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ASSOCIATION LE BAMBOU HEROUVILLE SAINT-CLAIR (PRES DE CAEN) CALVADOS NORMANDIE

lexique

Ma bu ; posture du cavalier ou pas du cheval

21 Août 2023 , Rédigé par Thierry Lambert Publié dans #LEXIQUE

 

馬步Ma bu  Communément traduit par « posture du cavalier » ou «  pas du cheval ».

 

Pourtant le caractère bu signifie marcher, faire un pas[1], il  traduit donc un mouvement et non pas une posture fixe, ne perdons pas un seul instant que toute posture appartient à un ensemble dynamique, ceci a son importance.

 

 

Description succincte de la posture :

 

           Les pieds sont parallèles, les genoux se portant à l’aplomb des orteils, pour cela il faut ouvrir les entrecuisses (les kuas), la tendance de l’articulation du genou[2] du fait de sa forme provoque lorsque les genoux fléchissent une tendance à l’en-dedans, nous pouvons remarquer ceci chez tous les débutants.

 

           Le coccyx se porte vers l’avant, la tendance générale du corps est la rectitude.

 

           Conserver le maximum d’appui des pieds au sol. Chercher à descendre le centre de gravité situé un peu en dessous du nombril (dantian inférieur, ou bien hara) Porter votre attention vers  le centre du corps et les pieds.

 

           Dans les formes de qi gong où cette posture est maintenue dans une optique de santé, il est préconisé de rester le poids du corps également réparti entre les deux pieds. Nous avons pu remarquer dans l’exercice du tir à l’arc (du ba duan jin) que la plupart des débutants portaient spontanément le poids de leur corps dans une seule jambe lorsqu’ils cherchaient « à tirer » dans une direction, ainsi ils ne tombaient pas dans le piège de la « double lourdeur », défaut sans cesse mis en exergue dans la tradition du taiji quan, ils expriment ainsi de manière naturelle l’action du vide et du plein  (lorsque l’action est dans la main droite, la jambe gauche est pleine).

 

         Le maintien prolongé ne peut se réaliser sans risque pour la structure qu'après une longue pratique associée à une écoute attentive du corps. On peut parler de "petit cavalier" dans les formes dite internes comme certaines formes de taiji quan et de "grand cavalier" dans le gong fu wu shu, la largeur de l'écart entre les deux pieds et la posture plus ou moins basse en constituront les différences. A chacun de choisir la "monture" qui lui convient..

 

 

Effets de la posture du point de vue énergétique[3] :

 

  •            Actions sur les points jing (extrémités des orteils et points yong quan sous la plante des pieds)

 

  •            Action sur les points yuan situés aux alentours des chevilles, points en liaison avec yuan qi (énergie originelle) stockée dans les reins

 

  •            Action sur le dantian (l’énergie revient au dantian)

 

  •         Nourrit le yin, tonifie les reins, harmonise l’estomac, renforce la rate, fait circuler le foie et la VB

 

Remarques à usage des débutants

 

 

           Adopter un écart entre les deux pieds en accord avec vos possibilités du moment.

 

Comment réaliser son écart de pieds ?

 

         Fléchissez le corps  en portant le poids du corps dans une jambe "l'idée de remplir la jambe", ensuite déplacer le pied vide sur le côté sans que le corps ne se déplace d’aucune sorte, le poids reste dans la jambe d'appui (cette condition a son importance) l’espace entre les deux pieds sera conditionné par votre possibilité de relâchement, de descente vers la terre.

 

 

         Le poids du corps est également réparti entre les deux pieds, cette posture favorise une certaine stabilité.

 

           Du point de vue de la flexion des genoux (laisser aux tendons et aux muscles le temps de se renforcer) Adopter donc une légère flexion des genoux.

 

           Chercher à acquérir le maximum de contact des pieds au sol et non pas seulement au niveau des tranchants externe des pieds, le poids du corps vient vers la racine des talons, la racine du talon se situant sous l’articulation de la cheville, le poids du corps se répartissant vers toute la surface du pied.

