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ASSOCIATION LE BAMBOU

Articles récents

Répondre à la question pourquoi commencer par le côté gauche n'est certes pas une chose aisée, nous avons pourtant tenté de la faire !

26 Avril 2018 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE DAO YIN QI GONG

Question :

Pourquoi commence t’on généralement les exercices et les enchaînements par le côté gauche ?

 

En voici une réponse :

C’est certainement un peu court de répondre que cela vient du fait que le côté gauche est considéré comme yang, donc propice au mouvement. Cette réponse suscite automatiquement une autre question ; pourquoi le yang est à gauche ? Des précisions s’imposent, commençons par un tableau représentant la vision chinoise antique de l’homme et de l’espace.

 

          Tout d’abord je soumets à votre réflexion cette définition de l’idéogramme Chi et cet extrait de "l’histoire de taoïsme" d’I. Robinet au sujet du Yi Jing.

  

 Faire un pas en avant du pied gauche Sens étendu, marcher

(Wieger 63 A)

 

« En tant qu’unité, le Yang commence toute identité, tout individu commence par l’Un, par un principe de continuité, d’identité à soi même en s’opposant à l’autre, le différent, qui le délimite ? C’est pourquoi le Yin parachève »

             L’homme occupe une position centrale face à la lumière du soleil, le dos vers l’obscurité. Cette représentation spatiale a donné naissance par association (voir tableau ci-dessous) à d’autres représentations, cette fois-ci de l’espace-temps. Ce fut l’utilisation du gnomon (bâton planté verticalement dans le sol) permettant l’observation de l’ombre projetée sur le sol qui a mis en évidence la course du soleil. position-observateur.JPGL’ombre du gnomon était différente suivant les saisons et suivant les périodes de la journée. Prenons connaissance du tableau ci-dessous pour les associations entre directions, saisons et périodes de la journée. 

DIRECTIONS

EST

SUD

CENTRE

OUEST

NORD

SAISONS

PRINTEMPS

ETE

5ème SAISON

AUTOMNE

HIVER

PERIODES

DE LA JOURNEE

MATIN

MIDI

APRES-MIDI

SOIREE

NUIT

  

  representation-des-saisons-chinoises-copie-1.JPG representation chinoise des périodes de la journee

  Les saisons, le jour et la nuit s’enchaînent selon un mouvement continu, ceci a pu être une des influences du diagramme du Yin-Yang

  « Les deux principes ou aspects contrastés et opposés de l’unique réalité cosmique dont l’alternance et l’union dans la nature et dans chacun des êtres constituent la réalité comme le devenir de tout ce qui existe » (1)le-yin-yang-copie-1.JPG

 

  

L’idéogramme Yang ideogramme yangreprésente le versant  ensoleillé (versant sud) d’une montagne située au nord d’une rivière 

L’idéogramme Yin ideogramme-yin.JPGadret-et-ubac.JPGreprésente l’ubac abrité du soleil (versant nord) d’une montagne située au sud d’une rivière

 

          Le symbole du Yin-Yang peut s’associer aux représentations de l’espace et du temps. En ajoutant au Yin-Yang les directions cardinales est, sud, ouest, nord, notre observateur se retrouve placé au milieu du yin-yang. Cela nous donne ceci   

representation-spatiale-et-yin-yang.JPGNous remarquons que le côté gauche du personnage est du côté yang du diagramme ; le blanc symbolisant le yang, le noir symbolisant le yin. L’homme placé ainsi voit donc le soleil se lever sur sa gauche, pour ensuite face à lui s’élever jusqu’au zénith. Sur le côté droit le soleil décline jusqu’à son coucher.

 

          Pour revenir à la question initiale, résumons le rapport du Yin-Yang et du corps humain 

YIN

YANG

DROITE

GAUCHE

BAS

HAUT

INTERIEUR

EXTERIEUR

FACE

DOS

 

          Il faut bien avoir à l’esprit qu’une chose est yin ou yang suivant la position qu’elle occupe par rapport  à son élément de comparaison. Par exemple, la tête est plus yang que le tronc qui est lui-même plus yang que l’abdomen.

