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ASSOCIATION LE BAMBOU
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ZHAN ZHUANG GONG ; L'HOMME ENTRE TERRE ET CIEL 1

12 Avril 2021 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #QU'EST-CE QUE LE DAO YIN QI GONG

 

La pratique statique est une composante majeure sinon essentielle des pratiques chinoises qu'elles soient orientées vers la santé ou vers la pratique martiale. Chaque école traditionnelle possède son propre système, ces différents exercices possèdent un certain nombre de points communs parmi ceux-ci nous trouvons dans les dénominations de ces méthodes les deux caractères ;  ZHAN et ZHUANG. Les images qu'ils révèlent sont une source d'enrichissement dans l'étude de ces méthodes, tout comme l'étude de textes classiques comme le Yi Jing. L'écriture chinoise et les trigrammes du Yi Jing  constituent de passionnants sujets d'étude et de recherche, le Yi Jing livre dans ces lignes au lecteur attentif de précieux conseils au sujet de ces pratiques.

 

Peinture de S.Girard

 

 

 

 

 

ETUDE DU CARACTERE ZHAN    

 

ZHAN (Ricci 141)  Se tenir debout, se lever, se dresser, se conserver, durer.

      

     

  

 

 

COMPOSITION DU CARACTERE ZHAN

 

LI  Ce caractère donne l'image d'un être debout, dressé. Un homme debout sur le sol (Wieger 1 F)

   

   Le caractère ancien  est encore plus explicite ! Notons que le trait horizontal représente le sol.

   Dans cet idéogramme, les trois « puissances » sont représentées :

Le Ciel par la divination mais aussi par l'arc de cercle formé par les bras. 
L'homme par le pictogramme. 
La Terre par le trait horizontal 

        et

ZHAN  Ce caractère possède le sens de : demander ce qui en sera d'une entreprise en flambant une écaille de tortue, divination (Wieger 56 B)

 

 

ZHAN contient donc l'image d'un homme debout cherchant les germes des actions futures. Pour cela, il interroge le Ciel par la divination afin de connaître les actions à entreprendre ou à ne pas entreprendre ; on peut parler de méditation debout.

 

 

 

 

 

ETUDE DU CARACTERE ZHUANG     

ZHUANG  (Ricci 1224) pieu, poteau, pilotis, colonne enfoncée en terre     

  

Composé de MU  figure d'un arbre, en haut les branches, en bas les racines, au milieu le tronc. Sens étendu bois. (Wieger 119) 

 

Et de  CHONG  Décortiquer le grain en le pilant, deux mains qui soulèvent le pilon au-dessus du mortier (Wieger 47)

  

 

ZHUANG contient  les images du bois, de l'arbre, du pilon et du mortier.


Les différentes images contenues dans les deux caractères vont nous aider à constituer une proposition de définitions variées susceptibles de recouvrir les diverses pratiques contenues dans l'exercice ZHAN ZHUANG.

    

 

 

ZHAN ZHUANG ; LA POSTURE DU PIEU

          Le gnomon planté en terre renseignait par l'ombre qu'il projetait au sol sur les directions de l'espace et les saisons de l'année. Son positionnement entre terre et ciel le prédisposait aussi à  servir de mât de cocagne dans un jeu antique où l'on désignait le nouveau roi. Celui qui pouvait atteindre le ciel en montant en haut du mât se désignait « fils du ciel » Le pieu planté dans le sol relie le ciel et la terre permettant au prétendant « fils du ciel » de « téter le ciel »  Le fait que le pieu soit profondément enraciné dans le sol  a certainement exercé une influence sur le fait que ces techniques aient été qualifiées de « techniques d'enracinement ».  

  

 

 

 

 

LA DIVINATION L 'HOMME INTERROGE LE CIEL        

        

            Le sens de l'idéogramme ZHAN est demander et chauffer d'où divination. Des carapaces de tortues, des omoplates de cervidés étaient mises au feu afin que le devin examine les craquelures occasionnées par la chaleur et les interprète.

