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Réflexions sur le taiji quan

Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /2008 18:48

Une courte vidéo nous permet de découvrir Niu Chunming exécutant des extraits de son style de taiji quan où on peut remarquer les gestes zou et kao. La différence avec le style Yangjia michuan  est dans le coup de coude qui est seulement appliqué avec un seul bras, l'autre main ne venant pas appuyer sur le poing fermé.
Voici l' adresse de cette vidéo
cliquez ici
Sur les rapports de Niu Chunming et le style yangjia michuan, relisez l'article du 4 mai dernier en cliquant ici


Par lebambou - Publié dans : Réflexions sur le taiji quan
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Dimanche 4 mai 2008 7 04 /05 /2008 07:33

Le style yangjia michuan est quelquefois contesté sur son rattachement au style yang étant donné ces caractéristiques en regard de celles des style yang  qui se reconnaissent de l’enseignement de Yang Chen Fu (1883-1936).[1]

Ces différences d’ailleurs assez prononcées font dire aux détracteurs du style yangjia michuan que ce dernier ne peut provenir de la famille Yang ceci en s’appuyant sur le fait que même les formes développées ultérieurement par ceux qui ont étudié  chez les Yang possèdent les caractéristiques de la forme Yang Chen Fu même s‘ils ont pu apporté quelques modifications personnelles à l’enchaînement initial.

 

Un article écrit par Su Wenyan  dans un bulletin de l’Amicale du yangjia michuan taiji quan [2]vient à l’encontre de ces affirmations en montrant que la forme transmise par Zhang Qinlin à Wang Yen Nien possède quelques similitudes avec la forme développée par l’un des plus  anciens élèves de la famille Yang du début du 20ème siècle ; Niu Chunming (1881-1961). Cet article révèle que le livre « Niu Chunming’s Taijiquan » publié en 1998 montre des photos de Niu Chunming [3]exécutant les gestes Zhou (coup de coude) et Kao (coup d’épaule) de façon presque identique à l’exécution de ces mêmes gestes durant l’enchaînement du yangjia michuan taiji quan.[4]  

 
Voir ci-contre les gestes zhou et kao

    

 

 



Niu  Chunming
d’après Su Wenyan a été un élève de Yang Jian Hou dès 1902  et aurait bénéficié d’enseignement particulier en récompense de sa constance, il suivit ensuite l’enseignement de Yang Chen Fu. Zhang Qinlin entra au service de la famille Yang à cette même époque et fut aussi un élève de Yang Chen Fu, on sait que d’après Wang Yen Nien il reçut ensuite un enseignement particulier émanant de Yang Jian Hou à partir de 1914.
[5]

Il est intéressant d’observer que dans une forme développée par un ancien élève de la famille Yang, on puisse trouver deux gestes similaires à des gestes du style yangjia michuan, d’autre part on ne trouve pas de gestes exprimant clairement zhou et kao dans la forme en 108 mouvements de Yang Chen Fu. Le style yangjia michuan n’est donc pas le seul style qui ne possède pas les mêmes caractéristiques que celles des formes yang modernes, les particularités du style yangjia michuan ne peuvent donc pas aller contre le fait qu’elle puisse provenir d’un fonds ancien de la famille Yang.

 

Comme le fait remarquer Su Wenyan en fin de son article et nous partageons son avis, ces remarques ne viennent pas affirmer qu’un style est meilleur qu’un autre ou qu’une école est meilleure qu’une autre ou qu’un maître est meilleur qu’un autre, ceci serait un total manque de respect et ce n’est pas notre intention.  Ces remarques veulent amener à une réflexion large sur les formes et leurs transformations ou évolutions ainsi que sur les innombrables échanges qui se sont opérés entre les pratiquants, les styles et les écoles d’arts martiaux chinois. A notre époque de simplification du taiji quan, on a vu apparaître de nombreuses formes courtes et peut-être d’autres sont à venir, il est important de se pencher sur les formes plus anciennes des différentes écoles et styles et d’apprécier à leur juste valeur ces legs du passé.

 

 

Sources :

 

Bulletin de l’Amicale du Yangjia michuan taiji quan n° 44

Yangjia michuan taiji quan  par Wang yen Nien

http://aymta.org/home/resources/journal.html

 



[1] Fils de Yang Jian Hou (1839-1917) et créateur de l’enchaînement en 108 mouvements dans les années 1920-1930 à partir de l’enseignement familial, il était destiné à contribuer à l’amélioration de la santé des chinois.