              Si le mouvement est plutôt associé au yang, ceci explique que ce soit la jambe gauche qui se met en mouvement au début de l’enchaînement du tai ji quan (par exemple dans le style yangjia michuan) ou dans certaines formes de qi gong.

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(1) Ricci p 1096

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Sources : 

Histoire de la pensée chinoise A.Cheng

Histoire du taoïsme I.Robinet

La chronobiologie chinoise Faubert et Crépon

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TAIJI QUAN ET COMPETITION

22 Avril 2018 , Rédigé par lebambou Publié dans #QU'EST-CE QUE LE TAI JI QUAN (tai chi chuan)

         

De plus en plus de compétitions de taiji quan ont lieu que ce soit au niveau national organisées par la fédération de notre beau pays qu'au niveau mondial ; à Taiwan et aussi en Chine Populaire 

          Vous pouvez consulter le numéro 54 du bulletin de l'Amicale  du Yangjia michuan taiji quan ( le n°70 dans la médiathèque du Bambou). Vous y trouverez des articles très variés sur le sujet signés entre autres par C.Bernapel, S.Dreyer et H.Marest

           Sur le site Yen-Nien Daoguan,  vous trouvez également deux textes sur le tui shou de maître Wang Yen Nien mis à disposition des étudiants en taiji  l'un sur les points importants du tui shou,  l'autre sur sa conception de l'art martial et du tui shou en particulier, des leçons de maître.... 

cliquez pour lire l'article sur sa conception de l'art martial

cliquez pour lire les concepts et techniques de tui shou selon Wang Yen Nien

Nous vous laissons à vos réflexions, n'hésitez pas à ajouter vos commentaires...

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REFLEXIONS SUR L’EVOLUTION ET LES CONDITIONS DE TRANSMISSION DU TAI JI QUAN (TAI CHI CHUAN)

20 Avril 2018 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE TAI JI QUAN (tai chi chuan)

 

          Les conditions de transmission des formes de taiji quan sont souvent illustrées par des histoires ou anecdotes plus ou moins véridiques, la réalité était certainement d’une tout autre nature. Si l’histoire n’a retenu le plus souvent que quelques dates et événements de la vie des maîtres de la première moitié du 20ème siècle, leurs histoires personnelles ont été profondément marquées par les événements sociaux et politiques de cette période ; guerre des boxeurs, début de la république chinoise, guerre sino-japonaise, guerre frâticide entre nationalistes et communistes, et instauration du régime communiste en 1949.

 

La  première moitié du 20ème siècle fut très troublée, les auteurs de la transformation d’un art de combat comme le taiji quan en un art exprimant la paix et l’harmonie, proposèrent un modèle ou des modèles de gestuelles ritualisées propre à apporter calme et paix à leurs adeptes[1] ; peut-être que ces formes lentes de taiji quan ont été la réponse à un monde et à des événements troublés.

 

            Certains de ces maîtres ont vu beaucoup de malheurs et de tristesse autour d’eux, ces circonstances ont forgé dans leur esprit la volonté de donner le plus possible au plus grand nombre par le biais des bienfaits que l’on pouvait retirer de la pratique du taiji quan. Malgré les remous liés à la transformation radicale de la société chinoise, ces maîtres n’ont pas compté leurs efforts pour développer et promouvoir cet art, pour cela ils demeurent un exemple d’abnégation et de volonté inébranlable. S’ils sont devenus maintenant des figures emblématiques, ils ont payé de leurs efforts et de leurs constances ces places d’honneur. Leurs histoires personnelles sont marquées par le fait que ce qu’il leur a été donné l’a été au prix de gros efforts. En voici quelques exemples, Yang Jian Hou (1839-1917) aurait été soumis à un entraînement tellement intense qu’il se serait enfui de la maison familiale afin d’y échapper. Soulignons qu’à son tour,  il aurait fait subir un même traitement à ses enfants, c’est pour cette raison que Yang Chengfu (1883-1936) aurait quitté le clan ne supportant plus les conditions d'entraînement. Il fallait posséder des capacités physiques et mentales hors du commun pour absorber les méthodes d’entraînement ayant cours dans ces familles dont un grand nombre de leurs représentants faisaient des arts martiaux leur profession. L’honneur et la réputation du clan familial conditionnaient cette éducation de fer.