 

 

 

 

 

L'ARBRE           

         

Source : pixabay

 

Il est tentant de relier les deux idéogrammes LI  et MU dont les graphies sont très proches bien qu'ils ne soient pour chacun d'eux qu'une composante des idéogrammes ZHAN et ZHUANG. Les définitions « se tenir comme un arbre » ou bien même « enlacer l'arbre » trouve dans la comparaison des deux graphies tout leur sens. Plonger ses racines vers le sol, étaler ses branches vers la lumière, enlacer l'arbre nous amène à une relation toute particulière avec celui-ci. N'est-ce pas le le règne végétal qui a précédé l'homme dans l'évolution ? L'arbre est donc un peu notre ancêtre !

 

 

 

 

 

Comme le montrent les graphies, on peut aisément mettre en relation les bras de l'homme avec les branches de l'arbre, le tronc de l'homme avec celui de l'arbre, et les pieds de l'homme avec les racines de l'arbre. Nous trouvons bien d'autres similitudes entre l'homme et l'arbre au niveau corporel ;

  • l'arbre bronchique, formé par les bronches et les bronchioles
  • les vaisseaux du foie forment aussi une arborescence ; en énergétique chinoise le foie est aussi lié à l'élément bois
  • la colonne vertébrale qui forme l'arbre de vie  

 

 

 

 

 

LE PILON ET LE MORTIER ; L'ALCHIMIE INTERNE        

         

Source Pixabay

Le fait de joindre les mains afin de tenir un pilon amène une position corporelle proche de celles adoptée pendant les pratiques de ZHAN ZHUANG, symboliquement joindre les mains c'est joindre les contraires et favoriser ainsi l'union des énergies. Des écoles traditionnelles comme le Ling Bao Ming et le Jin Dan appartiennent au courant d'alchimie interne, le pilon et le mortier représentent le creuset alchimique où sont formés pour l'un le Jin Dan (la pilule d'or), pour l'autre le joyau magique (Lingbao)

 

 

 

 

 

          Regroupons nos propositions concernant le sens à donner aux pratiques ZHAN ZHUANG :

  • Posture du pieu 
  • L'homme debout  entre terre et ciel
  • Enracinement
  • Se tenir comme un arbre ou la posture de l'arbre
  • Enlacer l'arbre ou embrasser l'arbre
  • L'homme interroge le Ciel
  • Cultiver et transformer le Qi

  

     Venons à la pratique avec les similitudes de deux écoles d'arts martiaux internes ; l'école San Yiquan et l'école Yangjia michuan taiji quan. La pratique statique porte des noms différents suivant les écoles, voici quelques appellations de ces exercices statiques :

  •  Zhan Zhuang
  •  Zhan Zhuang Gong
  •  Ji Ben Zhan Zhuang Shi  
  •  Zuo You Dan Tui  Zhan Zhuang   
  •  Zhan Chan (1)

       Le but recherché est  de renforcer la posture afin que le mouvement, qui peut se voir comme une succession de postures s'enchaînant les unes aux autres,  soit en même temps fluide et ferme ; la pratique dynamique se nourrit de la  pratique statique. L'école San Yiquan et le style Yangjia michuan taiji quan possèdent des exercices propres à leurs écoles respectives. (2)

 

 

 

 

 L'ECOLE SAN YIQUAN       

 

        L'école San Yiquan propose l'exercice « Travail énergétique de la prise de conscience des cinq palais »  cet exercice appartient à un ensemble d'exercices appelé Yi Yin Fa (techniques de pré nutrition) sollicitant l'ensemble de la structure corporelle.

