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HISTORIQUE du taiji quan

Mercredi 27 septembre 2006 3 27 /09 /2006 19:41

 

  

 

  

 

   

 WANG  YEN NIEN attribue l’origine du taiji quan aux principes de Laozi exprimés dans le Dao De Jing (le classique de la voie et de la vertu) ; « Pour atteindre le plus haut degré de souplesse, concentrez votre souffle » Il nous a semblé important de livrer à votre réflexion quelques autres  pensées attribuées au vieux maître  (Laozi)

  

 

Chapitre X

 

 «  L’âme spirituelle doit commander l’âme sensitive.

 

 Si l’homme conserve l’unité, elles pourront rester indissolubles

 

 S’il dompte sa force vitale et la rend extrêmement souple, il pourra être comme un nouveau-né… »

   Peinture de S.Girard  

  

Chapitre XXVI

 

 «  Le grave est la racine du léger ; le calme est le maître du mouvement »

 

  

Chapitre XLV

 

  « Le mouvement triomphe du froid ; le repos triomphe de la chaleur »

 

 

Chapitre LXXVI

 

 « Quand l’homme vient au monde, il est souple et faible ; quand il meurt, il est roide et fort . Quand les arbres et les plantes naissent, ils sont souples et tendres ; quand ils meurent, ils sont secs et arides.
La roideur et la force sont les compagnes de la mort ; la souplesse et la faiblesse sont les compagnes de la vie ».

 

 

Chapitre LXXVIII

  « Parmi toutes les choses du monde, il n’en est point de plus molle et plus faible que l’eau, et cependant, pour briser ce qui est dur et fort, rien ne peut l’emporter sur elle.
Pour cela rien ne peut remplacer l’eau.
Ce qui est faible triomphe de ce qui est fort ; ce qui est mou triomphe de ce qui est dur .
Dans le monde, il n’a personne qui ne connaisse (cette vérité), mais personne ne peut la mettre en pratique… » 

 

                 A partir de cette influence majeure, l’art martial du taiji quan a pris forme, modelé par de nombreux personnages pour enfin parvenir jusqu’à nous, le tableau ci-dessous présente les grandes figures à l’origine du taiji quan de l'école Yang.

       

 

 

 

 Sources :

 

LAO-TSEU TAO TE KING  Mille et une nuits traduction Stanislas Julien

Yangjia michuan taiji quan Wang Yen Nien tome 2           

 

 

 

Par T.lambert - Publié dans : HISTORIQUE du taiji quan
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Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /2006 20:16

 

 XU XUANPING ET LI DAOZI

 

 

Peu de choses nous sont parvenues sur la vie des  prédécesseurs de ZHANG SANFENG. Sous les Tang, deux personnages auraient vécu pourtant une vie bien singulière. XU XUANPING aurait mené une érémitique dans les monts Chengyang. Un poème lui est pourtant attribué :

 

" Dès l'aube, je porte des fagots pour les vendre.
 
Au crépuscule, ivre je m'en retourne,
 Si on me demande où je demeure, 
  je traverse les nuages et me cache dans la verdure "

   ( dans Despeux taijiquan art martial technique de longue vie p 21)

  

XU XUANPING rejoint ici la tradition des poètes chinois, amoureux de la montagne, des cieux, de la nature, et du vin...tel LI BAI (LI PO 701-762) On entend comme en écho au poème de XU XUANPING celui de LI BAI ;

"Vaine visite au moine taoïste du Tai-T'ien Chan"

 

" Un aboi de chien dans le bruit de l'eau.

Après la pluie, la fleur de pêcher est plus rouge.
 
Au plus profond de la forêt, on voit parfois un cerf ;
 Près du torrent, à midi, pas de cloche. 
Les bambous sauvages percent l'épais brouillard ;
La cascade s'accroche au sommet d'émeraude
Nul n'a pu me dire où l'ermite s'en est allé :
  Je me suis appuyé, triste, à deux ou trois pins."

 

 

   Peinture de S.Girard

   

     LI BAI aurait eu connaissance du poème de XU XUANPING et aurait cherché à le rencontrer mais sans succès, c'est peut-être à cette occasion qu'il écrivit ce poème ?