 

Selon Wang Yen Nien, Zhang Qinlin (1888-1967) a semblé ne jamais faillir, il possédait des capacités exceptionnelles qui lui ont permis de « supporter » la pression de l’entraînement auquel il était soumis. C’est sans doute ces qualités qui lui ont permis d’être accepté au sein de la famille  Yang au point que Yang Jian Hou l’ait choisi lui plutôt qu’un de ses fils, afin de lui transmettre la méthode familiale[2]. Zhang Qinlin a eu ces mêmes exigences envers Wang Yen Nien puisque selon lui, il fut soumis à quelques six heures d’entraînement par jour pendant ces cinq années de formation auprès de Zhang. Au vu de ces considérations, on ne peut guère comparer la pratique actuelle de taiji quan avec ce qui se passait au sein des familles ou clans de cette époque. Les enjeux, les motivations, les habitudes de vie, la vie politique du pays ont conditionné la pratique et l’enseignement de cette époque. Il était exigé aux disciples une implication totale ainsi qu’un dévouement absolu à leur maître. En échange de cet enseignement, le disciple ou élève se devait de donner à son maître et à sa famille tout ce dont il avait besoin. C’est ainsi que Zhang a travaillé comme serviteur chez les Yang et recevait en échange l’enseignement destiné aux « extérieurs » [3]de la famille. Wang Yen Nien pendant son apprentissage auprès de Zhang Qinlin s’occupa des besoins de celui-ci et aussi de ceux de la femme et de la fille de Zhang. A cette époque, certains maîtres ne s’entouraient que d’un ou de quelques disciples, ceci suffisait à leur garantir un niveau de vie confortable.

 

 

 

Sources :

http://aymta.org/home/resources/journal.html

http://www.grtc.org/articles/index.html

 

 

[1] Il s’agit du même phénomène qu’au Japon, où les écoles martiales sont devenues pour certaines des Do (voie) dépassant l’aspect guerrier originel

[2] La raison habituellement invoquée est le fait que Zhang ait remporté le duel qui l’opposa à Wang Laisheng qui défia la famille Yang en l’occurrence Yang Chengfu.

[3] Forme en 81 mouvements

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REFLEXIONS SUR L' AUTHENTICITE DU STYLE YANGJIA MICHUAN TAIJI QUAN (suite)

17 Avril 2018 , Rédigé par Thierry Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE TAI JI QUAN (tai chi chuan)

Une courte vidéo nous permet de découvrir Niu Chunming exécutant des extraits de son style de taiji quan où on peut remarquer les gestes zou et kao. La différence avec le style Yangjia michuan  est dans le coup de coude qui est seulement appliqué avec un seul bras, l'autre main ne venant pas appuyer sur le poing fermé.
A voir une vidéo ci-dessous

Sur les rapports de Niu Chunming et le style yangjia michuan, relisez cet article en cliquant ici


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REFLEXIONS SUR L' AUTHENTICITE DU STYLE YANGJIA MICHUAN TAIJI QUAN

15 Avril 2018 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE TAI JI QUAN (tai chi chuan)

Le style yangjia michuan est quelquefois contesté sur son rattachement au style yang étant donné ces caractéristiques en regard de celles des style yang  qui se reconnaissent de l’enseignement de Yang Chen Fu (1883-1936).[1]

Ces différences d’ailleurs assez prononcées font dire aux détracteurs du style yangjia michuan que ce dernier ne peut provenir de la famille Yang ceci en s’appuyant sur le fait que même les formes développées ultérieurement par ceux qui ont étudié  chez les Yang possèdent les caractéristiques de la forme Yang Chen Fu même s‘ils ont pu apporté quelques modifications personnelles à l’enchaînement initial.