[2] Page 13 à18 Bulletin de l’Amicale du Yangjia michuan taiji quan n° 44 novembre 2003

[3] Page 20 Niu Xialing et al. Niu Chunming Taiji quan Zhejiang Kexue Jishu Chuban She, 1998

[4] Photos 68 à 70 dans « Yangjia michuan taiji quan » par Wang yen Nien

[5] Si cet enseignement a été qualifié de « transmission secrète » ceci provient du fait que Yang Jian Hou enseigna à Zhang Qinlin aux heures les plus secrètes de la nuit (de trois heures à cinq heures du matin)

Par T.Lambert - Publié dans : Réflexions sur le taiji quan
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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /2008 16:56

          Les conditions de transmission des formes de taiji quan sont souvent illustrées par des histoires ou anecdotes plus ou moins véridiques, la réalité était certainement d’une tout autre nature. Si l’histoire n’a retenu le plus souvent que quelques dates et événements de la vie des maîtres de la première moitié du 20ème siècle, leurs histoires personnelles ont été profondément marquées par les événements sociaux et politiques de cette période ; guerre des boxeurs, début de la république chinoise, guerre sino-japonaise, guerre frâticide entre nationalistes et communistes, et instauration du régime communiste en 1949.

La  première moitié du 20ème siècle fut très troublée, les auteurs de la transformation d’un art de combat comme le taiji quan en un art exprimant la paix et l’harmonie, proposèrent un modèle ou des modèles de gestuelles ritualisées propre à apporter calme et paix à leurs adeptes[1] ; peut-être que ces formes lentes de taiji quan ont été la réponse à un monde et à des événements troublés.

 

            Certains de ces maîtres ont vu beaucoup de malheurs et de tristesse autour d’eux, ces circonstances ont forgé dans leur esprit la volonté de donner le plus possible au plus grand nombre par le biais des bienfaits que l’on pouvait retirer de la pratique du taiji quan. Malgré les remous liés à la transformation radicale de la société chinoise, ces maîtres n’ont pas compté leurs efforts pour développer et promouvoir cet art, pour cela ils demeurent un exemple d’abnégation et de volonté inébranlable. S’ils sont devenus maintenant des figures emblématiques, ils ont payé de leurs efforts et de leurs constances ces places d’honneur. Leurs histoires personnelles sont marquées par le fait que ce qu’il leur a été donné l’a été au prix de gros efforts. En voici quelques exemples, Yang Jian Hou (1839-1917) aurait été soumis à un entraînement tellement intense qu’il se serait enfui de la maison familiale afin d’y échapper. Soulignons qu’à son tour,  il aurait fait subir un même traitement à ses enfants, c’est pour cette raison que Yang Chengfu (1883-1936) aurait quitté le clan ne supportant plus les conditions d'entraînement. Il fallait posséder des capacités physiques et mentales hors du commun pour absorber les méthodes d’entraînement ayant cours dans ces familles dont un grand nombre de leurs représentants faisaient des arts martiaux leur profession. L’honneur et la réputation du clan familial conditionnaient cette éducation de fer.

 

Selon Wang Yen Nien, Zhang Qinlin (1888-1967) a semblé ne jamais faillir, il possédait des capacités exceptionnelles qui lui ont permis de « supporter » la pression de l’entraînement auquel il était soumis. C’est sans doute ces qualités qui lui ont permis d’être accepté au sein de la famille  Yang au point que Yang Jian Hou l’ait choisi lui plutôt qu’un de ses fils, afin de lui transmettre la méthode familiale[2]. Zhang Qinlin a eu ces mêmes exigences envers Wang Yen Nien puisque selon lui, il fut soumis à quelques six heures d’entraînement par jour pendant ces cinq années de formation auprès de Zhang Qinlin. Au vu de ces considérations, on ne peut guère comparer la pratique actuelle de taiji quan avec ce qui se passait au sein des familles ou clans de cette époque. Les enjeux, les motivations, les habitudes de vie, la vie politique du pays ont conditionné la pratique et l’enseignement de cette époque. Il était exigé aux disciples une implication totale ainsi qu’un dévouement absolu à leur maître. En échange de cet enseignement, le disciple ou élève se devait de donner à son maître et à sa famille tout ce dont il avait besoin. C’est ainsi que Zhang Qinlin a travaillé comme serviteur chez les Yang et recevait en échange l’enseignement destiné aux « extérieurs » [3]de la famille. Wang Yen Nien pendant son apprentissage auprès de Zhang Qinlin s’occupa des besoins de celui-ci et aussi de ceux de la femme et de la fille de Zhang Qinlin. A cette époque, certains maîtres ne s’entouraient que d’un ou de quelques disciples, ceci suffisait à leur garantir un niveau de vie confortable.