 

Un autre taoïste de la fin de la dynastie de Tang ;  SONG YUANQIAO attribue également un texte à XU XUANPING, le « Chant des huit caractères » Ce même texte est plus souvent attribué à un autre personnage SONG SHUMING, celui-ci a prétendu que sa famille détenait et transmettait depuis XU XUANPING une méthode de taiji quan. Voici ce texte qui appartient à ce que l'on appelle les « classiques du taiji quan », ces textes décrivent les principes du taiji quan :

 

  

 "Parer, tirer vers l'arrière, faire pression en avant et repousser, peu de gens au monde (connaissent ces techniques).
  Sur dix experts, dix ne le connaissent pas.
 Si l'on peut être léger, agile, dur et ferme,
 On peut sans problème adhérer, lier, coller et suivre.
 Les (mouvements) tordre, tordre vers le bas, donner un coup de coude, donner un coup d'épaule, sont encore plus merveilleux.
 Pour les exécuter, nul besoin de fatiguer son esprit.
 Celui qui peut adhérer, lier, coller et suivre,
 A acquis le centre véritable et ne le quitte jamais."

    On ne sait que peu de choses sur LI DAOZI (618-905). Il vécut sous les Tang et résida sur le mont Wudang, Rien ne vient appuyer que XU XUANPING et LI DAOZI  auraient pu être des maîtres de boxe.

 

 

ZHANG SAN FENG ; CREATEUR DU TAIJI QUAN ?

 

  

Comme la création des arts martiaux dits « externes » a été attribuée à BODHIDARMA, moine bouddhiste, celle du taiji quan a été allouée à un ermite taoïste appelé : ZHANG SAN FENG.  La légende raconte que cet ermite résidait sur le mont Wudang au nord-ouest de la province du Hubei pendant la dynastie des Song (960-1279) Dans l'histoire officielle des Ming, nous trouvons une description de ZHANG SAN FENG : « Il était grand, d'imposante stature, il portait les signes classiques de la longévité, c'est-à-dire ceux de la tortue et de la grue, il avait de grandes oreilles et des yeux ronds. Sa barbe se hérissait furieusement comme la lance d'une hallebarde, été comme hiver il portait un simple vêtement »

 

 

La langue chinoise possède de nombreux homophones, ceci explique que les caractères employés pour ZHANG SANFENG différent d'un auteur à l'autre. Dans une première proposition [1]

 le caractère ZHANG (Ricci 174) a le sens de : étendre, tendre, ouvrir, disposer, grand. La partie droite de l'idéogramme représente un arc chinois avec sa poignée médiane (Wieger 87) L'ensemble de l'idéogramme prend le sens de bander un arc.

 Le caractère SAN  (Ricci 4196) possède le sens du chiffre trois.

 

 

Le caractère FENG (Ricci 1592) veut dire abondance, fertile, plein.

 

 

  

 

 

Dans la deuxième proposition [2],

 

Le caractère FENG  (Ricci 1579) différe de celui de la première. Pour Wieger (97 A) étymologiquement, il  figure un rameau feuillu, il prend le sens étendu de buisson, de broussaille, de  haie, de forme. Dans le Ricci, à ce même caractère (1579) nous trouvons visage plein ; qui a bonne mine ; beau ; gracieux.  Air distingué ; belle prestance ; manières élégantes. Le caractère FENG de la première proposition et le caractère FENG de la deuxième proposition ont ceci en commun de posséder l'image d'un rameau, symbole de plénitude. Ce rameau portant des grains prend l'image de grandeur de multitude. On peut traduire pour l'une ou l'autre des propositions ZHANG SAN FENG  par "triple grande abondance". Gardons à l'esprit que cette abondance provient du végétal, du grain, ferment des grandes civilisations. L'image de l'arc apporte force, souplesse et respect dédiés au personnage.

 

Une troisième proposition» [3]  tranche sur les propositions précédentes, dans celle-ci les caractères ZHANG et FENG possédent des sens différents que ceux des propositions précédentes.

 

 ZHANG (Ricci 169) a le sens de  personne âgée, homme respectable, homme fait,  tandis que

 

 FENG (Ricci 1584) veut dire  sommet d'une montagne ; cime crête montagne abrupte ; pic. Les trois caractères se traduiraient par "l' ancien (le maître) des trois pics". Trois montagnes sont réputées en Chine pour ses arts martiaux ; le mont Song dans la province du Henan, qui est le berceau de l'école Shaolin et du bouddhisme Zen, le mont Wudang dans la province du Hubei, réputé pour ses styles internes et le mont E-mei  [4], où les méthodes développées ont pris le nom générique de E-Mei Quan, elles alliaient les principes "externes" et "internes", ainsi que les conceptions taoïste du mont Wudang et bouddhiste du monastère de Shaolin.  Cette appellation « maître des trois pics » viendrait appuyer la légende que  ZHANG SANFENG aurait acquis sa maîtrise en visitant  ces trois lieux connus pour leurs techniques martiales.