 

           Plier la taille en se relâchant (l’ensemble bassin/colonne/hanches)

 

           Conserver le dos droit, si notre intention est de rechercher le minimum d’effort, équilibrer la position du corps entre l’avant et l’arrière, la gauche et la droite, le haut et le bas, l’intérieur et l’extérieur

 

           Le regard se porte à l’horizon, le regard conditionne l’équilibre en liaison avec l’oreille interne et les mécanorécepteurs.

 

           Conserver les pieds parallèles possède son importance vis à vis de l’action sur les points yuan. Se positionner avec les pointes des pieds ouvertes vers l’extérieur peut satisfaire le pratiquant vis-à-vis du confort ainsi obtenu, par contre cette position n’engage pas d’action sur les muscles des jambes et les méridiens. Ne pas hésiter à diminuer la distance entre les deux pieds afin de pouvoir maintenir les deux pieds parallèles et ainsi bénéficier du maximum d’effet relatif à cette posture.

 

 

 

Exercice 

 

 

Cette posture est souvent mise en relation avec l’élément terre selon la théorie des cinq éléments de l'énergétique chinoise. Afin de confirmer cette affirmation, restez un temps relativement long dans la posture ma bu puis relevez-vous, observez les sensations relevées aux zones les plus sollicitées par cet exercice et reliez-les avec les trajets des méridiens.

 

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[1] Wieger 112 G

[2] Du fait de la petitesse du condyle interne du genou par rapport au condyle externe

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Quelques précisions sur le placement du bassin, des hanches et des fémurs

Prêtez-vous à cet exercice, placez-vous debout, pieds parallèles, écartés de la largeur des épaules et posez l'extrémité de vos doigts sur les faces externes des fémurs, précisément sur les grands trochanters, vous pouvez les sentir sous vos doigts sur les côtés externes des fémurs à hauteur de votre pubis, voici ci-dessous un croquis pour vous guider, sinon placez-vous allongé sur le sol sur le côté, l'endroit sensible sur le côté externe du fémur c'est le grand trochanter

Cherchez à mettre les fémurs en rotation externe, lorsque vous y arrivez, vous pouvez observer les grands trochanters se déplacer vers l'arrière, en même temps que la rotation externe des fémurs, vous pouvez également remarquer une mise en rétroversion du bassin et une flexion des genoux dans la continuité, la région des aines (les kuas) "s'ouvre". Chercher dans cette action le moins d'effort possible, les actions musculaires proviennent des muscles profonds de la hanche (les pelvi-trochantériens), chercher ainsi ce mouvement dans la profondeur du bassin. Le fait d'amener les fémurs en rotation externe favorise le positionnement adéquat pour "s'asseoir" comme on le dit quelquefois.
Un peu plus bas vous trouverez deux articles, l'un sur le kuas consécutif à un stage de Claudy Jeanmougin sur le sujet, et un autre sur Yao (la taille) bonne lecture..

 

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Les six accords

17 Août 2023 , Rédigé par Thierry Lambert Publié dans #LEXIQUE

 

Les trois conformités de l'intérieur

Le cœur avec le Yi (esprit, intention)

Le Yi avec le Qi (énergie, souffle)

Le Qi avec le Li (force)

Les trois conformités de l'extérieur

Les épaules avec les cuisses (hanches)

Les coudes avec les genoux

Les mains avec les pieds

Les six accords ou six coordinations serait issus d'un texte de Yue Fei (1)  celui-ci aurait été retrouvé par Jiji Ke créateur du style xing yi liu he quan ; les six harmonies avec le cœur (2)

 

 

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Ces principes sont mis en exergue aussi dans la tradition du taiji quan, voici à une petite nuance près la proposition de Chen Changxing (1771-1883) maître de l'école Chen (3)

 

Les trois coordinations internes

le cœur (xin) avec le Yi (intention)

le souffle (qi) avec la force (li)

les muscles avec les os

Les trois coordinations externes

la main avec le pied

le coude avec le genou

les épaules avec l'entrecuisse

Ces principes sont souvent cités dans tous les styles de taiji quan, ces principes s'enracinent dans la tradition des écoles chinoises dites internes.