 Cette méthode comprend six postures, chacune d'entre elles étant reliée à une zone corporelle et à un point d'acupuncture :

  • Zone périnéale et point Hui Yin
  • Zone abdominale et point Qi Hai
  • Zone thoracique et point Zhong Ting
  • Zone scapulaire et point Tian Tu
  • Zone crânienne et point Yin Tang
  • Unité corporelle et point Bai Hui

 

Niveau abdominal ; point Qi Hai

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           L'exercice a la particularité de se terminer par un exercice dynamique reliant les six postures afin de libérer le corps et l'esprit. Après avoir focaliser l'intention sur une zone précise ou un point précis, l'exercice final favorise le retour à l'unité corporelle. Cette particularité est une particularité d'école, un grand nombre d'exercices sont composés de cette façon (concentration puis libération) Ceci permet d'éviter l'accumulation ou  stase d'énergie. Il est souhaitable de se référer tout  d'abord aux zones corporelles, pour ensuite au fur et à mesure des progrès, se référer aux points d'acupuncture. Aller du plus grossier au plus subtil, du structurel à l'énergétique semble la démarche la plus sure. Pour la description de cet exercice,  voir le Traité d'énergie vitale p 245-256  et daoyin fa qigong  livre 1 p 54-57 .

 

Au sujet du maintien prolongé de ces exercices présenté par diverses écoles comme la panacée, G.Charles opère une mise en garde auprès des pratiquants et surtout des débutants. Selon lui, la pratique statique doit être associée à des exercices dynamiques comme les enchainements de gong fu wu shu ou de taiji quan ; ceux-ci permettent l'apprentissage de la posture et du mouvement associés à la respiration et à l'intention.. Le maintien prolongé n'est pas à la portée du débutant, il ne peut être que l'aboutissement d'une pratique soucieuse du respect du corps et de son intégrité. (Voir. p73-75 Traité d'énergie vitale)

 

  

 

 

 

JI BEN ZHAN ZHUANG SHI (STYLE YANGJIA MICHUAN TAIJII QUAN)

 

Le style yangjia michuan taiji quan possède son propre système ;  il s'agit de la posture de base du style Yangjia michuan ;

  • pieds écartés de la largeur des épaules
  • corps légèrement fléchi
  • bras à hauteur d'épaules
  • épaules basses
  • coudes pendants

 Cette posture favorise la respiration embryonnaire (respiration abdominale) et la petite circulation céleste ; technique permettant de relier les méridiens curieux dont les trajets passent au milieu du corps sur l'avant et sur l'arrière ; les trajets  Ren Mai et Du Mai.

 

 

Ji Ben Zhan Zhuang Shi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout comme dans l'école San Yiquan, le maintien de la posture se termine par un exercice dynamique « prendre le tigre dans ses bras et le ramener à la montagne » Il a la particularité de mobiliser le corps et l'énergie vers le haut, vers l'intérieur,  vers le bas, vers l'extérieur et au centre permettant de mettre en circulation l'énergie (le qi).

  

Remarquons que les deux exercices «Travail énergétique de la prise de conscience des cinq palais » de l'école San Yiquan et  «Ji Ben Zhan Zhuang Shi » du style Yangjia michuan  ont ces mêmes particularités ; Concentration ou accumulation de l'énergie pendant la pratique statique puis libération et mise en circulation de l'énergie pendant le mouvement final. Nous retrouverons ces mêmes phases à travers la pratique dynamique du Yangjia michuan taiji quan ou du Xing Yi Quan de l'école San Yiquan ; fermeture du corps et accumulation de l'énergie, ouverture du corps et expression ou libération de l'énergie.

 
 
 

[1] D'après les articles de G.Charles sur la question,  le Zhan Chan aurait donne le Ritsu zen japonais version debout, le Za Zen étant la version assise. Voir ces articles sur le site http://www.tao-yin.com

(2) Ces deux formes sont à rapprocher de celles du Da Cheng Quan et Yi Quan qui proposent également un ensemble d'exercices similaires

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Pratique extérieure samedi 3 mars 2021 à Hérouville

3 Avril 2021 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #VIE DE L'ASSOCIATION LE BAMBOU

Il fallait être courageuse/courageux pour venir pratiquer ce samedi au lac Lebisey à Hérouville Saint-Clair, température 8° ressenti 3°.