 

Le mont Wudang est considéré comme le berceau des arts internes chinois, deux histoires différentes sont racontées au sujet de l'invention du taiji quan. La première avance que cette méthode lui aurait été transmise en rêve par l'empereur noir XUANDI. La seconde (la plus répandue) raconte le combat entre un oiseau (une pie) et un serpent. Il aurait remporté le combat grâce à ces mouvements curvilignes. Ceci démontra à ZHANG SAN FENG la suprématie de la souplesse sur la rigidité et l'importance de l'alternance du Yin et du Yang.

 

 Le rêve de ZHANG SAN FENG reprend la représentation symbolique du Nord, de l'élément eau et de la couleur noire en référence à XUANDI, l'observation du combat entre l'oiseau et le serpent relie également le taiji quan au Nord,  à l'élément eau, à la couleur sombre, à la longévité par la référence à la tortue habituellement associée au serpent. Si le taiji quan est né sur le mont Wudang, il prend sa source dans la mythologie chinoise antique, associé aux symboles suivants : tortue noire et serpent,  nord, eau, couleur noire, et par extension, longévité.

 

 On attribue un texte à ZHANG SAN FENG, il s'agit du « Traité sur le taiji quan » Il contient de nombreuses explications sur les principes de la discipline ; le vide et le plein, l'utilisation du Yi (la pensée orientée), les huit gestes en liaison avec les huit directions et les huit trigrammes du Yi Jing, les cinq déplacements reliés aux cinq éléments de l'énergétiques chinoise. Ce texte appartient aux « classiques » du taijiquan, il demeure une référence pour tout pratiquant. La seule référence à l'élément eau est cet extrait : «... La longue boxe est semblable aux flots du fleuve bleu ou de la mer qui se meuvent continuellement et sans fin... » Déjà, la discipline était marqué par la recherche de la santé, dans une note à ce texte, nous trouvons : « Son désir (celui de ZHANG SANFENG) fut celui de voir les héros du monde entier accéder à la longévité, et que son art n'eût pas pour unique réalité la pratique des techniques martiales »

 

  

WANG ZONG YUE

 

     WANG ZONG YUE aurait reçu l'enseignement de ZHANG SAN FENG, il écrivit plusieurs traités : le « traité de la lance Yinfu », le « Propos sur le taiji » et « Eclaircissements pour la pratique des treize mouvements ».

 

       

Dans ce dernier texte nous y trouvons la même référence à l'eau que dans le texte de ZHANG SAN FENG, « mouvez-vous comme l'eau du fleuve bleu » et aussi une phrase où il est question d'un arc (le caractère ZHANG) « Emmagasiner l'énergie c'est comme tendre un arc, la libérer c'est décocher la flèche. La courbe contient la droite. Avant de libérer l'énergie, il faut d'abord l'accumuler. La force est libérée à partir de la colonne vertébrale » Cette phrase décrit point par point comme exécuter l'enchaînement du taiji quan, le corps ploie, l'énergie se rassemble, le corps se déploie, l'énergie est libérée.

 

  

 

WANG ZHENGNAN

 

 

   

« Shaolin est célèbre dans tout l'empire pour la bravoure de ses gens grâce à leur technique de combat qui consiste principalement à lutter avec l'adversaire ; c'est pourquoi ce dernier peut parfois l'emporter. Mais il existe aussi une école dite école ésotérique, qui a pour principe de neutraliser la force dynamique par le pouvoir de la tranquillité. Dans la lutte, ils jettent immédiatement à terre leur adversaire. En opposition à cette école, qui commence probablement à partir de ZHANG SANFENG de la dynastie des Song, l'école Shaolin a été appelée école ésotérique » 

 

      Le fils de HUANG LIZHOU ; HUANG BAIJIA (1634- ?) écrivit le Neijia Quan Fa (techniques de boxe du Neijia)

 

  

SOURCES :

