’un rang plus élevé que lui. Il doit être attentif et dans ses paroles ; aimer tout le monde, mais se lier plus étroitement avec les hommes d’humanité. Ces devoirs remplis, s’il lui reste du temps et des forces, qu’il les emploie à l’étude des lettres et des arts libéraux »[11]

Cette harmonie entre les êtres était partagée par d’autres, selon Wu Pu, disciple du célèbre médecin Sun Si Miao, il suffisait afin de vivre longtemps, de bannir le gain, la débauche, l’avidité, les excès de table, la déloyauté et la jalousie.

La médecine chinoise considère deux sources de troubles, les uns d’origine externe, les autres d’origine interne. Les maladies externes sont occasionnées par des agents extérieurs, tels les virus par exemple tandis que les maladies internes sont engendrées par nos propres émotions et sentiments, les dérèglements émotionnels influeraient sur la circulation du sang et de l’énergie, d’où l’importance donnée au développement à la gestion des sentiments et au développement des qualités morales.

Nourrir la vie c’est donner des nourritures variées et adaptées au corps et à l’esprit et ceci en fonction de son activité, de son âge, et de ses goûts. Mais c’est bien plus que l’obtention d’une paix ou d’une harmonie intérieure que l’on pourrait qualifier d’égoïste s’il n’y avait pas également la recherche de relations harmonieuses avec les autres.

__________________________________________________

[1] Un certain nombre de taoïstes furent des médecins influents tels Ge Hong, Hua Tuo ou Sun Si Miao

[2] D’autres pratiques se sont développés parallèlement à ces deux courants ; parmi elles les pratiques familiales, les pratiques issues du bouddhisme, et aussi les écoles martiales

[3] Voir p 139-147 J.M Eyssalet les cinq chemins du clair et de l’obscur Guy Trédaniel Editeur

[4] Dao yin yang sheng gong de Zhang Guangde

[5] P 29 Nei Tching Sou Wen traduit du chinois par J.A. Lavier PARDES

[6] C’est aussi la préoccupation de notre époque, les centenaires sont plus nombreux, les conditions de vie et d’hygiène y contribuent certainement.

[7] 2697 avant J.C.

[8] Liu Zhengcai les secrets de la longévité Editions en langues étrangères Beijing

[9] Les progrès de la science contribuent également dans une certaine mesure à augmenter la longévité, la médecine chinoise moderne a su conserver les méthodes traditionnelles de soins. Celles-ci cohabitent avec les méthodes les plus modernes.

[10] Chapitre premier Entretien du maître avec ses disciples traduction S.Couvreur Mille et une nuits

[11] Selon Confucius, les arts libéraux étaient au nombre de six ; les rîtes et la musique, l’écriture et la science des nombres, la conduite du char et le tir à l’arc.

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