Une partie des participants de cette matinée

 

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CHERCHER L’AIGUILLE AU FOND DE LA MER ; REFERENCE A LA PERIGRENATION VERS L’OUEST DE WU CHENG’EN

19 Mars 2021 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #LEXIQUE

 

 

LE TEXTE

          

Mission difficile si l’on prend cette expression au pied de la lettre, moins aisée que de la chercher au milieu d’une botte de foin. Plus sérieusement  ce mouvement fait référence à un passage du livre Xiyou ji (la pérégrination vers l’ouest)  de   Wu Cheng'en (1505-1580).

           Ce texte appartient aux « quatre livres extraordinaires » qualité qu’il partage donc avec « L’histoire des trois royaumes », « Au bord de l’eau », et « Le rêve dans le pavillon rouge ». Il décrit l'expédition en Inde, au VIIe siècle, du bonze Xuanzang (602-664) accompagné par le singe Sun Wukong, le cochon Zhu Bajie, et le bonze Shaseng

 

 

 

LA RECHERCHE D'UNE ARME A SA CONVENANCE

         

Parmi les innombrables aventures et péripéties contées dans cet ouvrage, celle qui nous occupe conte la recherche par Sun Wukong d’une arme à sa convenance. Sur les conseils des quatre vieux singes qui sont ses vénérables conseillers, il part rencontrer le roi-dragon de la mer orientale, selon ceux-ci ce roi détiendrait une arme en rapport avec sa force, Sun Wukong déclina successivement sabre, fourche à neufs dents, hallebarde, armes regardées comme trop légères pour cet immortel. Le roi-dragon restait sans voix et sans solutions face aux exigences de Sun Wukong. La situation se débloqua enfin lorsque la mère du roi-dragon se souvint qu’une masse de fer magique était entreposée parmi leur trésor, celle-ci avait servi à niveler la voie lactée, et Yu le grand ([1]) lui-même l’aurait utilisée afin de fixer le niveau des mers et des rivières, cette arme magique semblait destinée à régler les affaires du ciel et de la terre.

 

          Ce pilier de fer nommé « bâton magique à pommeaux d’or » avait la particularité de répondre aux requêtes de Sun Wukong, il obtenait à l’appel de sa voix une arme selon sa convenance adaptée au besoin du moment. Il pouvait ainsi la transformer en aiguille qu’il dissimulait derrière son oreille, ni vu ni connu, une arme terrible réduite à une simple aiguille inoffensive, quelle arme redoutable ! Quelle malice de notre roi-singe !

           

Cette aiguille au fond de la mer évoque donc l’arme fétiche de Sun Wukong. Il pouvait aussi  la transformer en redoutable masse atteignant en haut le trente-troisième ciel en en bas le  dix-huitième creux de l’enfer, il s’en servit à l’occasion d’argument de « poids » afin de se retirer lui-même du registre du roi des morts afin de pouvoir jouir sans limite de son immortalité, encore une de pitreries..

         Ces deux épisodes, l’entretien avec le roi-dragon et celui du registre, lui couta une convocation par l’empereur de jade, mais pour tout savoir sur la suite,  il vous faudra lire ces aventures dans le Xiyou ji !

 

 

LE MOUVEMENT "CHERCHER L'AIGUILLE AU FOND DE LA MER" (style Yangjia michuan taiji quan)

 

           La pique des doigts index et majeur réunis fait penser à une aiguille, le fait de lier deux doigts et de les diriger dans une direction précise exprime une concentration de l’énergie, on trouve cette position de doigts dans la plupart des techniques d’armes du taiji quan, dans la forme de l’épée cette position est considérée comme une deuxième épée, destinée à viser les points vitaux du corps.

          Dans le geste « chercher une aiguille au fond de la mer » cette pique des doigts vient appliquer une pression vers le coup de pied de l’adversaire. Le fait de baisser la main permet quant à elle une libération de saisie de la main ou du poignet.

        Le mouvement descendant symbolise la descente au fond  de la mer afin d’y ramener cette aiguille magique.