Yangjia michuan taiji quan tome 1 Wang Yen Nien

Les huit portes et treize postures C.Bernapel G.Charles

Taiji quan art martial technique de longue vie  C.Despeux

Taiji quan T.Dufresnes et J.Nguyen

Anthologie de la poésie chinoise classique Gallimard



[1] WANG YEN NIEN Yangjia michuan taiji quan volume 2

[2] DESPEUX taiji quan art martial technique de longue vie

[3] p 27 Les huit portes et treize postures C.Bernapel G.Charles  

[4]Il est également l'une des quatre principales montagnes "bouddhistes" avec le Wutaishan, le Putuoshan, et le Jiuhuashan. Situé dans la province du Sichuan, Sur le  mont Emei fut édifié au Ier siècle le premier temple bouddhiste chinois, L'Emei Shan fut associé a Puxian (Samantabhadra), un bodhisattva symbole de l'altruisme, souvent représenté monté sur un éléphant blanc à 6 défenses  

[5] voir Despeux taijiquan art martial technique de longue vie p 19, p 20

        HUANG LIZHOU (HUANG ZHONGZI) consacra une épitaphe à WANG ZHENGNAN(1616-1699). [5] :        

  

  

Par T.lambert - Publié dans : HISTORIQUE du taiji quan
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Lundi 25 septembre 2006 1 25 /09 /2006 14:00

 

 

     Par son appartenance aux arts martiaux internes chinois, le tai ji quan est associé au Wudangshan (littéralement : mont de celui qui a la charge de guerrier) Bien qu'il n'appartienne pas aux cinq pics sacrés taoïstes, il occupe pourtant une place importante en Chine. L'empereur lui-même aurait gravé de sa main sur la porte d'entrée du mont les idéogrammes  « Montagne céleste qui gouverne le monde » Ce mont appelé aussi « Mont de la grande harmonie » est composé en fait de 72 sommets et de 36 précipices tournés comme en audience autour de Tianzu ( pic de la colonne du ciel) culminant à 1612 mètres.

       C'est un haut lieu du taoïsme où s'effectue depuis l'époque des Song (960-1279) des pèlerinages consacrés  à Zhenwu  (le guerrier véritable ou le guerrier sincère), protecteur armé du monde qui siège dans l'étoile polaire, il est encore appelé Xuandi (l'empereur sombre) Zhenwu est le saint patron des arts martiaux et des exorcistes, il est lié à la défense de la Chine contre les barbares.   

       Selon Maspero, dans l'antiquité chinoise, à chaque secteur du ciel, un seigneur veillait. Xuandi  était le régent de la partie septentrionale du ciel et du monde,  de l'élément Eau parmi les cinq élé­ments, et enfin il chassait les mauvais esprits. 

       Zhenwu ou Xuandi est représenté habituellement accompagné d'un écuyer armé ; placé derrière lui portant sa bannière noire, lui-même se dresse sur le dos d'une tortue qui enlace un serpent, flottant sur les eaux. En fait, le serpent et la tortue enlacés sont le dieu lui-même sous sa forme première et plus ancienne que le personnage anthropomorphe actuel, on les rencontre dès le temps des Han comme symbole du côté Nord du monde dans les chambrettes funéraires du 2ème siècle, où ils font face à l'Oiseau Rouge, symbole du Midi, et s'opposent au Tigre Blanc (Ouest) et au Dragon Vert (Est). D'autres le voit victorieux des forces ténébreuses (maladie, démence, banditismes, barbares) domptant les forces aquatiques (tortue et serpent). Le personnage de Xuandi plane sur le mont Wudang puisque l'on dit que la forme du mont principal ressemble à une tortue et les vallées alignées à un serpent ; le tout reflétant l'image d'un totem qui dit-on est l'incarnation de Xuandi lui-même.

       L'empereur Huizong a décrit ainsi Zhenwu : « Au milieu de la cérémonie, le ciel s'obscurcit soudain, et parmi le tonnerre et les éclairs, un grand serpent et une tortue énorme apparurent. L'empereur se prosterna et offrit de l'encens ; puis il pria le dieu de daigner se monter en personne. Dans un nouveau coup de tonnerre, tortue et serpent disparurent et on aperçut un pied humain colossal devant la porte du palais. L'empereur se prosterna de nouveau et demanda que le dieu voulut bien se manifester en entier. Il vit alors un homme haut de 10 pieds au visage grave, entouré d'une auréole, les cheveux dénoués flottant sur son dos, les pieds nus ; il était vêtu d'une robe noire aux larges manches traînant jusqu'à terre, recouvertes d'une cuirasse d'or, avec une ceinture de pierres précieuses ; dan la main, il portait un sabre. Il resta debout quelques instants et disparut »