 

Un article écrit par Su Wenyan  dans un bulletin de l’Amicale du yangjia michuan taiji quan [2]vient à l’encontre de ces affirmations en montrant que la forme transmise par Zhang Qinlin à Wang Yen Nien possède quelques similitudes avec la forme développée par l’un des plus  anciens élèves de la famille Yang du début du 20ème siècle ; Niu Chunming (1881-1961). Cet article révèle que le livre « Niu Chunming’s Taijiquan » publié en 1998 montre des photos de Niu Chunming [3]exécutant les gestes Zhou (coup de coude) et Kao (coup d’épaule) de façon presque identique à l’exécution de ces mêmes gestes durant l’enchaînement du yangjia michuan taiji quan.[4]  

 

Voir ci-contre les gestes zhou et kao

    Niu  Chunming d’après Su Wenyan a été un élève de Yang Jian Hou dès 1902  et aurait bénéficié d’enseignement particulier en récompense de sa constance, il suivit ensuite l’enseignement de Yang Chen Fu. Zhang Qinlin entra au service de la famille Yang à cette même époque et fut aussi un élève de Yang Chen Fu, on sait que d’après Wang Yen Nien il reçut ensuite un enseignement particulier émanant de Yang Jian Hou à partir de 1914.[5]

Il est intéressant d’observer que dans une forme développée par un ancien élève de la famille Yang, on puisse trouver deux gestes similaires à des gestes du style yangjia michuan, d’autre part on ne trouve pas de gestes exprimant clairement zhou et kao dans la forme en 108 mouvements de Yang Chen Fu. Le style yangjia michuan n’est donc pas le seul style qui ne possède pas les mêmes caractéristiques que celles des formes yang modernes, les particularités du style yangjia michuan ne peuvent donc pas aller contre le fait qu’elle puisse provenir d’un fonds ancien de la famille Yang.

 

Comme le fait remarquer Su Wenyan en fin de son article et nous partageons son avis, ces remarques ne viennent pas affirmer qu’un style est meilleur qu’un autre ou qu’une école est meilleure qu’une autre ou qu’un maître est meilleur qu’un autre, ceci serait un total manque de respect et ce n’est pas notre intention.  Ces remarques veulent amener à une réflexion large sur les formes et leurs transformations ou évolutions ainsi que sur les innombrables échanges qui se sont opérés entre les pratiquants, les styles et les écoles d’arts martiaux chinois. A notre époque de simplification du taiji quan, on a vu apparaître de nombreuses formes courtes et peut-être d’autres sont à venir, il est important de se pencher sur les formes plus anciennes des différentes écoles et styles et d’apprécier à leur juste valeur ces legs du passé.

 

 

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Sources : 

Bulletin de l’Amicale du Yangjia michuan taiji quan n° 44

Yangjia michuan taiji quan  par Wang yen Nien

http://aymta.org/home/resources/journal.html

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[1] Fils de Yang Jian Hou (1839-1917) et créateur de l’enchaînement en 108 mouvements dans les années 1920-1930 à partir de l’enseignement familial, il était destiné à contribuer à l’amélioration de la santé des chinois.

[2] Page 13 à 18 Bulletin de l’Amicale du Yangjia michuan taiji quan n° 44 novembre 2003

[3] Page 20 Niu Xialing et al. Niu Chunming Taiji quan Zhejiang Kexue Jishu Chuban She, 1998

[4] Photos 68 à 70 dans « Yangjia michuan taiji quan » par Wang Yen Nien

[5] Si cet enseignement a été qualifié de « transmission secrète » ceci provient du fait que Yang Jian Hou enseigna à Zhang Qinlin aux heures les plus secrètes de la nuit (de trois heures à cinq heures du matin)

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Taiji Yangsheng Zhang

4 Avril 2018 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #VIDEOS : dao yin qi gong

Taiji Yangsheng Zhang

Directement inspirée par les "illustrations du daoyin" révélées à Mawandhui, aussi par les documents antiques du dao yin, et par les techniques du taiji bang (petit bâton)

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