 

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A LIRE

Le singe pèlerin ou le pèlerinage d’Occident Wou Tch’eng-En

En BD Le voyage en Occident T1 la naissance du roi singe Chen Weidong et Peng Chao

et Le dieu singe volume 1 Morvan et Jian Yi

A VOIR

En DVD le royaume interdit de Rob Minkof 

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Sources photos

www.istockphoto.com

 

[1] Ancêtre de la culture chinoise, Da Yu fonda la dynastie Xia 2207-1766

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Les caractères XU et SHI ; vide et plein

15 Mars 2021 , Rédigé par T.Lambert Publié dans #LEXIQUE

 

DEFINITION ET ETYMOLOGIE DES CARACTERES XU ET SHI

  

Les idéogrammes         Xu--vide.png           et             shi--plein.JPG        sont utilisés afin d'exprimer le vide et le plein dans les textes chinois pris comme références dans cette étude. Dans d’autres textes, nous pouvons trouver des caractères différents qui expriment cette même notion.[1] Nous avons eu recours pour cette partie au dictionnaire français de langue chinoise Ricci, et aux leçons étymologiques de l’ouvrage de. L. Wieger, « Caractères chinois ».

 

DEFINITION ET ETYMOLOGIE DU CARACTERE XU

 

Définition de l’idéogramme XU

   XUXu vide

Ricci (2070)

Vide ; creux (philos, chin, spécialt tao) vacuité(qualité première de l’être indifférencié)

absence de toute pensée, de tout désir, de tout projet (Boud.) Vide, vacuité, relativité de toute chose par rapport à l’absolu

Trou Vacant, inoccupé Faux, mensonger, illusoire Vain, inutile Faible, débile Craintif, timide, humble Firmament ; espace céleste. Direction (dans l’espace)

Lieu d’habitation, résidence (Astro.chin.)   la 11ème des 28 mansions comprenant bêta du Verseau, alpha du Petit Cheval et de petites étoiles  

   

Etymologie de l’idéogramme XU 

Il peut se décomposer en deux éléments[2], HU et QIU

 

 


HU

 Hu--raies-du-tigre.JPG

Leçons étymologiques 135 A

Images des raies qui ornent la peau d’un tigre  

 

QIU

 Qiu-point-culminant.JPG

Eminence, point culminant [3]

 

Lavier dans son « Bio-énergétique chinoise » p 177  apporte cette explication: « deux hommes dos-à-dos sur un sol nu, cherchant probablement leur nourriture, car les gloses précisent qu’il s’agit d’un désert où rien ne vit, le tigre étant passé pour tout dévorer ». D’autres auteurs[4] y voient « des petites pousses, toujours pareilles ; c’est la surface de la terre avec quelque chose de minuscule qui apparaît sur le sommet d’une colline dénudée »

Wieger précise que du plateau, on voit dans les quatre directions, c.-à-d, dans toutes les directions ;  point culminant  

            

Etymologie de l’ ensemble  du caractère

 

XU  Xu vide

 

Leçons étymologiques.27 H

Un haut plateau. Et comme ces plateaux sont généralement incultes et déserts, vide, qui ne contient rien.

Il est important de noter que cet espace à l’origine n’était pas vide, il a été vidé, nettoyé par un tigre.  

 


DEFINITION.ET ETYMOLOGIE DU CARACTERE  SHI

 

Définition de l’idéogramme SHI  

  SHI  

 shi plein

Ricci (4361)

Plein ; massif ; Substantiel. remplir Complet ; parfait. Réel, authentique ; vrai ; Véritable. Réalité ; fait. Sincère ; honnête.