 


 

 Sources :

Lagerwey  "Le continent des esprits  éditions Maisonneuve et Larose

Maspero "Le taoïsme et les religions chinoises éditions Gallimard

Despeux  "Taiji quan art martial technique de longue-vie éditions De La Maisnie

H.Doré "Recherches sur les superstitions en Chine" éditions You-Feng 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par T.lambert - Publié dans : HISTORIQUE du taiji quan
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Jeudi 14 septembre 2006 4 14 /09 /2006 08:18

 

 

 

 

 

ETYMOLOGIE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Etymologie de l'idéogramme TAI

 

vient du pictogramme Da qui représente un homme adulte debout avec son corps[1], ses jambes et ses bras. Le sens étendu du caractère Da est la taille d’un adulte (par opposition avec celle d’un enfant)

 

  

 

 Etymologie de l'idéogramme JI

  L'idéogramme Ji peut se décomposer en deux idéogrammes ; Mu et Ji

 

Mu figure d'un arbre. En haut les branches, en bas les racines, au milieu le tronc. Sens étendu, bois (Wieger 119)

Cet idéogramme est aussi à l'origine de nombreux autres idéogrammes, ils représentent quelques 7 pages dans le dictionnaire antique  k'ang-hi , c'est dire la place importante donnée à l'arbre par les chinois.

 Ji selon Wieger  veut dire hâte, presse, émoi, extrémement,

 

 

L'ancienne graphie de Ji prenait le sens de : Activité, mise en oeuvre des facultés, lutte pour l'existence. Elle-même se décompose en :

 

 

un homme qui agit, 

 

qui se démène  avec sa bouche

   

 

et sa main 

 

 

entre ciel et terre pour arriver à ses fins (Wieger 2)

 

 

  


Etymologie de l'idéogramme QUAN

 Il se compose de deux idéogrammes ; Shou et Quan

Shou   c'est une main/paume vue de face

(Wieger leçons étymologiques 48)

Quan trier avec les mains pour choisir le meilleur (Wieger 47k)

choisir, tirer avec les mains (Wieger 123c)

 

  

D'un point de vue martial, un poing qui se ferme peut préfigurer une frappe ou exécuter une saisie. 

  

 

LE SENS

 

 

  

 

TAI

Ricci 4660

Grand, le plus grand, suprême, extrême, très, extrêmement, trop, démesurément, terme de respect pour les personnes de génération antérieure élevées en dignité

 

 

 

JI

Ricci 392

Poutre faîtière, faîte, le point le plus élevé, sommet, apogée, le plus haut degré, la plus haute perfection, le faîte du pouvoir, le trône, extrêmement, très, au plus haut point, au comble de l’extrême, les extrémités, les points les plus reculés de l’univers, de la terre et de l’empire.

 

 

 

QUAN

Ricci 1383

Poing, main fermée, boxe.

 

 

 

     Quelques propositions de traduction des idéogrammes taiji quan :

Poing du grand faîte

Le plus haut degré de la boxe

La boxe du Taiji

 

 

 

De nombreuses définitions ont pu naître sous la plume des auteurs, les premiers ouvrages sur le taiji quan datent du début des années soixante-dix, en voici quelques unes :

Technique de longue vie, art martial, gymnastique chinoise, danse du Tao, boxe de l’ombre, boxe des fantômes, discipline psychosomatique, technique thérapeutique, art de longue vie, yoga chinois, danse rituelle, art, boxe molle... 

 

 

  ____________________________________________________

SOURCES :

Caractères chinois Wieger Taichung 1978

Dictionnaire français de langue chinoise Institut Ricci Ricci-Kuangchi Press

 


 

 

 

 

     [1] Voir leçons étymologiques 60 Wieger

 

 

 

 

 

Par T.Lambert - Publié dans : HISTORIQUE du taiji quan
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Mardi 25 juillet 2006 2 25 /07 /2006 13:25

 

 

 

 

 

 

 

TRANSCRIPTION DU CHINOIS 

 

 Nous avons pu dénombrer une bonne vingtaine de transcriptions différentes en relevant celles-ci dans les titres des ouvrages consacrés à notre discipline. Elles sont nombreuses à appartenir à l'un des modes de transcription du chinois en langue romane (systême Wade, transcription de l'E.F.E.O, pinyin) par contre d'autres ne sont que des pures inventions, elles proviennent de la fantaisie de certains auteurs ou éditeurs. 