 

 

 

Sources :

http://aymta.org/home/resources/journal.html

http://www.grtc.org/articles/index.html

 



[1] Il s’agit du même phénomène qu’au Japon, où les écoles martiales sont devenues pour certaines des Do (voie) dépassant l’aspect guerrier originel

[2] La raison habituellement invoquée est le fait que Zhang Qinlin ait remporté le duel qui l’opposa à Wang Laisheng qui défia la famille Yang en l’occurrence Yang Chengfu.

[3] Forme en 81 mouvements

Par T.Lambert - Publié dans : Réflexions sur le taiji quan
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Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /2007 12:51

 

C'est un sujet "brûlant" !

          De plus en plus de compétitions de taiji quan ont lieu que ce soit au niveau national organisées par la fédération de notre beau pays qu'au niveau mondial ; à Taiwan et aussi en Chine Populaire (voir l'avant dernier numéro de l'excellente  revue Dragon).

          Le blog du GRDT s'est aussi "exprimé" sur ce sujet et nous avons pu remarquer des articles sur ce sujet dans le dernier numéro de l'Amicale  du Yangjia michuan taiji quan ( le n°70 dans la bibliothèque du Bambou). Vous y trouverez des articles très variés sur le sujet signés entre autres par C.Bernapel, S.Dreyer et H.Marest

           Sur le site Yen-Nien Daoguan,  Wang Yen Nien met à disposition des étudiants en taiji deux textes sur le tui shou, l'un sur les points importants du tui shou,  l'autre sur sa conception de l'art martial et du tui shou en particulier, une leçon de maître.... 

cliquez pour lire l'article sur sa conception de l'art martial

cliquez pour lire les concepts et techniques de tui shou selon Wang Yen Nien

Nous vous laissons à vos réflexions, n'hésitez pas à ajouter vos commentaires...

Par lebambou - Publié dans : Réflexions sur le taiji quan
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Vendredi 29 décembre 2006 5 29 /12 /2006 07:06

 

  

 

1er question :

Par rapport à ce principe :   

Qi yi zhi yang er wu tai   

Le qi doit nourrit directement et ne pas nuire 

Peux-tu nous éclairer sur ce sujet ?  

  

Réponse : 

Le Qi ne doit pas être une nuisance, on ne doit pas se disperser, il faut que le Yi, la pensée orientée soit la plus entière possible. Le Yi est une pensée chargée d’intention .

Exemple : L’exemple d’une nuisance pourrait être le fait de pratiquer un exercice qui tonifie un organe, alors que celui-ci est en plénitude, dans ce cas le qi peut nuire.

 

   

2ème question :

Trois étapes semblent s’échelonner par rapport au relâchement (song jing)  

1 les deux bras sont relâchés 

2 la taille est relâchée 

3 le corps entier est relâché  

Faut-il forcement suivre cet ordre afin d’appliquer le principe de relâchement ? 

 

Réponse :

 Non il n’y a pas de hiérarchie. Il ne faut pas dissocier Song jing du Ziran (la spontanéité) Le relâchement est un relâchement naturel spontané, il ne faut pas se transformer en une chiffe molle mais garder une certaine tonicité.

Dans l’émission de l’énergie, on relâche la taille, les épaules, les coudes, les poignets. Sachant que les bras et les jambes se relient ainsi : hanches/épaules, coudes/genoux, poignets/chevilles.

 

Le relâchement est centrifuge : mental, taille, colonne, épaule, coude, main. Et il a une action centripète : tu prends le chemin inverse pour revenir au mental qui se calme petit à petit. Comme tu le vois la pensée est fondamentale.

 

 L’entraînement c’est le travail des gammes, lorsque ce travail est fait, la pensée peut se libérer… Je dirais que la pensée est alors libérée et peut être orientée à d’autres fins. 

Fait à Blainville /orne le 29/01/06 

 

 

 

Par C.Jeanmougin - Publié dans : Réflexions sur le taiji quan
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