 

 

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(1) créateur présumé du xing yi quan, on lui attribue également le style de l'aigle ainsi que les huit trésors

(2) voir p 108 Ta Tcheng Chuan Ming Shan

(3) p 108 Le taiji quan des origines Wang Bo

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Source photo : pixabay.com

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DAO YIN : SENS ET IMAGES

19 Juillet 2023 , Rédigé par Thierry Lambert Publié dans #LEXIQUE

Cet article est reposté depuis corps-souffle-dao.com.

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Gun le bâton

1 Avril 2023 , Rédigé par Thierry Lambert Publié dans #LEXIQUE

GUN le bâton chinois

 

 

 

 

 

 

 

 

Bois ou métal

          Le bâton (gun 棍 ou   tiao et aussi zi)  dans l'ouest et le nord de la Chine était généralement choisi en bois dur (bouleau ou chêne) afin de lui donner plus de résistance on le plongeait dans de l’huile. Quelquefois le métal était préféré au bois pour sa solidité ; laiton ou fer, la barre était soit pleine soit creuse. La barre pleine constituait une arme lourde tandis que celle en creux du fait de sa légèreté permettait davantage de vitesse, ces deux types de bâtons en métal résistaient aux armes blanches

 

Longueur et épaisseur

          La condition de la meilleure prise en main de l’arme était que le pouce et l'index de son porteur se touchaient autour du bâton.

          La longueur de l’arme était différente au nord et au sud du pays.

  • Au nord de la Chine la longueur idéale du bâton était mesurée ainsi ;  talon du bâton au sol, bras étendu vers le haut, la pointe du bâton atteignait le poignet. 
  • Au sud du pays la mesure idéale était que la pointe du bâton atteigne la hauteur du sourcil du pratiquant, ce fait a donné le nom à un enchaînement (dao) de bâton très répandu appelé qi     mei   gun (littéralement bâton hauteur sourcil)

 

Quelques particularités

 

il existe trois types populaires de longs bâtons :

 

  • le premier et le plus courant consistait en une tige droite en un seul morceau
  • le deuxième type dénommé shui huo gun   (bâton eau et feu) possédait  des capuchons métalliques qui couvraient les deux extrémités de la tige, pourtant aucune de ces extrémités n'étaient tranchantes.
  • le troisième type appelé gun  qiang (lance-bâton) avait la particularité de posséder une extrémité conique dont la fonction était de percer.

     

 

 

 

 

 

 

 

 

La première des armes ?

          Les bâtons longs datent d'au moins la période de Huang di [1](2697-2599) le père de la culture chinoise au néolithique et probablement plus tôt au paléolithique supérieur (25.000-10.000) l’homme à cette époque utilisait déjà des outils, ces mêmes outils pouvaient se transformés en armes contre un animal pour la chasse ou un autre être humain pour la guerre.

         

 

C'est l'une des armes les plus pratiques et les plus faciles à utiliser de longs morceaux de bois peuvent être prélevés dans la nature toute proche. les chinois utilisaient certainement des armes plus primitives que celles-ci avant l'avènement de la langue pour les décrire les chinois préhistoriques comme d'autres sociétés ont probablement utilisé les bâtons et les pierres qui gisaient autour d’eux afin de capturer un animal ou de neutraliser un assaillant.

 

 

 

Les techniques

 

          Les techniques les plus courantes du bâton sont :

lou (le brossage)

sao (le balayage)

pi (la frappe)

liao (pousser vers le haut à travers l'entrejambe de l'adversaire)

           Le fait que les mains puissent glisser sur l’arme permet de vastes possibilités de techniques utilisant l’une ou l’autre des extrémités ceci rend le long bâton très vivant.

 

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Sources:

Ancient chinese weapons Dr Yang, Jwing-Ming

Dictionnaire français de la langue chinoise Ricci

La naissance du symbole Myriam Philibert

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[1] Remarque c’est un fait courant en Chine d’associer un personnage marquant à une technique, un enchaînement et ici à un objet.

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