 

 

  

 

 

tai chi

tai chi chuan

tai-chi 

tai-chi-chuan

tai-chi chüan

taï chi

taï chi chuan

taï-chi

taï-chi-chuan

taïchi

taïchichuan

t'ai-chi

t'ai-chi chuan

t'ai-chi-ch'uan

tai chi ch'uan

t'ai-chi-ch'üan

tai ki

tai ki tchuan

tai ji

tai ji quan

taiji quan

taijiquan

tai-ji-quan

taï ji quan

t'ai-ji quan

 

     Depuis ces dernières années, la majorité des auteurs ont adopté la transcription proposée par la République Populaire de Chine ;  le pinyin, dans ce cas, la transcription correcte est tai ji quan. Nous avons pu relever d'autres transcriptions moins utilisées que les précédentes, bien qu'au premier abord on puisse en douter, il s'agit pourtant  bien de la même chose... 

tai'ki-k'iuan, tai-ji-meng, tai-ki-kiuan, tai-ki-tsiuan,tai-kik,  

tai-kic-kuen, tai-kik-kuen, tai-kik-pai, tai-kit-kuen.

     Retenons donc la transcription en pinyin ;  tai ji quan.

 

 

 

 LES ECOLES ET LES STYLES

    

      On discerne donc 7 grands courants considérés comme des écoles : les écoles CHEN, HAO, LEE, YANG, SUN,  WU (Wu Jianquan) et WU (Wu Yuxiang), les plus répandues étant les écoles CHEN, YANG, et WU.

 

 

 

          A l'intérieur de chaque école des styles se sont développés , ce sont des variantes de l'enchaînement originel. Ces styles sont le fait de maîtres qui ont laissé leur empreinte sur la discipline. Certaines de ces variantes sont devenues ainsi de véritables écoles.

     Nous vous présentons ci-dessous l'un de ces styles (sous la forme d'un tableau généalogique) il s'agit du  yangjia  michuan taiji quan(école secrète de la famille Yang) transmis par Wang Yen Nien, élève de Zhang Qinlin, ce style est celui qui est enseigné dans le cadre de l'association. Remarquons l'évolution de la discipline ; d'une pratique familiale vers une pratique de masse.

 

     Continuons avec une liste exhautive des styles, précisons qu'il nous est pas possible d'indiquer ici toutes les tendances, toutes nos excuses à ceux dont le style ou la tendance n'apparaîtrait  pas dans ces lignes.

 

 

Styles des trois courants majeurs : les écoles Chen, Yang, et Wu

 

 

Styles de l'école Chen :

Lao Jia

Xin jia

Xiao Jia

Xin Yi Hun Yuan

 

 

 

 

 

 

 

Styles de l'école Yang :

 

Hui Cheung Yin

Li Guang Hua

Tung Ying Kiai (ou Dong Yingjie)

Yang Chao Hou 

Yang Jia Lao Jia

Yang Jia Mi Chuan

Yang Sau Chung

Yang Zhen Duo

Yong Meiji

Zheng Manquing 

 

N'oublions pas le taiji quan simplifié (jianhua taiji quan) en 24 mouvements dite "forme de Pékin"

Le nombre important de styles à l'intérieur de l'école Yang provient de sa grande popularité.

 

Style de l'école Wu (Wu Yuxiang) :

 

 

Hao Weizhen

 

 

Autres styles (moins connus ou moins représentés) :

 

 

 

 

 

 

Le style Chang de Chang Dongsheng 

 

Le style Chang de Chang yunjie (variante style wu)

Le style du dragon

Le style Fu

Le style He

Le style Li de Li Ruidong

Le style Li de Li Yingang

Le style Sanheyi

Le style Shaolin Zonghe

Le style Wang

Le style Xiaozhoutian

Le style Yue

Le style Zhang

Le style Zhao

 

 

  

     Cette prolifération de styles et d'écoles démontrent la vigueur et la bonne santé de la discipline.

 

 

SOURCES :

Dictionnaire des arts martiaux chinois Dufresnes N.Guyen

Taiji quan   Dufresnes N.Guyen

Yangjia michuan taiji quan volume 1 et 2 Wang Yen Nien

http://www.fed-taichichuan.asso.fr/

 

Par T.Lambert - Publié dans : HISTORIQUE du taiji quan
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