Fruit ; graine ; (fig.) fruit ; résultat Choses de valeur ; richesses ; biens Proportionné ; convenable  

  

Etymologie de l’idéogramme SHI

 

            Il se décompose en trois éléments :

 


MIAN

Mian--toit.JPG

Leçons étymologiques 36 A

Figure d’une case. Toit, maison  

 

 

 

           deux-cauris.JPG

  Leçons étymologiques 153 A

Percer, enfiler, lier ensemble divers objets. La primitive figure deux objets (séparés par le trait vertical), deux cauris dit la Glose, enfilés (trait horizontal)  


PEI 

Pei--cauris.JPG

Leçons étymologiques 161 A

Cauris, petit coquillage dont les enfilades servaient de monnaie aux anciens. Ils eurent cours concurremment avec les sapèques inventées beaucoup plus tard, jusque sous les Quin (3ème siècle A.V J.C);  Alors les cauris furent démonétisés. Le caractère figure le coquillage, et le pied avec lequel il se meut.  

   

Etymologie de l’ensemble du caractère


SHI  shi plein

Leçons étymologiques 153 A

Sens primitif, avoir des ligatures dans sa maison, être vraiment riche, et non pas en apparence seulement. De là le sens actuel qui est à l’intérieur comme à l’extérieur, massif, homogène.  

 

          Le caractère contient l’image d’un espace vide servant  à entreposer des richesses, l’ensemble prend le sens de plénitude. Lao zi dans son chapitre XI nous décrit la qualité du vide: « trente rayons se joignent en un rayon unique, ce vide dans le char en permet l’usage. D’une motte de glaise on façonne un vase, ce vide dans le vase en permet l’usage. On ménage portes et fenêtres pour une pièce, ce vide dans la pièce en permet l’usage, l’avoir fait l’avantage mais le non-avoir fait l’usage » Cette phrase fameuse de Lao zi est bien en accord avec le sens de l’idéogramme. Le vide possède une force, on serait tenté de dire un « avantage » dont l’origine provient paradoxalement de son apparente faiblesse. Comparons maintenant les images contenues dans les deux idéogrammes :    

 

Images contenues dans l’idéogramme             Xu Vide

Images contenues dans l’idéogramme Shi plein

Espace ouvert, infini, plateau, point culminant, direction

Espace cloisonné

Nu, désolé, pauvre

accumulation de richesses

Vient d’être vidé (par le tigre…)

Parce qu’il est vide, peut être rempli

                                                          

            Présentées sous la forme d’un tableau, les notions de vide et de plein semblent s’opposer mais il n’en est rien. Dans la représentation du yin-yang , l’œil de chacun des poissons exprime l’idée que chacune des deux valeurs contient l’autre en germe, n’y a t-il pas quelque chose de semblable entre le vide et le plein ? N’y a t-il pas un germe de l’un dans l’autre. La complexité de la notion du vide et du plein n’a pas manqué d’intéresser les penseurs chinois, nous allons pouvoir continuer à étudier le couple vide et plein. 

 


[1] Voir chapitre  15 le vide et les plénitudes dans « Aperçus de médecine chinoise traditionnelle » Schatz, Larre, et Rochat de la Vallée

[2] Appelées primitives : ce sont des éléments formels significatifs, non susceptibles de décomposition ultérieure en parties significatives (d’après Wieger)

[3] Wieger p 80

[4] Shatz, Larre, Rochat de la Vallée dans « aperçus de médecine chinoise » p98      


Extrait d'un mémoire de l'IFAM "Vide et plein, le taiji quan des premiers pas" Cet article inaugure une série d'articles présentant des extraits de ce mémoire, celui-ci exprimait une réflexion personnelle sur le vide et le plein, veuillez bien en excuser les imprécisions et les erreurs qui ont pu s'y glissées, ceci n'ayant pas la prétention de résumer ce sujet si vaste...

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A voir sur ARTE-TV ; Dragons ! (3/4) Légendes chinoises

14 Mars 2021 , Rédigé par Association Le Bambou Publié dans #REVUE DE PRESSE

Un épisode d'une série en quatre parties sur le dragon.

L'illustrateur John Howe, célèbre pour son travail sur la trilogie du "Hobbit", et le conteur Nicolas Mezzalira se lancent à la poursuite des dragons. Ils s’arrêtent aujourd’hui dans un pays qui a fait des dragons un pilier de son folklore : la Chine.

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